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samedi 26 novembre 2011

L'OEUF SAUVAGE N°10 – AUTOMNE 2011 - Editions Claude ROFFAT : NUMERO ANNIVERSAIRE DE CETTE BELLE ET LUXUEUSE REVUE D'ART DE REFERENCE



 Couverture : Dessin - Marilena PELOSI
Sans titre, 2006 
Crayons de couleurs, feutre et stylo bille sur papier 



L'OEUF SAUVAGE N° 10 : 18 euros
CONTACT : Claude Roffat – L'oeuf sauvage – 
1 bis, rue de Châteauredon 13001 MARSEILLE
Tél : 04 91 33 61 88


Le premier numéro de l'oeuf sauvage est paru en novembre 1991. Fondée par Claude Roffat, cette revue tournée vers l'art brut, singulier, hors les normes, les arts premiers, le surréalisme, la défense de créateurs contemporains, et diffusée dans les kiosques et les maisons de presse, a été très vite remarquée et a rencontré, dès l'origine, un public autant enthousiaste que fidèle.

Au fil du lien → ici
il nous est possible de suivre l'aventure de l'oeuf sauvage et des réalisations concomitantes et suivantes, toujours à l'initiative de C. Roffat : Revue ' Enfers ' - 1994 ; Collections monographiques ' La Petite collection ' - 1997 ; Livres d'artistes & fac-similés ; Ouvrages posthumes de Philippe Dereux - 2001 (la découverte à Lyon - galerie LE LUTRIN de Paul Gauzit - des oeuvres de P. Dereux par Claude Roffat en 1987 a déclenché chez ce libraire parisien jusqu'alors spécialisé dans le surréalisme, sa vocation de galeriste d'art hors-normes) ; carnets de dessins ; collection de livres d'enfants pour adultes.

L'année 2005 a vu la création de l'Association 'Les Amis de l'oeuf sauvage'.

Des expositions collectives ont réservé une belle consécration à l'oeuf sauvage : à la Halle Saint Pierre - Paris en 1998 ; à la galerie Alain Paire -Aix-en-Provence en 2008, et aussi à Claude Roffat : à l'abbaye d'Auberive, en 2009 « Claude Roffat, un parcours singulier ». A cette occasion, publication par ce dernier de : 'Une histoire de l'oeuf''.

Ce numéro 10 fête, avec une luxueuse rigueur, les vingt ans de l'apparition de la revue. Pour le plus grand plaisir des lecteurs, il donne à voir les oeuvres remarquables de cinq artistes contemporains [ chaque dossier est accompagné d'une fiche biographique, d'une photographie, et du parcours artistique de l'intéressé(e) ], et les statues-menhirs du Rouergue datant d'au moins 5000 ans.


Jean RUSTIN

Éloge de Jean Rustin

par Claude ROFFAT


Jean Rustin, né en 1928, a effectué un parcours étonnant, allant de la figuration à l'abstraction avec un retour catégorique et définitif à la peinture figurative «  [. . .] sans rejoindre, pour autant, la figure narrative; [. . .] », ainsi que le précise, dans son bel éloge à cet artiste singulier, Claude Roffat qui ajoute eu égard à ce cheminement : « il n'a jamais émis de critique contre l'abstraction, mais son retour à la figuration me paraît en être la critique la plus radicale ».

Dans cette évolution ainsi soulignée, nous relevons des repères :

-1949 - 1950 : «  Dans un autoportrait (1949) [. . .] la peinture de facture classique, aux tons sombres, n'est pas sans rappeler Cézanne. L'année suivante, sa palette s'est un peu éclaircie et un portrait de son fils [. . .] témoigne de l'influence de Matisse [. . .]  »

- Puis période d'abstraction pendant près de vingt ans : « Pour Rustin - comme pour une majorité de peintres – faire de la peinture figurative n'avait plus de sens, l'abstraction leur apparaissant la seule voie possible. » [. . .] sa période abstraite connut son apogée en 1971 par une rétrospective à l'Arc, au Musée national d'art moderne de la ville de Paris. [. . .] »

Contre toute attente, cet événement a été vécu comme '' un échec total '' par le peintre, nous dit Claude Roffat qui nous rapporte, l'aveu mi-satisfait, mi-désabusé de ce dernier '' c'était joli, il y avait de jolies couleurs '', et ses propos sans appel : '' J'ai été catastrophé '' .


