samedi 17 octobre 2009

HISTOIRE DU MOYEN ÂGE - Pierre PEUCHMAURD - Georges-Henri MORIN - Editions de Surcroît

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Histoire du Moyen Âge - Pierre Peuchmaurd, Poésie - Georges-Henri Morin, Dessins (6 planches illustrées)
Editions de Surcroît : Georges-Henri MORIN 28, rue de l'Annonciade 69001 LYON
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Jubilation à ouvrir le recueil sur de superbes dessins de Georges-Henri Morin. Dessins qui marchent suspendus au souffle puissant d'un trait élégant et majestueux. Dessins à la beauté étrange, aérienne et tangible : cette couleur sonore.
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Et jubilation à lire ' Histoire du Moyen Âge ' de Pierre Peuchmaurd. A la lire comme une aventure pullulante pullulant aux coins des lèvres. A la regarder avec nos yeux de la grande embellie qui sont nos yeux rares d'arc-en-ciel incendié.
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Histoire du Moyen-Âge est quelque chose pour dire que les choses étaient : aimer en poursuite et tuer à gestes; marches drues à travers la sanglance, cette nymphe de l'appareil obscur.
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Entrer dans l'histoire de cette Histoire versée dans la poésie peuchmaurdienne nous fait vivre -à nous acharnés de nous-, ça, : un monde sur un vitrail, mangeait les corps. Tombait la poussière jaune, ce temps des saisons graves. Le doute était de ciel léger dans les rêves. Le mot femme dessus les robes durait dessus les chocs des lois. Damoiseau, ce nom verger, était blason à plat; on touchait à cru sa poudre de lait vermeil. Les murmures allaient aux lèvres pressées des mêmes murmures : « serviteurs ! faites briller les fièvres et leurs bourgeons ». Quand les ailes des corps mourus montaient jolies au rose, écarlates d'enfances, l'idole de trente-trois ans prononçait son poids sous la dent; ses prêtres dépensaient vite du paradis. La pierre était un or aigu. Les rois : princesses d'os, la pondaient aux fontaines, drapée dans les mémoires. Au Moyen Âge, l'éléphant d'écrire roulait des hanches. Le Moyen Âge croisant les yeux - en germes - des choses, venait par son nom jeune : roue milieu. Où dansaient très mélangés, l'âne et le faucon, le rat et la colombe. L'éclat de la main les menait. Histoire du Moyen Âge, c'est peut-être ça; ça, vu depuis son coin. Peut-être.
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Mais ce sont surtout des coins et recoins remués, où l'on entend Pierre Peuchmaurd dans de sonnantes intentions de lumière :


« . . . L'automne revient avec ses lices

on va boire et chasser
la guerre ranger ses fifres noirs
Nous obéissons aux saisons -
serviteurs, les saisons !
L'automne revient avec ses cerfs
Serviteurs, les princesses !
Nous vous verrons passer dessus vos
juments roses
Montez à cru, princesses,
montez dessus vos culs
nos femmes à nous n'ont que des
fesses
et encore, en juillet, quand les soirs les
façonnent,
nos femmes ont les yeux gris, n'ont pas
de juments roses
Et serviteurs surtout l'hiver,
des chaînes de glace passent dans nos
veines,
nous sommes les choses patientes du
temps . . .
»

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Un coin où le Moyen Âge, et brûlait de sainte horreur, et pesait de tout son poids d'or, de miel, de lait, d'heures dorées :
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« C'étaient les choses patientes du temps
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les grands nains de toujours derrière
leurs palissades
Et serviteurs même au printemps
quand la chose blanche jaillit
et va grossir le lait des femmes,
c'était un monde de lait . . .
»
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C'est vraiment ça, comme çà, Histoire du Moyen Âge. De Pierre Peuchmaurd.

