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mercredi 29 juin 2011

Revue EMPREINTES N° 17 – Printemps 2011 – Editions de l'Usine



Le jardin des Mal-aimés, 
une sculpture de Lou Laurin LAM 
 photo Claude Brabant

◘ Vente au numéro: 8 euros.
Abonnement à la revue ''Empreintes'' : 30 euros les 4 numéros

L’Usine
102, Bd de la villette
75019 Paris

Tel. 01.42.00.40.48

Mail : brabant.claude@noos.fr

SITEici 


Au sommaire du N°17 :

◘ ECRITURE ◘



~  MAURICE ROLLINAT ~


(1846-1902) 

« ( . . . ) Son père qui était député à l'Assemblée constituante en 1848, était un grand ami de George Sand. Rollinat commence à écrire en 1870 ( . . . )
1877 : 'Dans les brandes' (1er recueil de poésie). Puis il rejoint le groupe des Hydropathes fondé par Emile Goudeau. Il gagne sa vie en se produisant au cabaret Le Chat noir où il dit ses poèmes en s'accompagnant au piano. Il impressionne le public par son allure blafarde et par le caractère macabre de ses textes. Oscar Wilde, venu l'écouter, s'évanouit pendant le spectacle.
1883 : 'Les Névroses', recueil de poèmes lui apportant une certaine célébrité. Cependant les avis sont partagés, Verlaine doute de sa sincérité poétique et l'accuse de plagier Edgar Poe tandis que Barbey d'Aurevilly le compare à Baudelaire pour la profondeur de son diabolisme.

(. . . ) Malade et fatigué, il quitte Paris en 1883 et se retire à Fresselines dans la Creuse. Il continue d'écrire et il publie plusieurs recueils de poèmes parmi lesquels L'Abîme en 1886, La Nature en 1892, Les Apparitions en 1896, Paysages et Paysans en 1899, ainsi qu'un recueil en prose En errant en 1903. ( . . . )  » Extrait de la présentation - Revue Empreintes

Du recueil Les Apparitions : 16 poèmes sont présentés par la Revue, dont :

Effet de soleil couchant

En sciant le cou de deux vieilles
Jusque derrière les oreilles,
L'assassin, par trop se pressant,
S'est tout éclaboussé de sang.

Lors, descendant la chenevière,
Il va se laver à la rivière
Son front, sa figure, ses mains,
Et prend l'un des quatre chemins.

Il se sent rassuré. Voici que vient la nuit . . .
Personne ne l'a vu. Mais qui donc le poursuit ? . . .
Le sang de sa double victime ! . . .

Et cet homme éperdu, fuit en baissant les yeux,
Tandis que devant lui, de plus en plus, les cieux
Prennent la couleur de son crime.




~  CHARLES PENNEQUIN ~


Transbahuter la vie  

Un texte expressif et prenant, tout en constats et réflexions sur l'écrit et son rapport à l'époque. Texte qui progresse, par petits bonds solides, appuyé sur le mot percutant et décisif de chaque phrase lapidaire, jusqu'à l'évidente et finale certitude d'une somme d'actions à poser fermement : ''nos petites luttes d'écriture'' aux fins de réaliser le projet vivant et salutaire : ''transbahuter la vie''.

« Nous avons raison de vivre dans cette époque. Heureusement que nous y sommes. Car mon petit doigt me dit que nous allons avoir du travail. L'époque tourne au vinaigre. Il y a trop de mysticité autour de l'époque. Et la mysticité, c'est la manière de rendre aveugle. Se rendre aveugle face à l'époque. Mais aussi aveugler toute l'époque. Il ne faut surtout pas verser dans la mysticité. Ceux qui y sont tombés ont fini par prendre des vessies pour des lanternes. Il ne faut pas lanterner avec l'époque. Ni larmoyer. Ni inventer. Il n'y a pas à inventer l'époque. Nous y sommes. Et heureux d'y être. Il va falloir retrousser ses manches et ne pas la manquer. Il y en a trop qui ont loupé leur époque ( . . . ) » Extrait