 Sans titre
Encres de couleurs sur papier, 1964


- Après 1971 : retour à la figuration. Claude Roffat s'est attaché à brosser les lignes directrices du peintre, dans cette dernière période : réappropriation du réel ; reprise en main du corps humain ; refus de la déstructuration, de la déformation de ce corps telles que pratiquées par d'autres artistes ; prise en compte, à l'instar des peintres de l'époque, des événements de l'Histoire (guerre, barbarie, camps de la mort) ayant meurtri les hommes mais en traitant différemment cette nécessité de mémoire dans la mise en scène du corps : « Jean Rustin, en même temps qu'il redonnait une apparence humaine à ces corps suppliciés a pu, par le regard de ces hommes, de ces femmes, nous révéler ce que de nous, de notre solitude, de notre animalité, il voulait nous donner à voir. Et le miroir qu'il nous tend porte en lui notre rédemption par la mise en lumière de notre part obscure. [. . .] ».



 Femme les bras croisés, 1994
 Acrylique sur toile


Peinture désarmante, déroutante, dérangeante au sein de laquelle Claude Roffat relève la posture vibrante des corps, des chairs : «  cet homme désarticulé, humilié, que Jean Rustin, avec compassion, avec tendresse et douceur a réintroduit, tremblant et nu, au coeur de la peinture ».

C. ROFFAT – Extraits

► REVUE : Parole laissée à Jean Rustin pour une explication, au fond, de son retour à la figuration ; Etude comparative de la déstructuration / destruction du corps, à l'appui d'oeuvres d'artistes divers comme Picasso, Music, Rebeyrolle (avec photos de ces oeuvres)

Autres toiles présentées : Figuration 1ère période : deux toiles dont un superbe ' Autoprortrait ' ; Abstraction : une toile ; Figuration dernière période : trois toiles, dont une en hommage à C. Roffat




► Patrice CADIOU

L'art magique de Patrice Cadiou

par Joël GAYRAUD 



 Calvaire breton
Bois, cuir et tissu, 2004
210 X 85 cm


A l'appui de surprenantes sculptures : «  [. . .] totems sans tribus, fétiches sans officiants ni adorateurs [. . .] », Joël Gayraud nous parle avec brio de ces belles et saisissantes oeuvres de Patrice Cadiou, nous captivant par là sans réserve.

Ayant eu la chance « de découvrir l'oeuvre en même temps que son créateur, et les lieux où elle s'élabore [. . .] », J. Gayraud, en homme passionné par cette exaltante découverte, nous fait faire également, en quelque sorte, le tour du propriétaire, en nous décrivant minutieusement la maison de l'artiste : « intensément habitée » car ornée d'objets tous plus frappants les uns que les autres, voire pour certains inquiétants, puis tourne notre regard vers l'atelier : « vaste hangar sans fenêtres [. . .] où l'oeil découvre un immense entassement de ceintures de cuir, de sangles, de courroies, de licous, d'étrivières [. . .]  » et aussi «  [. . .] de centaines de harnais et de selles », tout en nous glissant l'origine inattendue et surprenante de ces trophées particuliers.

En poète émerveillé, Joël Gayraud s'engage dans une approche des plus soigneuses et rigoureuses de cette oeuvre fascinante où le cuir brille dans tous les éclats de sa découpe, des divers traitements qui lui sont appliqués, et des adjonctions voulues et choisies : «  [. . .] Sur ce cuir dûment découpé, recousu, travaillé et noirci, viendront se greffer les phanères des trois règnes de la nature, coquilles et pierres, bois flottés, mues de serpent, peaux de crocodile, têtes de renard ou de chien, ossements d'animaux ramassés dans la campagne [. . .] ».

Par l'entremise de ces sculptures-totems, assurément bien guidé(s) et éclairé(s) par J. Gayraud, nous entrons véritablement dans un Monde, sinon à comprendre, tout au moins à définir en l'approchant, autant que faire se peut, dans ses dimensions les plus reculées et les plus mystérieuses : « Un jour ou l'autre, au tournant de nos rêves, nous attend, ailes déployées, la Merveille : [. . .] objet féru de toute sa présence impérieuse, de son âpreté d'image millénaire exhumée des profondeurs de la mine [. . .] et l'Énigme : [. . .] de quel moule mythologique, de quelle songerie sauvage, de quel séisme mental cet objet est-il le produit ? [. . .] ».