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Article par Isabelle Dalbe

vendredi 2 octobre 2009

Le globe des regards - Isabelle Dalbe - Poème dédié à Marguerite Burnat-Provins

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Lien pour voir l'aquarelle en relation avec le poème : C L I Q U E Z
http://www.artbrut.ch/indexadc6.html?Show=Oeuvres&ArtisteID=85
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le globe des regards
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à Marguerite Burnat-Provins
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quand les coutures du visage continuent la bête flairée jusqu'aux volets clos les pommes d'or n'ont personne à leur pointe alentie. oeil pour triste histoire dans la durée contractée pour voir chiens charmillés eaux rousses au lit salé et lueurs à barreaux sur les fronts - décollés des limousines - des damnés. des étoiles mal aimées l'annoncent le teint blessé aux fenêtres plus jeunes - le dehors disparu. cela mène tous les hommes aux dents serrés de phrase en phrase la neige autour sans l'atteindre jamais. petite suite de ' personne à aimer jamais '. les barques le coeur-mousse bandé d'un peu des êtres de l'abîme nous séparent tout en bas de la racine habitée d'odeurs lentes. l'oeuf muet en fin de tâche aux lèvres datées marche blond de terre au bout des doigts. il pleut dans le globe des regards. les soliloques avalent un cul-de-sac et la rêveuse.
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Isabelle Dalbe

mardi 15 septembre 2009

Les lèvres sont des lèvres . . . Sonnet de Laurent Albarracin

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Fernand Khnopff (1858-1921) - Les lèvres rouges
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. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Pour Mary
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Les lèvres sont des lèvres mêmes le baiser
Par l'accolade qu'elles sont et par la trace
De rouge de l'une à l'autre dans le miroir
Ebréché que la langue glisse dans les lèvres.
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Image de l'image que l'image de
La bouche, qui dans sa suture va parler !
Qui va dire c'est sûr, prononcer par naissance
Sa nature pleine, ce beau reflet fendu
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Qu'elle est. Et le feu est pareillement un feu
Lamé d'eau de réunir en conque son feu,
Et de se jeter au contraire tout brûlant
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Au feu. Miroir brûlant, le feu toujours sera
Le lac qu'éclaboussera toujours le feu.
Le nid vivant du feu est un bûcher d'oiseaux.
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L. Albarracin
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De Laurent Albarracin, ont paru dans l'ouvrage ' Ivar Ch'Vavar & camarades – Le jardin ouvrier 1995-2003 ' chez Flammarion : outre le sonnet pour Mary, six autres sonnets dédiés, et sous le titre ' Les fruits de la gravité ' : un long poème en vers de sept mots (texte scindé en plusieurs suites).
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Ivar Ch'Vavar, figure importante de la poésie contemporaine en Picardie, et fondateur de la très confidentielle revue 'Le Jardin ouvrier', a impulsé un travail sur la forme, et plus particulièrement sur le vers, entraînant dans cette aventure expérimentale de près de dix ans, des poètes hardis, inventifs, et parfois scrupuleux à l'envers (poésies primaires, naïves, des fous : des ' crétins ruraux ', tels que les arrondit Ivar Ch'Vavar ).
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L'affaire du réel : où s'y activer, où l'éprouver à Langues de joie et l'approuver par la table de multiplication des intervenants et de leurs textes livrés à un rythme régulier et soutenu, a été l'emplacement de cette ruche du mélange.
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Autour d'I. Ch'Vavar, cette anthologie montre, non seulement, le Poète Laurent Albarracin à son affaire pour ouvrir à grand-erre et exquisément jusqu'à conquête absolue, l'aire l'air exacts des choses, mais aussi un groupe conséquent de poètes, d'horizons divers, tendre Langues de leur cru et les conforter Langues de garde.
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Poètes sis, systématiquement, au travail. Celui-ci : formidable fabrique de découvertes. « Il est indéniable que se sont inventées là quelques-unes des propositions les plus audacieuses de la poésie contemporaine ». (*)
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I. Dalbe
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(*) Extrait du Compte rendu du Livre ' Le Jardin ouvrier : 1995-2003 ', par Laurent Albarracin.
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Texte intégral de ce compte rendu sur le site où Laurent Albarracin tient une remarquable chronique de livres de poésie : (cliquez sur le lien ci-dessous)

mardi 1 septembre 2009

Louis-François Delisse par Laurent Albarracin - Editions des Vanneaux

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Louis-François Delisse
Présentation et choix de textes - dont des
inédits - par Laurent Albarracin
Photos du Poète L-F Delisse et photographies prises par Delisse
Bibliographie ( Essai )
Collection ' Présence de la Poésie' – Editions des Vanneaux – 264 pages –

