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jeudi 8 avril 2010

Pierre Peuchmaurd Poète d'éternité & la grande coureuse contemplative, par Isabelle Dalbe





Oeuvre ' VERSION' – Coeur – 
Jean MAS, Artiste de l'Ecole de Nice


« . . . Je regarde encore une fois la collection des cœurs dont l'un est un cadeau, un cœur d’or, peut-être le plus concret, le plus « suave ». Claudine Roméo, Critique d'art



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Pierre Peuchmaurd (1948 – 12/04/2009) rencontre André Breton et les derniers tenants du mouvement surréaliste à seize ans. Il est l'un de nos plus grands poètes français actuels.

« Le présent de l'éternité, voilà un joli temps à conjuguer » Pierre Peuchmaurd – Le Moineau par les cornes – Aphorismes – Pierre Mainard Editeur




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NOTE PRÉLIMINAIRE : le récit d'I. Dalbe est constitué de propos et citations de Pierre Peuchmaurd ( publiés dans divers ouvrages et une revue) croisés avec des propos autonomes de André Pieyre de Mandiargues (extraits d'un entretien de A.P de Mandiargues avec Yves de Bayser).
Chaque document a reçu une cote qui renvoie le lecteur au document source.
S'agissant du livre 'Colibris & Princesses' – chapitre André Pieyre de Mandiargues -référencé 2-b, la conjugaison des verbes (temps) a été modifiée.
Dans les extraits tirés de l'article de la revue 'Le Matricule des Anges', a été incorporé le titre de ce récit.

Encre bleue = propos de Pierre Peuchmaurd
Encre orange = propos de André Pieyre de Mandiargues
Encre rouge = Titre par I. Dalbe


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L'histoire merveilleuse de ' Pierre Peuchmaurd & la grande coureuse contemplative ' (1) 


                            pour Pierre Peuchmaurd


 « La poésie . . . cette grande coureuse contemplative » P. Peuchmaurd


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- Ce titre ' Pierre Peuchmaurd & la grande coureuse contemplative ' (1) est plus de l'ordre de l'hommage -ou du témoignage- que de l'exégèse. (2-a) -


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-L'après-midi d'André Pieyre de Mandiargues. C'est un après-midi très blanc. De la rue de Sévigné monte, incessant, le bruit des voitures, et je me demande comment il peut écrire dans ce vacarme. (2-b)

-En principe, je devrais écrire tous les après-midi, mais je suis aussi capricieux, paresseux, et il y a bien des après-midi où je voudrais travailler et où je n'arrive pas à travailler. Je reste allongé sur mon canapé à rêver, à rêvasser, ce qui d'ailleurs, est une forme de travail : il n'y a rien de plus utile que la rêverie, comme vous le savez vous-même; c'est une sorte de drogue qui vous illumine souvent d'une façon beaucoup plus compliquée que les drogues, et qui a une action plus concrète que celles-ci.
(3)

-Des heures durant, nous nous entretenons de Maurice Blanchard ( c'est l'objet de ma visite), puis des uns, des autres – beaucoup des morts. (très peu de la poésie : sur elle, nous manquons d'anecdotes )
(2-b)

-Ce n'est pas facile de parler de la mort comme ça, à propos rompus, et de cette façon. Mais j'ai toujours pensé qu'après la mort il y avait quelque chose, pas le néant, quelque chose d'autre que ce que les croyants croient. En effet, j'ai toujours pensé que la mort devait être une chose amusante, aussi extraordinaire qu'amusante. Je crois, mais je n'en suis pas certain, parce qu'il l'a exprimé de façon volontairement imprécise, qu'en cela encore je suis tout à fait d'accord avec la pensée de Jean Paulhan qui, dans les dernières années de sa vie, a écrit que ce qu'il craignait dans la mort, c'est qu'on soit pris d'un tel vertige, d'une telle euphorie, d'un tel bonheur, qu'on perde un peu la tête et qu'on ne soit plus capable de comprendre ce qui se passe et de bien s'analyser. C'est un des propos les plus merveilleux que j'ai pu lire sur la mort.
(3)