Hommage à Manuel Benitez el Cordobès
Bois et cuir, 2010
200 X 30 cm


Pour peaufiner, avec le plus de finesse possible, le contenu de l'oeuvre, Joël Gayraud s'aventure tant du côté des médiums généralement employés dans l'art : bronze, bois, marbre, afin de sonder leur rendu perceptible, qu'aux côtés d'artistes à l'exemple du Titien et de Kandinsky ayant officié sur toiles avec pinceaux et couleurs, ainsi qu'aux côtés des sculpteurs classiques ayant entamé la glaise ou la pierre, ces dernières démarches aux fins de comparer, et de relever la présence ou l'absence de traces laissées par les instruments de travail. A l'issue de ce tour d'horizons, le poète explorateur-commentateur tranche et affirme net, dans le cas présent : « [. . .] Avec un Cadiou, l'originalité et la puissance ne tiennent pas qu'à l'imagination, mais au choix même des matériaux, et à la technique singulière qui préside à leur assemblage. [. . .], il joue souverainement avec toutes les possibilités que lui offre la peau tannée [. . .] et à qui l'on doit la naissance d'une des premières industries humaines avec celles de la forge. Chez lui, dans l'hiératisme de la stèle votive on entend gronder le moteur à explosion. En coagulant la puissance d'envoûtement commune aux courroies de transmission des machines anciennes, à la noire vêture des rebelles sans cause, à l'érotisme du fouet, il construit une sacralité sans transcendance servie par une parfaite maîtrise technique. On ressent ici le même ravissement muet que devant un masque kwakiutl ou une barque malangan, objets magiques dont nous sommes réduits à saisir la seule beauté sans l'espoir de comprendre toute la signification qu'en percevaient les habitants de la Colombie britannique ou de la Nouvelle-Irlande [. . .] ».



Cocaïne blues
Bois et cuir
100 X 120 X 30 cm


Et dans un entendement conclusif, Joël Gayraud propose délicieusement : « [. . .] C'est à nous, si nous en vient le désir, de trouver cette symbolique, mais en rêveurs, mais en poètes. [. . .] ».

J. GAYRAUD – Extraits

REVUE : Analyse poussée de l'oeuvre ; Sur les pas de J. Gayraud, tour complet du propriétaire, avec, entre autres, une description des étonnants objets personnels de Patrice Cadiou ; photo de l'artiste dans son atelier.

Autres totems présentés : ' Le gardien ' ; ' L'Oeuf sauvage, hommage à C.R ' ; ' La femme d'à côté ' ; ' Hommage à Yukio Mishima ' ; ' Il était une fois ' ; ' A Lina et Marcel, pour les obscures nuits de leurs ombres '.

► ► ACTUALITE DE PATRICE CADIOU :

Exposition à la galerie Les yeux fertiles,
rue de Seine, Paris VIe, en septembre 2012.




Marilena PELOSI

9 Questions à Marilena Pelosi

par Laurent DANCHIN





Marilena Pelosi, Sans titre



Laurent DANCHIN a rencontré Marilena Pelosi, née en 1957 au Brésil, laquelle petite fille a assisté à de nombreux rituels Macumba et qui plus tard, alors que son père voulait la marier avec un prêtre de la macumba, le vaudou brésilien, s'en est définitivement allée.

«  Après avoir beaucoup bourlingué », elle vit aujourd'hui en France : « [. . .] consacrant l'essentiel de son temps à l'exploration des images qui la hantent par la voie du dessin et du coloriage. Un dessin direct, presque enfantin et proche de la ligne claire de la bande dessinée, qu'elle pratique de manière passive, à la manière des médiums aux ordres de l'inconscient, et dont le style très particulier décline en variations infinies le vocabulaire préformé de ses obsessions intimes. [. . .] ».

En entrée en matière, L. Danchin nous présente en ces termes l'oeuvre très plaisante, mais relativement complexe de cette artiste, puis nous fait part de questions posées à celle-ci, au cours de deux entretiens (5 juillet 2005 et 11 juillet 2011).

Neuf questions, à l'initiative de L. Danchin, et qui nous intéressent toutes au plus haut point, à l'exemple de celles-ci :

- Pourquoi dessines-tu ces espèces de haricots que l'on voit tout le temps dans tes images ?
- On voit aussi beaucoup d'effluves qui entrent et qui sortent des corps
- Est-ce que l'on peut parler d'un côté enfantin dans ton travail, dans ta façon de dessiner ?
- Et est-ce que pour toi il peut y avoir quelque chose de pervers ou de sado-masochiste dans ce que tu représentes ?
- Et si on te demandait tout simplement pourquoi tu dessines ?
[. . .]