~  JOEL GAYRAUD ~


Une question de goût

'' Une Question de goût '', inscrite dans une histoire de la vie quotidienne de gens ordinaires questionne, avant tout, sur les mécanismes de la place prise par l'individu dans son rapport aux autres; sur les conduites de soumission répétitives; sur les réponses non adaptées et disproportionnées des faibles à l'endroit des forts - ou perçus comme tels; sur la claire conscience des enjeux (absence d'un jeu de dupes).
Ce récit plaisamment ficelé, au ton qui se débusque savoureusement chaud, nous entraîne dans une séquence de vie familière, débutant par une série d'incidents dérisoires, dans une atmosphère devenant vite électrique en regard de la façon de faire et d'être de l'un des protagonistes. L'escalade de l'exaspération du personnage central file jusqu'au sanglant coup de sang ''consommé'' à deux vitesses émotionnellement mêlées : réelle / imaginaire. Et la chute du récit efface le drame et restaure, à hauteur de leur exactitude, les faits patents et cela, le plus tranquillement du monde.
De la phase du drame à la phase du cours de la vie redevenu calme, Joël Gayraud manie l'art savant de faire passer les nerfs : de la pelote – justement piquée de nerfs - à la parlote de l'interlocuteur, éclatante de contentement usuel et désarmante : «  Y a des clients, on dirait qu'ils savent jamais ce qu'ils veulent ».


« Quand j'ai poussé la porte vitrée, je n'ai pas fait attention et j'ai cogné la petite vieille du bureau des taxes indirectes ( . . . ) . Oh! Je ne l'avais pas blessée et elle n'a pas hurlé non plus, juste un petit gloussement craintif qui a fait se retourner tous les visages vers le nouvel arrivant, contraint de bredouiller une vague excuse.
J'ai pris un air dégagé, sortant avantageusement la tête des épaules, redressant les omoplates vers l'arrière; assez vite, je me suis aperçu, à mon grand soulagement du reste, que mes contorsions n'intéressaient personne et que tout le monde avait l'oeil rivé sur l'étal. Les opérations paraissaient passionnantes, dans la queue personne ne se parlait (. . . ). Mon tour est arrivé finalement ( . . . )
Tout allait bien jusque-là, et je n'avais qu'à dire oui, acquiescer à ce qu'on me proposait. Ah! S'il n'y avait pas eu ce changement le mois dernier . . .
Rien que d'y penser, la sueur m'a inondé le visage ( . . . ). Soucieux de me donner une contenance en attendant l'épreuve qui allait suivre, je me suis rappelé les préceptes que j'avais lus dans un petit bouquin contre la timidité, avant l'oral du Bac : pour éviter la panique, respirer lentement et à fond, bien dégager le cou; regarder l'adversaire - l'examinateur, le commerçant, le flic – non pas dans les yeux, mais au niveau de la pomme d'Adam. Je suis passé d'urgence à la pratique (. . . ). Je me suis tellement appliqué que, quand l'autre s'est retourné vers moi (. . . ) et m'a posé la question fatidique, je n'ai rien entendu. Il a été obligé de répéter en forçant légèrement la voix (. . . )
L'horreur, l'horreur absolue. Je n'arrivais pas à détacher mon regard du noeud de cravate exhibant ses ineptes rayures brunes et jaunes au-dessus de la blouse (. . . ). Il fallait répondre car je sentais derrière ma nuque six paires d'yeux se transformer en une herse aux pointes acérées, prêtes à mordre. ( . . . ). Alors, j'ai articulé, d'une voix blanche : « Oui, comme d'habitude . . . ».
Tout était dit, le pli était pris. L'habitude. Une fois de plus me voilà fait aux pattes par l'habitude.
J'avais dit oui le premier jour, comme ça, par inadvertance et aussi parce que je n'ose pas refuser quand on me propose quelque chose. J'ai toujours peur de froisser les autres, alors qu'eux, ces fumiers, sont toujours partants pour me marcher sur la gueule.
Et quand on a accepté la veille ce qui est censé être une faveur, comment refuser le lendemain sans se sentir contraint de se justifier ?
Mais ce jour-là j'ai touché le fond. (. . . ).
Alors j'ai vu rouge. ( . . . ) » Extrait



~  GHERASIM LUCA ~


La revue Empreintes publie une partie d'un poème se trouvant dans un album qui a été confectionné par Gherasim Luca à Bucarest en 1944 et dont il n'existe qu'un seul exemplaire. (l'autre partie du poème est dans un deuxième volume de l'album détenu par un collectionneur en Suisse).
Texte imprimé au pochoir, orné de 944 plumes en acier.
Sur chaque page :
de gauche : un verset du poème
de droite : des alignements de plumes soigneusement cousues