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L'OEUVRE DELISSIENNE ENFIN A NOUS EN FAIM


« héron / quand il marche /
j'ai été / regardé /
de l'oeil rond /
de
l'amour »
Louis-François Delisse - dieu-tige -


Dans la Collection d'importance ' Présence de la Poésie ' des Editions des Vanneaux (collection à l'instar de son aînée et consoeur ' Collection Poètes d'aujourd'hui ' chez Seghers) témoignant du noyau et du chemin de chaque poète célébré – via les textes choisis, présentations commentées, biographies, photographies, bibliographies – , Laurent Albarracin nous ouvre enfin à l'Oeuvre, pour partie inédite ou en voie de publication, du Poète Louis-François Delisse, né en 1931.

Oeuvre regrettablement encore trop peu vue et sue d'un large lectorat, alors que connue autant que reconnue, depuis longtemps, des plus avisés : de René Char à Henri Michaux, en passant par Raymond Queneau, et l'éditeur Guy Lévis Mano, pour ne citer que quelques noms, parmi les premiers en alerte.
« Quelque chose d'exceptionnel » dans cette poésie, mit d'ailleurs en branle l'oeil et la langue à jour de Queneau, qui le rapportera à Albert Derasse, dans sa lettre datée de 1957.

Aux côtés d'un Poète majeur, Laurent Albarracin a, aujourd'hui, avancé pas à pas, et à oreille énergiquement vive et décisive, pour entendre en long et large une trajectoire poétique fascinante depuis son commencement en 1949, afin de nous la rapporter. Avant cette date, nous est livré et délivré ce qui a aussi construit ce parcours : les facéties du destin de même que les coups du sort.

Donc, la naissance du Poète près de Roubaix, au hameau de Gibraltar, ce dernier posé comme un malicieux pied géographique, un sacré panard en lisière de frontières ( la Belgique est toute proche ) et préfigurant pour le quasi roubaisien Delisse les foulées à venir et en partance vers l'ailleurs : ainsi, l'Afrique gagnée, dès 1954, en port ferme, pour vingt ans éminemment féconds et joyeux en termes de production poétique et de rencontres de vie.
Et, que ce soit dans ou hors de l'Hexagone, la présence d'environnements tout en cordes sensibles, sereins ou en tensions, claquant en formes légères comme en fond hostile, ainsi qu'une maison bergère sur la peau, voire sur le dos, nous donne forcément, en contrepoids, un Delisse en mâle force et fort d'une identité émouvante, singulière et séduisante.

L'Oeuvre, quant à elle, fut à son début, puis trop longuement, comme de petits, puis de grands îlots passés, pour beaucoup de personnes, par le fil de l'haut inaperçu ( donc ignorés ) pour ne pas avoir été publiée de façon et largement ouverte, et continue, certes par la force des choses et par celle d'autres événements plus intimes.

Aussi L. Albarracin oeuvre là pour l'Oeuvre au grand à rassembler ( le livre nègre couvrant les écrits de la période africaine, et paru; le livre blanc : Le Logis des gémeaux - publication à ce jour incomplète et à paraître au Corridor bleu en 2009 -; et le livre rouge, le plus sulfureux, : Les Lépreux souriants – livre resté inédit jusqu'à sa récente publication en mars 2009 par les Editions Apogée - ), et pour son contenu à approcher dans la forme et au fond.