Questions qui nous font aussitôt nous reporter, avec beaucoup d'attention curieuse et de curiosité attentive, aux passionnantes réponses claires et détaillées de Marilena Pelosi, et dont on peut déjà rapporter un condensé ouvrant sur cette oeuvre, sur l'auteure, en les dévoilant davantage.




Encre sur papier, 2006
Dessin réalisé pour Le Jeu des 7 erreurs,
(Les Amis de l'oeuf sauvage)


« [. . .] Il y a les haricots, les robes, les croix . . . ça vient par vagues. Et les haricots [. . .] étant donné la forme qu'ils ont, me font penser à des ovaires, donc à quelque chose d'assez féminin. Parce que mes dessins, dans l'ensemble, représentent des femmes en train de vivre leur vie quotidienne. [. . .] Il y a autour de ces femmes des événements extraordinaires. Ou alors c'est peut-être aussi les pensées de la femme. [. . .] ; [. . .] les effluves c'est quelque chose que l'on voit dans les rituels macumba. Il y a le corps de quelqu'un qui est dans la salle et il va recevoir l'esprit de quelqu'un d'autre. Et l'esprit va envoyer des vibrations positives ou négatives selon ce qu'il est. Mais ces effluves peuvent être aussi, sans penser au vaudou, une émotion quelconque qu'un être humain envoie dans sa vie. [. . .] ; [. . .] mon travail a un côté enfantin par sa forme, mais pas par son contenu, où il y a trop d'émotions fortes. [. . .] Les enfants sont capables de dessiner mais ils n'ont pas l'expérience de vie nécessaire pour obtenir un contenu très émotif. [. . .] ; [. . .] ce que je dessine n'est pas violent, je trouve même mon travail très sain. Comme les travaux des artistes de l'art brut qui, pour moi, étaient au comble de la santé ! [. . .] ; [. . .] si je ne dessine pas pendant trois ou quatre jours, ça commence à mal aller et je sens que pour rééquilibrer la situation, il faut vite retourner au fil de cette vie de l'imaginaire qui, pour moi, est en train de devenir beaucoup plus importante que l'autre. [. . .] » M. Pelosi - extraits

REVUE : Les neuf questions de L. Danchin ; Intégralité des réponses, point par point, de M. Pelosi

Autres dessins présentés : 4 dessins (crayons de couleurs, feutre) ; 1 encre sur papier




Ronan-Jim SÉVELLEC
par lui-même

Photographies de ses oeuvres
par Joël LAITER


Ronan-Jim SÉVELLEC nous présente son superbe travail composé d'objets sortis du passé, réalisés en fascinants modèles réduits pour être placés dans des boîtes aux dimensions notables, et dont l'inventive idée de la composition en «  dépôts successifs », au charme fou, avec l'omniprésente poussière : « patte de velours du temps !  », nous enchante sans limites.



 La resserre aux accessoires (détail)
Matériaux divers, 2011
70 X 75 X 122 cm 


Ce travail est conçu non comme  une oeuvre de fiction mais comme un  témoignage, dont R-J Sévellec nous donne les directions :

« J'ai choisi d'observer ce qui reste de nos passages, de nos séjours, les empreintes et les souillures [. . .], les taches [. . .]. Et sans en faire une affaire sentimentale. [. . .] ».

« [. . .] Chaque fois que je passe une couche d'impression sur un carton ou une toile ou encore que je dresse les parois d'une boîte, j'ai la sensation d'entamer un rituel très proche de celui qu'accomplit le curieux ou le chercheur qui tend un filet en forêt pour y piéger quelques échantillons de nature. Et comme lui, j'attends la surprise.[. . .] »

« [. . .] je réunis, avec une application qu'il est loisible à chacun d'apprécier, les éléments d'une histoire pour en faire un tableau. Un peu aussi comme on contemplerait les pièces d'un puzzle dans le désordre d'agencements aléatoires comme un objet fini. [. . .] ».

« S'il m'arrive fortuitement, inconsciemment – ou pourquoi pas, de manière délibérée -, de placer un objet trop ''signifiant''[. . .] trop ''saillant'' du fait de sa couleur, de sa forme ou de quelque autre particularité physique [. . .], je m'empresse de l'amatir, d'en gommer les contours par des artifices [. . .]. Je suis toujours soucieux d'assourdir ce qui pourrait suggérer une ''lecture guidée'' de l'image. [. . .] ».