-La mort est un insecte doré qu'on tient entre le pouce et l'infini
. (2-c)

-J'ai un esprit de rébellion qui me détourne de tout ce qu'on veut m'enseigner, m'inculquer, etc. Je suis né en 1909. A l'école, au lycée, à l'université je me tuais les yeux à lire des ouvrages de botanique, ou bien des ouvrages sur la vie des insectes – j'ai toujours été passionné par les insectes - quand il était question de littérature
.(3)

-Nombreuses sont les bêtes qui circulent dans mes poèmes. La bête nous presse et nous rêvons les bêtes. (2-a) - Le cerf s'est levé, orage brillant au bois / des lunes de gui dans sa ramure (2-d)


-L'après-midi d'André Pieyre de Mandiargues. C'est un après-midi très blanc d'octobre 1987. (2-b)


-Paulhan était aussi très curieux de l'après-vie; il goûtait beaucoup le Livre des Morts thibétains, et le Livre des Morts de l'ancienne Egypte. Dans celui-ci, il est plus ou moins question de toutes les recettes possibles pour bien se réincarner. (3)

-Petit et tardif comme un romantique, voilà ce que j'aurais voulu être. (2-e)


-Dans l'autre livre, il est plus ou moins question de toutes les recettes possibles pour ne pas se réincarner. Car ce qu'il y a de merveilleux dans les religions, c'est qu'elles se contredisent encore mieux que les
hommes. (3)


-Les singes dans le feu ont des yeux pour voir
que l'homme ne monte pas
qu'il n'y a pas de dieu
. . .
Neige et viande mâchoires vertes
les yeux des singes brûlent dans le vent (2-f)-



-Et puis, nous nous taisons : nous avons atteint la lisière. (2-b)

-Alors, amené par quoi (avons-nous évoqué la mémoire, cette faculté ?), arrive le premier vers

Ces nymphes, je les veux perpétuer
(2-b)


-Je suis toujours extrêmement timide, soit à cause de l'éducation que j'ai reçue, soit parce que la timidité est innée, ou encore pour d'autres raisons. (3)

-D'abord sourde et tremblée, la voix d'André Pieyre de Mandiargues s'éclaircit progressivement à mesure que le soir assombrit la pièce, et son tremblement, désormais, est celui des mots mêmes de Mallarmé.
(2-b)

-J'ai très peu étudié. Je suis très distrait et en même temps par rébellion, que ce soit à l'école, au lycée, alors, je me fatiguais à lire en cachette des poètes ou des philosophes quand il était question de mathématiques, de physique ou de sciences naturelles.
(3)

-Et c'est vraiment par coeur que, l'ombre gagnant toujours – et la lumière en elle – cette voix va . . à L'Après-midi d'un faune
(2-b)

-La femme, qui est ce que j'aime plus que tout au monde, est un objet - employons ce mot dans le sens poétique qu'il avait autrefois – un objet dont les approches pendant ma jeunesse, mon adolescence, me remplissaient d'un grand vertige
(3)

-Dans la (ma) vie, la femme tient une place centrale. Et même quand ce centre est vacant, à supposer qu'il puisse jamais l'être.
(2-a)

-Pour moi, la femme est certainement l'objet suprême vers lequel l'homme puisse tourner son regard, et c'est en même temps le grand sujet d'inspiration de tout artiste et de tout poète vraiment digne de ce nom
(3)

-Elle a les yeux plus clairs, il a ses yeux à elle. Ils s'aiment depuis leur nom . . . Le sang sur les plumes, ils sont le paon, la roue, le tout. Sur le tout. Ils voient leur tombe, leur tombeau, le tombereau de leurs cendres. C'est un si grand feu.
(2-g)

