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Jean-Pierre Paraggio - Collage & dessin ' Anatomie ' Cahiers de l'Umbo, n° 11 |
OCELLES
Pleuvoir en couteaux
Comme la colère
Sur le coeur
*
Le vent noir
Couronne les tempes
De ce jour
*
Les larmes
Succèdent aux sources
C’est la peur
*
Ma main sourit
Et parle
Mes silences tremblent
*
Au vent de ton nom
Mille cris s’envolent
Mille impatiences
S’ébrouent
Sous la plaine noire
*
Roulant sur tes pentes
Mes mains
Appellent le hasard
Et t’interdisent
Mon attente
*
Un seul écueil
Devant d’autres pages
Lime le temps
Glissant
Vers l’origine
*
Un coup de griffe
Sur ta joue:
Quel bel incendie!
*
Les aigles
Bobinent des mémoires
Aux troupeaux
*
Lève ton ombre
Repose
Ton absence
*
Une vague
Lèche les sourcils
Du rivage
*
Ton murmure
Exécute la sentence
Prononcée par l’étang
*
Roche qui danse
Neige qui marche
Vent qui s’abrite
*
L’écho se tait
Tu crois qu’il n’écoute pas
Reconnais plutôt
Que tu n’as rien dit
*
Arbres dénudés
Planchers sévères
Moulins exacts
*
Tête trop rousse
Où mes doigts cueillent
Les étoiles mortes
*
Angles du toit
Découpant sur l’hiver
Un couvercle noir
*
Lèvres blanches
De la neige
Ne parlez pas
Joël GAYRAUD (1974)
Ce petit recueil de beaux haïku et fantaisies japonisantes a paru dans Les Cahiers de l'Umbo, n° 6, hiver 2005.
→ COMMANDE Les Cahiers de l'umbo et le Bulletin l'Impromptu
Jean-Pierre PARAGGIO, 23 rue des Princes 31500 Toulouse
jeanpierreparaggio@yahoo.fr
► ► Aller plus loin avec le poète Joël GAYRAUD :
→ → Ses publications (chez José Corti ; Collection de l'Umbo ; Le Cadran ligné ) et ses contributions à de nombreuses revues (' Le Bathyscaphe ' ; ' Les Cahiers de L'Umbo ' ; ' L'or aux treize îles ' ; ' Nomades ' ; ' Recoins ' ; ' Empreintes ' ; ' L'Oeuf sauvage ' ; etc )
→ → Aussi, Joël Gayraud, grâce à ses traductions de nombreux ouvrages importants de Giacomo LEOPARDI, a grandement contribué à rendre accessible, en France, à un large public, l'oeuvre de cet immense auteur, demeurée très longtemps confidentielle et connue, surtout, d'une élite intellectuelle.
→ → Joël GAYRAUD et Cesare PAVESE
• Traduction inédite par Joël Gayraud du poème de Cesare Pavese 'La mort viendra et elle aura tes yeux'
• Inédit retrouvé en 1992 ' La trilogie des machines ' de Cesare Pavese, traduit par Joël Gayraud
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N. B : VISUELS DES PUBLICATIONS de Joël GAYRAUD ► BANDE LATERALE DU BLOG


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