« [. . .] C'est l'ensemble, la globalité qui m'intéresse dans le chaos des nécessaires confusions. [. . .] ».

Et l'artiste dont nous voyons, ici, les photos d'oeuvres traitant surtout de scènes d'ateliers, et de réserves aux mille accessoires, nous fait part de sa fascination pour d'autres lieux aux vocations plus crues, dont les chambres froides des bouchers.



 Le poids de la crigne, 6 (détail)
Matériaux divers, 2010
70 X 60 X 128 cm


« [. . .] ces lieux de transmutation consacrés à cette persistante alchimie dont la folle inconstance des lois régit tout aussi bien ce que nous tenons pour nos sentiments les plus nobles que les plus évidentes manifestations de ce qui nous reste d'une rassurante animalité [. . .] ».

R-J Sévellec - Extraits

REVUE : Commentaires fouillés de R-J Sévellec sur son travail ; Extraits du texte paru dans l'ouvrage Ronan-Jim Sévellec – Editions L'Oeuf sauvage – La Petite collection

Autres boîtes présentées : 2 boîtes 'La resserre aux accessoires' (détail) ; 'Avant le départ' ; ' Atelier 4 (détail) ' ; 'Atelier 5 ' ; Atelier du peintre


► ► ACTUALITE DE Ronan-Jim Sévellec :

Exposition de ses boîtes magiques dans le cadre de l'exposition :

' HEY! MODERN ART & POP CULTURE ' -
Halle Saint Pierre 2, rue Ronsard - 75018 Paris
M° : Anvers, Abbesses
Tél. : 33 (0) 1 42 58 72 89
du 15 septembre 2011 - 4 mars 2012


Plusieurs boîtes particulièrement impressionnantes sont exposées également à la :

Galerie Antonine Catzéflis, 23, rue Saint-Roch, Paris Ier,
du 17 novembre 2011 au 15 janvier 2012.




Les statues-menhirs

par Aurélien PIERRE


Aurélien Pierre porte, très certainement, à la connaissance de quelques-uns d'entre nous, l'existence d'exceptionnelles statues-menhirs datant de la fin de la préhistoire et « [. . .] qui occupent une place singulière dans l'histoire de la représentation humaine » car celle-ci était «  presque absente des grands ensembles peints des derniers temps glaciaires [. . .] ».

Information de la plus grande importance dans la mesure où nous apprenons que «  c'est la première fois que l'homme a choisi la pierre pour se représenter à grande échelle, dans un format proche de la taille humaine ou parfois colossal. [. . .]  ».



Statue-menhir dite la Dame de Saint-Sernin
provenant de Saint-Sernin-Sur Rance, Aveyron
grès, IIIe millénaire avant notre ère


L'auteur nous entraîne aussitôt dans un voyage que nous ne pouvons tenir que proprement grisant en raison des enjeux, à plusieurs niveaux, de ces sculptures parvenues jusqu'à nous. Partis en bonds à travers le temps, nous le remontons pour faire une halte au XIXe siècle où arrivent les premiers témoignages sur ces découvertes. Notre itinéraire part du village de POUSTHOMY (Aveyron), en 1861, aux côtés d'un certain M. Foulquié-Lavergne qui nous ouvre le jardin familial sur deux pierres sculptées où nous voyons le signe distinctif qui nous émerveille en nous ahurissant. Description et photos viennent à l'appui.

Trente ans plus tard (1888), nous est présenté le jeune vicaire du Sud-Aveyron, Frédéric Hermet, passionné par les antiquités, doté d'un remarquable sens d'observation, et qui se déplace prestement dès que lui est signalé « un monument des âges passés », qu'il trouvera généralement en partie enfoui, parfois dégagé et abandonné dans la nature. Signe savoureux du hasard, sa rencontre fondatrice aura pour objet une statue vue par les enfants comme une religieuse, en raison d'un chapelet porté autour du cou.

A la même époque, le musée Fenaille enrichit, à côté de 'la Dame de Saint-Sernin', sa collection de ses / ces statues bientôt baptisées : statues-menhirs par F. Hermet.

Tout au long du parcours dans le temps, le comptage officiel est précis ; 1912 : 31 sculptures identifiées ; 1970 : une cinquantaine ; aujourd'hui : 145 monuments alors que la zone foulée par les pas, bien délimitée et restreinte, couvre « le sud du département de l'Aveyron, l'est du Tarn et une partie de l'Hérault. Cette concentration exceptionnelle n'a pas d'équivalents en Europe [. . .] ».

