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lundi 14 juin 2010

Joël GAYRAUD, La peau de l'ombre, Editions José CORTI

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Le livre de Joël Gayraud se dispose comme « un piano à queue ouvert sur une scène : beau comme un coeur palpitant ». A l'intérieur vibre le parti pris de 410 séquences réflexives qui tirent des lueurs du rêve et de l'assise de la réalité, la densité d'une connaissance, d'une somme de connaissances.
Notre épanouissement s'épanouit dans un ciel du bleu '' c'est comme je le dis '' : « C'est dans l'enfance que nous avons bâti les demeures correspondant à nos rêves, car cet âge est tout entier occupé à la lente édification d'un contre-monde destiné à compenser la platitude, la pauvreté, l'utilitarisme du monde des adultes. Voilà pourquoi les contes, les féeries sont si puissamment nécessaires à l'imaginaire de l'enfant. C'est en eux qu'il puise à pleins rêves pour bâtir ses propres utopies. Sa capacité positive à l'enchantement l'incite naturellement à construire un univers enchanté qui l'emportera durant quelques années sur l'univers réel ».
Un (ce) for intérieur '' c'est comme je te le dis'' vient à la rencontre de notre propre for intérieur, avec ces mots : « C'est Jacques Vaché qui a donné la plus simple et la plus élémentaire illustration de ce dont Giorgio Agamben fera bien plus tard la théorie sous le nom de singularité quelconque : '' Je serai aussi trappeur, ou voleur, ou chercheur, ou chasseur, ou mineur, ou sondeur . . . '' ou encore '' Mon rêve actuel est d'être membre d'une société chinoise sans but et secrète en Australie ''. On n'a jamais revendiqué avec autant de désinvolture la parfaite indifférence à toute identification. Superbe mépris de tout prédicat social qui montre combien ce que la scolastique médiévale appelait '' quodlibétalité '' est cette surprenante qualité qui dénie toute prédication. En effet, dans l'expression latine ens quodlibet, le deuxième terme n'est pas un prédicat, mais une forme verbale. L'étant-ce-qu'il-lui-plaît est à l'évidence un faire libre, le fay ce que voudras des Thélémites, ou encore un acte de poésie ».
Puis, nous désarçonne une flèche de non-violence (mais) et qui appuie où ça fait mal : « Contrairement à ce qu'un esprit bourgeois peut penser, les émeutes de la faim ne sont jamais des émeutes pour l'avoir, mais pour l'être. Car manger, ce n'est aucunement posséder quelque chose, mais seulement satisfaire une modalité essentielle de l'existence et l'émeute pour la subsistance n'est que le premier moment de la reconquête par l'affamé de la souveraineté sur son propre corps ». De même, flèche ' Etat des lieux ' qui éveille aux opposés avec leurs intonations vertigineuses « Vivre est un acte banal oscillant entre deux attitudes extrêmes : souffrir avec ironie et jouir sans détachement ».
« Je suis de ceux-là qui ne se réveillent que pour continuer à rêver » ; « seul celui qui sait bien rêver sait bien penser » dit tout haut le poète Joël Gayraud. Et parce que nous émeut d'apprendre que « Chaque année meurent plusieurs langues dans le monde. Bien souvent, elles n'étaient plus parlées que par des centenaires. On rapporte que, dans une tribu éteinte de l'Afrique, le dernier locuteur de l'idiome local fut un perroquet instruit par une vieille femme. », nous épousons l'idée de vouloir, au réveil, continuer à rêver . . . pour bien penser afin de « Construire une ville qui soit l'expression d'un sentiment ».
A lèvres claires, de très belles choses sont dites « Les mots, comme les autres corps, ont une ombre, qui les désigne à la poésie », belles choses qui invitent parallèlement deux autres réflexions de ce poète « Qu'est-ce que bien écrire si ce n'est bien écouter sa parole intérieure » ; « A l'origine de toute littérature on trouve toujours la poésie et, dans les premiers poètes, très souvent un génie aveugle, tel Homère chez les Grecs, ou Rudaki chez les Persans. Tant il paraît évident que la puissance de l'oeil intérieur l'emporte sur la perception réelle, et que l'art de faire chanter les mots est aussi bien celui de faire disparaître les choses. »
La peau de l'ombre ne froisse pas, éclairée sous ce rappel lisse : « Rien de plus détestable et suspect que l'esprit pur. Un esprit pur, c'est une évanescence, un gaz inerte et sans forme qui se dilue dans l'indétermination. Pour que l'esprit agisse, il lui faut être mêlé à du corps, il doit être nécessairement impur. Voilà pourquoi les bêtes qui ont un corps et peu d'esprit sont supérieures et préférables aux anges qui sont pur esprit et n'ont point de corps. ».
Dans une marche têtue, vient la pensée de placer dans cette révélation, un centre de l'être humain, et bien au-delà.