Quantitativement aimée

la chambre est englou
tie lentement par des eaux
la femme fait son apparition au
balcon et salue
pendant que l'amant lui
lance des morceaux de viande
crue


l'homme lui mord les lè
vres en caressant une roue dentelée
pendant que la femme
lui fait des envoûtements


l'homme lui peint
d'un mauve foncé les cuisses
pendant que la femme
le couvre de neige


avec un pulvérisateur bleu
elle lui asperge le sexe en murmu
rant de temps en temps : comme
dans un rêve
pendant qu'il la peigne


► Revue : Nombreux autres extraits et photos des alignements de plumes 



~  SCORPL ~


La gare de Tourme 

Un récit où, avec beaucoup de sensibilité, passent des réminiscences de souvenirs d'enfance, ceux-ci collant, comme par magie, à des lieux jamais vus auparavant et découverts pour la première fois.
Un voyageur de commerce, proche de la retraite, descendu d'un autocar, doit prendre un train à la gare de Tourme, à une heure avancée de la soirée. Durant les vingt-neuf minutes d'attente sur le quai désert et glacial, alors qu'il scrute les bâtiments et leurs alentours, ceux-ci sortent au fur et à mesure, avec une rare précision, de la mémorisation de ses jeux d'enfant. Quand arrive le ''vrai'' train où le voyageur prend place, et lorsque la machine emprunte les rails, tout est brouillé. Qui, de l'ancien enfant, ou du conducteur actuel de la locomotive, baisse le levier de commande de la bifurcation des voies ?

«  ( . . . ) une soirée sans souper, dans un brouillard glacé, à attendre un train dans une gare presque patibulaire ne l'impressionnait pas. (. . .) il trouva parfaitement normal qu'une bretelle joignît les deux voies, à la sortie de la gare, comme s'il ' 'savait '' qu'il y avait une bretelle en gare de Tourme. De même, en arrivant avait-il estimé ' ' normale '' l'espèce de tour qui couronnait le bâtiment. De même, sa connaissance préalable de la terrasse là où pour ainsi dire partout en France, se trouvent des toitures à deux, trois ou quatre pans plus ou moins pentus.
(. . . ) Jamais il n'avait mis les pieds à Tourme. ( . . .) Pourtant la brièveté du quai et ses deux lampadaires lui étaient familiers. Il savait aussi qu'au bout du quai existait un passage à niveau qu'empruntaient les passagers à destination du nord : il avait une vague réminiscence d'avoir construit en pâte à modeler un franchissement de ce genre. Il se souvint alors de l'autorail panoramique : une rame articulée de trois segments, en acier inoxydable brossé, comportant à chaque extrémité un salon de première classe aménagé de façon que les passagers puissent voir le paysage sur environ deux cent soixante dix degrés de baies panoramiques. ( . . . )
Dès lors, les souvenirs ne cessèrent plus de déferler. L'autorail lui appartenait. Son frère aîné possédait les voies à triples rails, les aiguillages, et un convoi formé d'une motrice à pantographe et trois voitures ( . . . ) La boîte de son frère contenait deux lampadaires, et ils étaient traditionnellement installés sur le quai '' A '', celui où il se trouvait en ce moment même, en proie à une fièvre frisant la panique (. . . ). Un autre scénario lui revint à la mémoire : l'échange des sacs postaux. ( . . . ) Il n'avait pas les personnages ni les accessoires miniatures correspondant à cet épisode, mais l'imaginait entièrement et le bruitait. (. . . )
La gare de Tourme dans la réalité coïncidait avec l'idée qu'il s'en était faite étant gamin. (. . . )
La provision de rails droits prévus par le marchand de jouets dans la boîte non plus que les ajouts de matériel par son frère n'avait jamais permis que la ligne au nord de Tourme figurât, même symboliquement, le long parcours que franchissait au même moment le '' vrai '' train. (. . .)
Le passager embarqué à Tourme ferma la portière. (. . . ) Une secousse signala le départ. Il vit l'homme de la poste regagner le hall en poussant devant lui son chariot chargé de deux sacs. Il se prit à rêver que quelqu'un, à cet instant, baissait le levier de commande de l'aiguille de la bifurcation ( . . . ) là-bas à une dizaine de kilomètres. (. . .) Son véhicule commença à s'incliner. Dehors, à quelques dizaines de mètres, un énorme visage d'enfant épiait ce mouvement (. . . ) » Extrait



◘ ART ET ECRITURE ◘



ANDRE MARTEL ~

(1893 – 1976) 