Pour apprécier la pleine dimension d'un Poète essentiel, et le tirer de son édifiant confinement dans une confidentialité à présent obsolète, écoutons Laurent Albarracin. Ouïes grandes ouvertes à ses propos érudits, précis et tout en finesse, allons cueillir avec tous nos sens aiguisés, une poésie proprement exceptionnelle et à laisser diffuser en et sur soi, puisque le bon entendeur / entendant participe au salut, ce soleil externe, de l'Oeuvre.

L. Albarracin nous présente ainsi Louis-François Delisse :
« . . . Il y a un bonheur tout delissien de la fleur et presque une identification du poète à cet objet : « La fleur est / ma racine / / Une fleur ronde / j'ai cette joie / - cette peine / une fleur tendue. ( . . . ) » (Pour aider la mort, in Aile, elle p. 143). . . . »

La fleur est par excellence notre objet parent. La porter à notre corps consentant et être porté(e) par elle nous vient naturellement, sans l'ombre d'un doute. Elle nous traverse et nous la traversons sans être travesti(e). Alors, nous disons oui à Louis-François Delisse enfleuré et s'enfleurant. Le Poète Delisse : une fleur ronde. Nous avons cette joie.

Sous la roue de la Langue, me voici, nous voici, à nous agiter, du chef, autour de cette fleur. Laurent Albarracin en tête, et en première ligne, propose une lecture riche et passionnante de l'Oeuvre delissienne.

Pour la circonstance, il me plaît de nommer : pétale 1, pétale 2, pétale 3, etc ... et calice, les clefs essentielles de l'Oeuvre, telles que nous les livre Laurent Albarracin, et de les assortir de brefs extraits de sa lumineuse approche.

Pétale 1. . « Un poète maudit ?
Certains poncifs romantiques ont la vie dure, et nous la rendent plus douce. Celui du poète maudit, ou du moins marginalisé, détenteur d'une oeuvre éclatante et non entendue, convient bien à Louis-François Delisse . . . Certains textes (Les lépreux souriants) ayant attendu plus de cinquante ans entre leur rédaction et leur parution . . . A cette marginalité s'ajoutent les difficultés . . . qui ne peuvent pas ne pas nous renvoyer à l'imaginaire des poètes maudits. . . »

Pétale 2. . « Un lyrisme sec.
. . . Ce qui frappe d'emblée à la lecture des poèmes est l'art de la concision . . . Il y a chez Delisse un étonnant lyrisme de la sécheresse, une capacité à faire chanter le monde en le réduisant à quelques éléments extrêmement resserrés et tendus. Cette vibration à laquelle le poète parvient n'est en rien un assèchement . . . C'est tout le contraire même : une joie sensuelle permanente suinte et s'écoule :

« elle danse
elle a le soleil de l'eau
sur la tête » Soleil total dans Aile, elle, p. 11
. . . »

Pétale 3. . « La beauté maigre.
Proche de l'imagination du sec chez Delisse est celle du pauvre, du maigre et de l'enfant . . .
La maigreur, qui est la modalité charnue de la sécheresse, est une autre condition d'apparition et d'accessibilité . . . de la beauté. Elle concerne autant la femme que l'enfant . . . « elle a les tétins du poivre » dit Delisse en une image qui énonce combien la maigreur peut être rehaussée d'elle-même jusqu'à la volupté . . . »

Pétale 4. . « L'âme amoureuse.
. . . La poésie de Delisse est essentiellement amoureuse, et elle l'est d'une manière axiomatique : tout l'univers vient comme vérifier et nourrir cette donnée première.
On peut remarquer que le livre le plus franchement érotique, Les lépreux souriants . . . est aussi celui où le poète livre une espèce de journal de son âme . . . C'est au moment même où la tension sexuelle est la plus forte que la vision poétique est la plus aiguisée, et que le poète est en pleine possession de cette faculté de percer les choses jusqu'à l'âme . . . L'âme apparaît à l'usage et à l'usure de la chair . . . :

« j'ai mis le coeur de son corps
dans l'eau
et j'ai nagé » Soleil total dans Aile, elle p.10
. . . »