-Et si je suis redevable à la femme de toutes les plus grandes joies, de tous les plus grands bonheurs qui m'aient été donnés par la vie, ce ne fut jamais sans un mélange de crainte, de respect, d'admiration, d'adoration. Faut-il dire que si, dans l'histoire de la culture, certaines époques, comme par exemple la Grèce antique, sont assez loin de ma sensibilité, c'est sans doute à cause du rôle mineur qu'y tient la femme.
( 3 )

-Et cette voix va au terme de L'Après-midi d'un faune, à son terrible adieu au couple
. (2-b)
-« Aboli bibelot d'inanité sonore », la circulation, au dehors, mystérieusement suspend sa rumeur. La poésie, dont nous n'avons pas parlé, parle. (2-b)

-' Pierre Peuchmaurd & la grande coureuse contemplative ' (1) titre de Isabelle Dalbe
- « Pierre Peuchmaurd & la grande coureuse contemplative » (1) vous voyez bien que c'est une histoire d'amour. Le titre le dit. Je répète indéfiniment la même chose : qu'il n'y a pas de poésie sans amour, sans désir, et que c'est probablement d'une crise historique du désir qu'elle souffre tant aujourd'hui
. (2-a)

-Dans la poésie de Jean Royère - poète mallarmiste et dont André Breton évoquera « cette poésie superbement hermétique » - passe : « La reine qui dormait au rinceau des ramures » tandis que brûlent « Sur le buste d'Isis les seins de Cléopâtre ». Ce dernier vers - faut-il le dire - me surexcite. C'est parfaitement hagard sous la cravate. On est ici en pleine hallucination du désir, en hallucination fixe - tantôt comme l'explosante, tantôt comme le papillon que fixe la longue aiguille définitive.
(2-b-bis)

-« Pierre Peuchmaurd & la grande coureuse contemplative » vous voyez bien que c'est une histoire d'amour. Et, il faut laisser subsister le mystère (je préfère dire le merveilleux) de cette histoire non pas aussi violent soit-il, mais parce qu'il est violent. Et parce qu'il est clair que nous-mêmes n'y comprenons rien. (2-a)

Isabelle Dalbe


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Cote des documents et LIENS :

(1) _____Titre de I. Dalbe incorporé aux extraits de l'article de la revue ' Le Matricule des Anges ' → LIEN ICI 

(2-a) ____' Passage du merveilleux ' – Propos de Pierre Peuchmaurd recueillis par Marc Blanchet – Le Matricule des Anges N°54 Juillet 2004 → ICI


(2-b) ____ ' Colibris & Princesses ' - André Pieyre de Mandiargues – Pierre Peuchmaurd, L'Escampette Editions → ICI

(2-b-bis) __' Colibris & Princesses ' - Jean Royère – Pierre Peuchmaurd, L'Escampette Editions

(2-c) ____ ' L' Immaculée déception ' Pierre Peuchmaurd – Atelier de l'Agneau → ICI

(2-d) ____ ' Scintillants squelettes de rosée ' Pierre Peuchmaurd – Simili SKY / Véronique LORET → ICI 

(2-e) ____ ' Le pied à l'encrier ' Pierre Peuchmaurd – Les loups sont fâchés Editeur → ICI

(2-f) ____ ' Parfaits dommages et autres achèvements ' avec dix photographies de Nicole Espagnol – Pierre Peuchmaurd – L'Oie de Cravan Editeur → ICI  

(2-g) ___ ' Le tigre et la chose signifiée ' Pierre Peuchmaurd – L'Escampette Editions → ICI


(3) _____ Propos de André Pieyre de Mandiargues extraits d'un Entretien avec avec Yves de Bayser – Revue PLEXUS N°29 - Novembre 1969