Le papafol du paralloïdre

Instituteur, puis professeur de français, à soixante ans, il change radicalement de vie. Il quitte sa ville et sa famille et vient s'installer à Paris. Il devient le secrétaire de Jean Dubuffet qui l'introduit dans le milieu littéraire et artistique.
1951 : publication 'Le Paralloïdre des çorfes ' ( il utilise une nouvelle langue qu'il vient d'inventer : Le Paralloïdre qui, constituée de néologismes, a la particularité d'être intelligible) où Le Poéteupôte, premier poème écrit dans cette langue, sert d'introduction

Le Poéteupôte

Par le Paralloïdre des çorfes,
Bralançant les rétricences des tamériaux,
Les cimentectes ont babellisé les lapincags,
Les génieurs ont travelardé les honts, septlieubotté les valles,
Herculaugiacé les vafles;
 Extrait –

Autres livres en Paralloïdre : La Djiginne du Théophélès, Abstaral et Gorgomar, Mirivis des Naturgies (en collaboration avec J. Dubuffet)

Pièce de théâtre : Zoé ou le bal des Chimanes

►Revue : présentation de quelques fascinantes lyrographies d'André Martel.
Le Robanthrope
Génémonte Epope
Queceu chapiot de clovne
Rosamath (ci-dessous), assorti d'un commentaire par A. Martel



EXTRAIT DU COMMENTAIRE DU ROSAMATH

Cette lyrographie paralloïdre représente la Rose des Mathématiques, sorte de rose des vents (les vents des mathématiques qui soufflent sur l'organisation du Monde humain). Elle évoque aussi une dynamo dont l'électricité a permis les découvertes les plus infernales de la science. Toutes les sciences subissent l'envahissement des mathématiques, même et surtout les sciences sociales et les méthodes de gouvernement.

Le commentaire étonnant explique, en de longs développements, les divers éléments constituant Rosamath : Le centre; Les rayons; Les circonférences; Les mots qui entourent la rose; Les formules des quatre coins.
En conclusion, Rosamath ou rose sinistre, est l'idéal vers lequel tend, de plus en plus, le monde déshumanisé par les mathématiques sous la direction centralisé du Point noir


~  JEAN HURPY ~


Carnet de voyages 

De 1986 à 2008, Jean Hurpy, dessinateur, visite de par le monde treize grandes villes qui lui laissent chacune des impressions particulières, consignées en-dessous d'un dessin représentant avec exactitude le ciel, tel qu'il l'aperçoit de la fenêtre de sa chambre . . .

Souvenir d'enfance – Haulchin 1958


« Je ne peux que supposer les nuages. J'étais souvent à genoux derrière la vitre d'une lucarne du grenier. Je scrutais le ciel, les avions, les traces, tout ce qui pouvait me conduire ailleurs . . . »


Autres dessins du ciel accompagnés d'impressions, présents dans la revue :
New York, 12 novembre 1986; Berlin, 6 juin 1994; Lima, 16 octobre 2003; Vatican, 7 mai 2004; Lisbonne, 12 septembre 2002; Etretat, 12 novembre 1995



◘ ART ◘


~  JEAN-PAUL MESTERS ~

dit MAX


De nationalité belge, il est né en 1951. Il est de son métier journaliste informatique. C'est en 2009 qu'il a commencé à dessiner, sans avoir pris de cours, en suivant un atelier de dessin spontané.
La Revue Empreintes présente huit de ses dessins.






~  LOU LAURIN LAM ~


Sculptures : Le jardin des Mal-aimés 
Crédit photographies : Claude BRABANT 


Sculptures, grandeur nature et en béton de Lou Laurin LAM, installées par cette dernière, à partir de 1999, dans le petit bois bordant sa maison en Touraine.
L'artiste a voulu rendre hommage aux naïfs et illuminés, ces mal-aimés qu'on prend pour des fous et qui sont injustement méprisés. La revue donne à voir les sculptures représentant :

Jean-Pierre Brisset : chef de gare ayant écrit plusieurs livres pour prouver, s'opposant à Darwin, que l'homme descend de la grenouille et non du singe
L'éléphant Fritz du cirque Barnum (représenté couché et peint en rose) qui en 1904, à Tours, fut étranglé par la foule, naturalisé et conservé au Musée des Beaux-arts
Le Docteur Axel Munthe (auteur du Livre de San Michele) en train d'hypnotiser une autruche, au Jardin des plantes, sur les conseils de son professeur le docteur Charcot
Alice B. Toklas tapant à la machine, appuyée contre un arbre. Amie de Gertrude Stein qu'elle protégeait jalousement, elle était détestée
Le facteur Cheval transportant un énorme caillou dans une brouette. Ses propres bras sont dans le prolongement des bras de cet objet.
L'écrivain Kundera. Sa tête est prise dans une cage, symbole de la prison dans laquelle sa pensée a été enfermée.
Le chien de la couverture de la revue