Isabelle Dalbe



► Des extraits de «La Peau de l'ombre» ont été traduits en anglais sous le titre « The Shadow’s Skin », par S. D. Chrostowska. Article paru dans NUMERO CINQ MAGAZINE (mars 2016) → ici


► La publication de cet essai de Joël Gayraud est citée dans l'ouvrage, Kaléidoscope surréaliste, de Miguel Perez Corrales (professeur de philologie espagnole à l'université La Laguna de Ténériffe).
Des extraits de «La Peau de l'ombre» ont paru en traduction dans le numéro 15-16 de Salamandra, la revue du groupe surréaliste madrilène et dans les n°18, mai-juin 2004, n°19-20, juillet octobre 2004, n°21, novembre décembre 2004 de la revue romaine Il caffè illustrato.


Elise Aru, artiste créant des poèmes-objets en réinvestissant et en détournant les pratiques surréalistes, a publié dans le supplément au n°37 d’En attendant Nadeau, (revue en ligne fondée par la plupart des anciens rédacteurs de la Quinzaine Littéraire) un article The Shadow’s Skin (2017) à propos de sa traduction créative et installation d’extraits en anglais de La peau de l’ombre de J. Gayraud  → ici 



◘ 


~ JOËL GAYRAUD

POÈTE ; ESSAYISTE ;

TRADUCTEUR ; CRITIQUE D'ART ~



Joël Gayraud est présenté comme membre du groupe surréaliste depuis 1996, et comme poète, essayiste et créateur d'objets, dans l'ouvrage de référence : Kaléidoscope surréaliste, une vision du surréalisme international*, de Miguel Perez Corrales (professeur de philologie espagnole à l'université La Laguna de Ténériffe ; critique et essayiste).

* Caleidoscopio surrealista, una visión del surrealismo internacional (1919-2011), La Página ediciones




◘  BIBLIOGRAPHIE  ◘


Mise à jour octobre 2013


• Prose au lit, La petite chambre rouge, 1985

• Si je t'attrape, tu meurs, Syros, 1995

• La Peau de l'ombre, José Corti, 2004 → compte-rendu ici et ici

     ►« La Peau de l'ombre » est citée dans l'ouvrage, Kaléidoscope surréaliste, de Miguel Perez Corrales.
           ► Des extraits «  La Peau de l'ombre » ont paru en traduction dans le numéro 15-16 de Salamandra, la revue du groupe surréaliste madrilène.
                    ► Des extraits «  La Peau de l'ombre » ont aussi paru dans les n° 18, mai-juin 2004, n° 19-20, juillet octobre 2004, n° 21, novembre décembre 2004 de la revue romaine Il caffè illustrato.  

                       ■ Joël Gayraud sur le site de José Corti → ici

• Ordonnance, Le Cadran ligné, 2010 → ici

• Clairière du rêve, Collection de l'Umbo, 2010 → ici

• Passage public, L'Oie de Cravan Éditeur, 2012 → ici


◘ Il collabore régulièrement à des revues : ' Le Bathyscaphe '; ' Les Cahiers de L'Umbo '; ' L'Impromptu ' ; ' L'or aux treize îles '; ' Nomades '; ' Recoins '; ' Empreintes ' ; ' Mirabilia ' ; 'L'œuf sauvage'

• Un de ses poèmes 'ÉCLUSE', paru dans la revue L'Impromptu : → ici

• Une de ses nouvelles 'L'ERRE', parue dans la revue Le Bathyscaphe : → ici





◘  TRADUCTEUR  ◘


- Principales Traductions -


~ Giacomo LEOPARDI (1798 – 1837)
moraliste, poète et philosophe italien ~

Joël Gayraud, grâce à ses traductions de nombreux ouvrages importants de G. Leopardi, a grandement contribué à rendre accessible, en France, à un large public, l'oeuvre de cet immense auteur, demeurée très longtemps confidentielle et connue, surtout, d'une élite intellectuelle.