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Alice Massénat
                                
                                               à Pierre Peuchmaurd


Les larmes qui s'engouffrent au tréfonds de mes paumes
perdues
iconoclastes
incapables de lui dire cette mort qui se fait nôtre
Et quand tant de temps inexpirés s'enflamment
le baiser d'un torrent qui s'expatrie
violé

Je te lis
méditant de tes yeux les paupières
et à tout prendre le son
impossible de n'être qu'une affabulatrice
Ne plus te voir
ne plus t'entendre
aux tournants qui nous réunissent
vivants morts les jours le diront

Je te murmure
à la vie à l'homme
qui de ses gueulantes de ses lires je t'aime
et ne lui prendre ne serait-ce qu'une main
avec ces ongles en reflets tant d'espoir

Ces mots sont pour toi
ces calibres pleins d'osmose
du plus loin que tu respires
Ne pas pouvoir te toucher
vitriol en main
et revivre nos instants
une seule fois
A toi
l'homme d'une Pythie sanguinolente
le masque à clous
et à nous
le bonsoir qui chiale
d'un Paris qui cherche tant à s'extirper ( . . . )


5 avril 2009



Extraits – Poème d'Alice Massénat pour Pierre Peuchmaurd (1948-12/04/2009) – Revue Cahiers de l'Umbo N°12 -Décembre 2009




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Dans cette revue : également dédié au Poète, un poème de Louis-François Delisse ' Tombeau de Pierre Peuchmaurd '

« . . .
ton odeur merle
ton parfum

vertige
planait rossignol
du haut
en bas
du chêne
. . . » - extraits -



LIEN REVUE CAHIERS DE L'UMBO → ICI 






« Je voudrais dire quelques mots au sujet de Pierre Peuchmaurd. Nous lui avons rendu hommage trop brièvement au dernier numéro, mais les mots manquaient. Je ne crois pas qu'il soit hors de propos de parler à nouveau de ce poète, de cet ami. Après tout son absence se prolonge, se prolongera toujours et se fait réellement sentir : la pensée désarmée cherche ses repères. On me permettra de rappeler certains d'entre eux. Ce qui nous reste à tous, pour l'usage du monde, c'est évidemment sa poésie, accessible en de nombreux recueils. Il y également des aphorismes, des notes, dont le bel ensemble posthume ' Le pied à l'encrier ' qui vient juste de nous arriver. Mais je veux évoquer ici pour lui dire adieu le Pierre des départs. Son regard dans les gares ne vous quittait pas, allait jusqu'au bout du train, jusqu'au bout du quai, en une espèce de détresse confiante. Et puis, oui, le dernier jour, à l'hôpital cette fois, sa main qui serre le bras et, à nouveau, le regard de la détresse confiante, jusqu'au bout du quai, jusqu'au bout du train. »

Benoît Chaput, Poète et Editeur de l'Oie de CRAVAN

Hommage paru dans la revue ' Le Bathyscaphe ' N° 5 – printemps 2010 - → ICI





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BIBLIOGRAPHIE PIERRE PEUCHMAURD 



► Par Laurent Albarracin → ICI  

► Par Jean-Pierre PARAGGIO → ICI 

►  un guide incontournable de l'oeuvre dense de P. Peuchmaurd
'Pierre Peuchmaurd, témoin élégant', Laurent ALBARRACIN - L'Oie de Cravan, 2007 → ICI



◘ PARUTION PROCHAINE 2011 : 'Pierre PEUCHMAURD' par Laurent ALBARRACIN - Anthologie - Collection 'Présence de la poésie' - Editions les Vanneaux, 



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« L’éclair. L’ouverture rouge de la fermeture. L’éclair, la gorge. Quelquefois, dans l’œil, passe la question de la douleur. » Rouge, c’est à dire rouge. Extrait d'un poème inédit de Pierre Peuchmaurd sur le site des Editions Les loups sont fâchés → A
ccès ensemble du poème → ICI 




Sur ce blog : Hommage permanent à Pierre Peuchmaurd (photos et bibliographie) → ici





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