Pétale 5. . « L'enfant de Jocaste.
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L'érotisme comme voie mystique n'a rien des manières transgressives d'un Georges Bataille, chez Louis-François Delisse. Il est plutôt une recherche de la pureté, de l'innocence, de l'angélisme et de l'enfance . . . »

(*) Les Enfants de Jocaste, recueil écrit de 1977 à 1982, publié en 1994 – Editions du Rewidiage, Lompré

Pétale 6. . « Narcisse noyé en tout.
. . . Les thèmes et les mythes de la culture classique ont depuis toujours accompagné Delisse . . . Ils apparaissent dans la thématique profonde de l'oeuvre et sous forme de citations . . . Parmi ses mythes, la figure de Narcisse revient à plusieurs reprises . . . »

Pétale 7. . « Un panthéisme.
« . . . Le panthéisme de Delisse est avant tout un enthousiasme. Aucune doctrine philosophique chez lui mais un naturel mysticisme de la volupté. La connaissance mystique arrive par et comme au détour de la sensation. C'est une espèce de sensualité involontaire qui constitue la voie de cette connaissance . . . : « cette nuit les étoiles / ne sont pas venues au ciel / non – elles brûlaient / dans nos deux peaux » . . . »

Calice
« L'anneau de l'univers / Un ésotérisme / L'ellipse absolue / La mort n'existera jamais.
Ce Calice bien tourné, tourne dans le sens d'aiguilles battantes, qu'aiguillées après aiguillées, Laurent Albarracin nous montre :
L'anneau elliptique tendu à mort : « fusant, la chair de coco de son rire » ;
Le vers uni à l'ésotérisme : « soleil est un spasme, le dieu une cendre suspendue – peut-être est-il le mordu la morsure le mordant » ( Les lépreux souriants );
' La mort n'existera jamais ' : ce cri participe de l'univers; c'est de l'univers absolu - absolument ! : « enseigne au Voyageur que le voyage / ne sert qu'à effacer sa voie / et que le voyageur sera toujours / sans voix pour dire la Voie / tant qu'il n'aura pas fait son affaire / au temps, tant qu'il n'aura pas contenté / le Content / et mon cou fit un cercle complet / et mes membres dessinèrent / l'ellipse pleine pulsante / qui à jamais expulsera de moi / mon tentant serpent / mon Temps » (coda de l'Ode au voyage et à Henri Michaux ). »
Et L. Albarracin d'ajouter à cette résistance à la mort, de Delisse : « Tout le drame que raconte cette poésie se joue entre le fantasme absolu de tuer la mort, d'abolir le temps et le mal, et la conscience que c'est la mort qui finira toujours par l'emporter sur l'enfance . . . ».

Alors que Louis-François Delisse est un Poète manifestement majeur, reconnu très tôt par ses pairs, Laurent Albarracin nous remet définitivement une clef élémentaire pour la compréhension de l' incompréhension d'une si persistante sinon invisibilité tout du moins non-visibilité de l'Oeuvre delissienne pourtant étincelante dans ses « fulgurances, ses pointes et sommets . . . » :
« Il n'est pas après tout étonnant qu'une poésie de la lumière, de la clarté sèche doive se tenir dans l'ombre de l'époque pour s'élaborer ».


Isabelle Dalbe

dimanche 26 juillet 2009

Les Poèmes de la Havane – Zoé Valdés - Illustrations de Jorge Camacho

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Une des gravures, sur centaure ivoire, de Jorge CAMACHO, illustrant ' Les Poèmes de la Havane ' de Zoé Valdés - 1997, Antoine Soriano, Editeur -
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Edition bilingue – traduction de l'espagnol (cuba) par Claude Bleton

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E x t r a i t s d'un des Poèmes de la Havane de ZOE VALDES :

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LA EDAD

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No hay mas (*) edad que ésta,
. . .
No hay mas (*) edad que unos ojos,
en otros tantos ojos dormidos.