Alors qu'avec Aurélien Pierre, nous sommes amenés à nous interroger longuement sur les raisons d'être de ces impressionnants 'personnages' qui dans ce face-à-face nous touchent « par leur imperturbable puissance plastique », voilà qu'entre en scène l'artiste Pierre Soulages dans son rapport plus qu'ému avec ces statues-menhirs, notamment avec celle de la Verrière . . . 



Statue-menhir de la Verrière
provenant de Montagnol, Aveyron,
grès, IIIe millénaire avant notre ère



REVUE : description minutieuse des statues de la gent féminine et masculine ; hypothèses avancées sur leurs fonctions ; le regard d'artiste de Pierre Soulages

Autres statues-menhirs présentées : celles de la Raffiniè ; de Nicoules ; des Maurels ; de Pousthomy



GHISLAINE

par Claude ROFFAT


Un jour, Claude Roffat a bien failli rencontrer Ghislaine, ne l'a pas rencontrée, l'a finalement rencontrée quelques années plus tard, comme dans ces rencontres qui semblent inéluctables.

Observant son travail, il nous parle de Ghislaine :

 Sans titre, 2011
Encre et crayon


« [. . .] Je regarde ces morts, ces charniers [. . .] Ces morts qui la hantent, qu'elle porte en elle, ont tous un nom, une histoire. Des histoires de fin de vie [. . .]. Des années durant, Ghislaine a travaillé, de jour ou de nuit, dans un service hospitalier de soins palliatifs (souvent au contact des indigents). [. . .] elle n'en est pas sortie indemne [. . .] ».

Regardant Ghislaine, Claude Roffat très attentif nous donne une lecture explicite de son travail :


 Le charnier de la tendresse (détail)
Encre, gouache et pastel, 2011

( photo intégrale dans la revue )


« Pour essayer d'échapper à ses angoisses, Ghislaine dessine déjà depuis plusieurs années. Invariablement, ce sont les images de ces hommes, de ces femmes qui naissent -qui meurent – sous sa plume. [. . .] Bientôt, les corps s'entassent, forment de curieux charniers d'où la vie semble renaître, et où, parfois, pointe une étrange tendresse. Mais l'ombre de ces morts plane sur tous ses dessins; [. . .] ».

Des oeuvres donc à l'intense charge émotionnelle, d'une artiste qui n'ayant pas fait l'Ecole des Beaux-Arts : « [. . .] arrive à dessiner avec une facilité parfois déconcertante. [. . .] va à l'essentiel et d'instinct tire le bon grain de l'ivraie. [. . .] ».

Claude Roffat nous précise que Ghislaine a rencontré Dado en 2009 : « rencontre capitale, dont elle ne semble subir que très peu l'influence. [. . .]  ».


REVUE : lien amical et complice de Claude Roffat avec Ghislaine ; parcours personnel douloureux de l'artiste

Autres oeuvres présentées : 4 dessins dont un très coloré ; une enveloppe peinte


°°°

• Outre le N° 10 – Automne 2011 à 18 euros

• Des numéros de l'oeuf sauvage sont toujours disponibles ► 15 euros



N°1 octobre-novembre 1991 : Yolande Fièvre ; Marie Morel ; La constellation Breton ; Le Carré-Galimard ; L'autre Fragonard 





N°3 mars-avril 1992 : Picassiette ; Louis Pons ; Gilbert Pastor ; Unica Zürn ; Séraphine Louis (*)

(*) L'oeuf sauvage lui a rendu hommage en 1992, alors qu'à cette date, bien peu connaissaient Séraphine






N°5 automne 1992 : Joseph Crépin ; Fred Deux ; René Moreu ; Bertrand Dormy ; Masques esquimaux ; Yves le Fur 






N°9 automne 1994 : Aloïse ; Ferdinand Cheval ; Jano Pesset ; La peinture naïve ; Andrée et Jean Moiziard ; Les Kachinas





CONTACT : Claude Roffat – L'oeuf sauvage –
1 bis, rue de Châteauredon 13001 MARSEILLE

Tél : 04 91 33 61 88



2 commentaires:

  1. Tout cela est magnifique et décrit avec brio comme d'habitude ! je suis tentée pat l'achat :-)
    Merci Isabelle

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  2. Merci pour la visite, et pour cet enthousiasme que mérite cette belle revue aux articles passionnants. Très bonne soirée.

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