► Revue : également présents dans ce numéro, deux dessins de SWEN



◘ PASSE-TEMPS ◘


~  LES JEUX DE SOCIETE ~

Encyclopédie Roret 1836

Une agréable surprise sont ces jeux '' renfermant tous les jeux qui conviennent aux jeunes gens des deux sexes '', et que la préface de l'encyclopédie Roret présente ainsi « (. . .) les mouvements divers des jeux de société, leur variété, les idées gracieuses et folâtres que ces jeux inspirent, les caresses décentes qu'ils permettent, tout se réunit pour en faire de véritables distractions. ».

Classés en rubriques, aux noms parfois désuets, parfois évocateurs ou au contraire mystérieux, on trouve les jeux :

de pénitence : 'La planche de chêne'; 'Le petit papier'; 'Patipata, qui baisera ça ?'; 'Le portier du couvent'; 'C'était moi'; 'Bouder'; 'Le baiser à la capucine'; 'Le Carillon de Dunkerque'; 'Le pied de grue'; 'Le Roi du Maroc'; 'La statue'; 'Les tuyaux d'orgue'; 'Le cheval d'Aristote'

• • BOUDER • •

« C'est une pénitence ancienne mais elle est jolie. Le boudeur ou la boudeuse, avant de se retirer dans un coin de l'appartement, fait connaître à voix basse au dépositaire des gages le nom de la personne pour laquelle il boude. Plusieurs dames s'avancent à la fois pour l'embrasser, il leur tourne le dos à toutes, jusqu'à ce que celle qu'il a désignée vienne lui offrir un baiser qu'il accepte avec empressement. Les messieurs se présentent en foule quand une dame est boudeuse . . .  »

d'action : 'Chambre à louer'; 'Madame Angot';

d'attrape : 'Voir la mort'; 'Baiser à la pincette'

de gages : 'Petit bonhomme vit encore'; 'Je vous vends mes ciseaux croisés'; 'La loterie des conseils'

• • PETIT BONHOMME VIT ENCORE • •

« L'esprit n'a rien à faire là, et quoiqu'il soit bien subtil, je le défie de s'y glisser. Car, pour jouer au Petit Bonhomme vit encore, on prend un chiffon de papier que l'on roule en forme de cône que l'on enflamme par le bout. On le passe de main en main dans le cercle des joueurs en disant : Petit Bonhomme vit encore. Celui entre les mains duquel le papier s'éteint avant qu'il ait eu le temps d'achever cette phrase, donne un gage. Il n'y a donc pas moyen de rien dire de saillant, mais qu'importe, on n'en a pas besoin. Le désir de passer Petit Bonhomme à son voisin tandis qu'il est encore flamboyant, ou de prononcer la formule avant qu'il ait expiré, fait qu'on se hâte, qu'on se presse à l'envi, et rend ce jeu très aimé et plaisant. »

de mémoire : 'Je vous vends ma ville de Rome'; 'Quand un cordier'

de ronde : 'Le furet du bois joli';

d'esprit : 'Les coq-à-l'âne'; 'Le papier plié'; 'Les comparaisons'

• • LES COMPARAISONS • •

« Il faut que les comparaisons offrent à la fois une ressemblance et une différence. La personne chargée de les faire peut se comparer elle-même ou comparer celui des joueurs qu'on lui désigne ou qu'elle choisit.
Un jeune homme se compare à une branche de genêt. Cet arbuste, dit-il, garde sa verdure en toutes saisons, comme je conserve tous mes sentiments : voici la ressemblance. Mais si on le jette dans le feu, il pétille, et moi je brûle en silence : voici la différence.
Pour faire un jeu des comparaisons, il suffit de comparer à la ronde et de donner un gage quand la comparaison manque de justesse.  »

A retrouver dans la revue : les règles du jeu . . . des autres jeux, ainsi que l'illustration du jeu de pénitence ' Le cheval d'Aristote' : une des plus rudes pénitences que l'on puisse infliger aux Messieurs !

°

L'Usine est aussi un espace d'expositions permettant de faire découvrir des artistes contemporains, peintres, dessinateurs, sculpteurs, graveurs, photographes en organisant des expositions de leurs oeuvres et en publiant quelques livres d’artiste.

L I E N pour accès au sommaire et extraits (articles; visuels) du précédent N° 16 → ici







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