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(*) Note I. Dalbe : lire mas avec sur la voyelle a : un accent écrit. Nos polices de caractères ne permettent pas cette transcription.)



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L ' ÂGE

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Il n'y a pas d'autre âge que celui-ci,
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Il n'y a pas d'autre âge que des yeux,
dans autant d'autres yeux endormis.
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Zoé Valdés

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L I E N : http://www.louiscarre.fr/oeuvres/camacho/1

JORGE CAMACHO, à la GALERIE LOUIS CARRE à PARIS – pour accès, cliquez sur le lien ci-dessus-

samedi 4 juillet 2009

' Le ruisseau des profondières ', Hommage de Georges-Henri Morin à Pierre Peuchmaurd

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Photo Georges-Henri Morin – Pierre Peuchmaurd, Les Meynades, avril 2006 – Source : Revue ' ça presse ' N° 41 / Juin 2009 / - bulletin trimestriel de l'URDLA –
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LE RUISSEAU DES PROFONDIERES
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E X T R A I T S : ( pour accès à l'hommage intégral, cliquez sur le lien ci-dessus )
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« Avril 2003, mars 2009, presque date à date, six ans – c'est bien peu – entre ses bras grands ouverts du premier accueil . . ., et ce début d'après-midi, aux Meynades, où les mêmes bras se sont refermés sur moi sans que ni l'un ni l'autre ne parvenions à dire à haute voix l'adieu que nous n'admettions pas, défi magique, enfantin, à un réel si violent, si détestable, si assuré de parvenir à sa fin . . .
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L'avant-veille de l'hospitalisation dernière, il me dit avoir dit avoir bien travaillé en ayant corrigé près de la moitié du Pied à l'encrier (à paraître) et qu'il devait peut-être ce regain d'énergie à l'acquisition . . . de la réédition des Mains libres d'Eluard et Man Ray. Un tel titre, j'y vis belle promesse d'un mieux immédiat et lui dis combien je l'espérais. Je ne sais plus ce qu'il me répondit – l'entendis-je seulement ? J'imagine que ç'aurait pu être : « Poudreuse, j'écarte » qui achève son premier recueil, L'Embellie roturière (1972) . Eluard ? Il n'aura pas mené à terme ce qu'il se promettait d'écrire sur lui, et sur Nush surtout ! Pierre, ici, ce soir, j'aurais aimé t'entendre dire à haute voix . . . une phrase d'Eluard : « Tu n'as rien à faire avant de mourir. » et je te répondrais de cette autre qui est de Breton : « Forme tes yeux en les fermant. »
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Lyon, le 5 mai 2009
Georges-Henri Morin
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Aux Editions de surcroît : deux recueils de Pierre Peuchmaurd
- ' Alices ' avec des dessins de Georges-Henri Morin ( 2008 )
- ' L' Histoire du Moyen Âge ' avec des dessins de Georges-Henri Morin ( à paraître, automne 2009 )


jeudi 25 juin 2009

Jardin de mai - Poème de Louis-François Delisse à Pierre Peuchmaurd

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Hannah Höch (1889 – 1978 ) Sea serpent, 1937
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(Oeuvre choisie par I. Dalbe, en accompagnement du poème de L-F Delisse
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JARDIN DE MAI - ( E X T R A I T S ) -

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à Pierre Peuchmaurd, parti en l'Avrillée (1948-2009)

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ton odeur aile et terre
et cerf musqué creusa
ton parfum
masqué
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creusa qu'à
temps obscur
il faut
chant clair.

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Louis-François Delisse

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Ce poème est paru - en intégralité - dans la revue ' Chroniques errantes et critiques n° 34 LE CORPS ENCORE 3 ', mai 2009 – ATELIER DE L'AGNEAU EDITEUR -

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Pierre Peuchmaurd a publié à l'Atelier de l'agneau :
Pour solde de tout rêve, 1998
Email du monde, 2000
L'immaculée déception, aphorismes, 2002

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LIEN :
http://atelieragneau.free.fr/
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Article I. Dalbe