► Aux Editions José CORTI, Paris :
Mémoires de ma vie, 1999

► Aux Editions ALLIA, Paris :
• Les Petites œuvres morales, 1992
• Le Massacre des illusions, 1993
• Pensées, 1994
• Journal du premier amour,1994
• La Théorie du plaisir, 1994
• Lettre inédite de Giacomo Leopardi à Charlotte Bonaparte, 1996
• Théorie des arts et des lettres,1996

► Mille et une nuits, Paris
Éloge des oiseaux,1995

■ Traduction inédite du poème 'L'infini' ici



~ Cesare PAVESE (1908-1950)
l'un des écrivains italiens
les plus marquants de l'après-guerre ~


• Son poème le plus célèbre 'La mort viendra et elle aura tes yeux' avec traduction inédite de Joël Gayraud → ici

La trilogie des machines, est un inédit retrouvé en 1992, qui a été traduit par Joël Gayraud aux éditions Mille et une nuits → ici



~ Giorgio AGAMBEN (1942)
philosophe italien ~


• L'Ouvert : de l'homme et de l'animal, Paris, Payot & Rivages, 2002
• Homo Sacer. II, 1, État d'exception, traduit par Joël Gayraud, Paris, Seuil, 2003
• avec Valeria Piazza, L'Ombre de l'amour : le concept d'amour chez Heidegger, traduit par Joël Gayraud et Charles Alunni, Payot & Rivages, Paris, 2003
• La Puissance de la pensée : essais et conférences, traduit par Joël Gayraud et Martin Rueff, Paris, Payot & Rivages, 2006
• Signatura rerum : sur la méthode,Vrin, Paris, 2008
• Homo Sacer. II, 2, Le Règne et la gloire, traduit par Joël Gayraud et Martin Rueff, Le Seuil, Paris, 2008
• Le Sacrement du langage : archéologie du serment, traduit par Joël Gayraud, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques – Poche », 2009
• Homo Sacer. IV, De la très haute pauvreté : règles et forme de vie, traduit par Joël Gayraud, Payot & Rivages, Paris, 2011• Qu'est-ce que le commandement ?, traduit par Joël Gayraud, Payot & Rivages, Paris, 2013





~ OVIDE ~
(43 av. J.-C. - 17 ou 18 ap. J.-C.)
poète latin


• L'art d'aimer, Mille et une Nuits, Paris, 1998



~ SAPPHO de Mytilène
(VIIe - VIe siècle av. J.-C)
poète grecque ~


Joël Gayraud nous offre une traduction, sans doute, du plus beau poème lyrique de toute l'Antiquité.

• ODE (I, 2), Le Cadran ligné, 2012 → ici




◘   CRITIQUE D'ART  ◘


- Quelques articles sur ce blog -


◘ Son approche de l'œuvre de P. Cadiou 'L'art magique de Patrice Cadiou' parue dans la revue L'œuf sauvage, N°10.
A l'appui de surprenantes sculptures : « [. . .] totems sans tribus, fétiches sans officiants ni adorateurs [. . .] », Joël Gayraud nous parle avec brio de ces belles et saisissantes oeuvres de cet artiste, nous captivant par là sans réserve. Article et photos → ici


◘ Son approche des oeuvres des ''bâtisseurs de l'imaginaire'', ''inspirés du bord des routes'', ''révoltés du merveilleux'', ''habitants de l'éphémère'', ''bricoleurs de paradis'', ces enchanteurs présents dans le livre de Bruno Montpied 'L'Éloge des jardins anarchiques', accompagné du CD de Rémy Ricordeau 'bricoleurs de paradis'( éditions L'insomniaque).

L'article de J. Gayraud ' Tous les jeux sont permis dans le labyrinthe ' a paru dans la revue Le Bathyscaphe, N°7. Article et photos → ici



◘ Son approche de l'intrigant fait des mains coupées (cassures propres et franches évocatrices d'une mutilation intentionnelle) de statuettes en porcelaine ou en biscuit représentant la Vierge Marie.
MATER DOLOROSA, donc mère de douleur, est le titre choisi pour coiffer cette curieuse histoire de mains mariales coupées que Joël Gayraud nous narre de manière autant érudite qu'éminemment attractive.

L'article de J. Gayraud a paru dans la revue L'œuf sauvage, N°11. Article et photos → ici



◘ Son hommage à Jean BENOÎT ( 27 août 1922 – 20 août 2010 ) l'un des derniers grands artistes surréalistes → ici



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