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dimanche 4 mars 2012

Laurent ALBARRACIN 'Le POIRIER', avec des dessins de Pierre BESSOMPIERRE – Collection de l'UMBO, 2012



Pierre Bessompierre
'Le vieux poirier Saint-Roche', 2012 
 


°

Laurent Albarracin nous offre un magnifique texte hors des murs, qui nous agite dans une exquisité absolue, lors de notre riche observation partagée de cette rampe ronde qu'est le poirier. La géographie de ses branches en fuite empaume le ciel comme le mesure la certitude des dessins gracieux de Pierre Bessompierre.

« Sujets de poésie : [. . .] Le poirier [. . .] » nous dit Sei Shônagon, ce poète choisie par Laurent Albarracin comme pour diffuser une toute première lumière sur le choix de ce thème poétique.

Certains mots ont un visage lustré de fruits adorés du soleil « Le poirier est un bel arbre. On dira d'ailleurs facilement d'un poirier que c'est un beau poirier [. . .] ».

Aux yeux des Muses ayant paroles, la connaissance d'une Chose occupe l'essentiel et tous les possibles qui, comme ici, y élisent domicile «  [. . .] un poirier [. . .] n'est pas seulement un arbre [. . .] Il semble toujours un peu plus que cela, comme si le fait qu'il soit un poirier ajoutait précisément du poirier à l'arbre, y accrochait cette poire-là si l'on veut, ou cette lanterne, ce luxe minimal, ce détail qui change tout [. . .] ».

Il a fallu les mains d'avenir du poète Laurent Albarracin, vers la saison de l'expression, pour faire du poirier un éclat pensant « [. . .] le poirier est assez démonstratif. [. . .] Le poirier montre. A peine montre-t-il qu'aussitôt il démontre, qu'il semble faire l'axiologie de soi. L'imbécile, quoi. [. . .] si être un poirier le détermine comme poirier, cela le prédestine également à la fantaisie et à faire le malin. [. . .] ».

La genèse de cet arbre sent la chair sertie de critique fascinée «  [. . .]. Le poirier miroite et presque il illusionne, tel un fameux poirier aux alouettes. [. . .] Le poirier a de l'éventail en lui. De l'épouvantail aussi [. . .] Non, de l'éventail plutôt. Le poirier développe sa chair superbe entre les lames de ses consonnes.. [. . .] ».

Il est un jardin indigo posé sur la foudre pleine « [. . .] Le poirier est tellement l'arbre à poires qu'il en est l'emblème [. . .] Il est ouvragé comme [. . .] un théâtre du poirier. Les branches y sont l'espalier des branches. Les poires s'y suspendent avec l'exagération des poires [. . .]
D'où vient qu'un poirier est mystérieux ? [. . .] Est-ce de ce que le poirier dans sa forme est à lui-même une convergence éclatée, une confluence explosive ? [. . .]  ».

Le colportage des images dit la merveille de ce bosquet à bouches « [ . . .] Et le poirier est un buste né de poires, un piédestal qu'elles s'inventent en klaxonnant, car les poires sont des trompes inverses et le poirier l'espèce de cri ligneux, tortueux qui s'en échappe. [. . .] ».

Le poirier fait, et même, est un sirop mathématique assoiffé du temps du poirier « [. . .] Tout arrive au poirier comme comme si le poirier disait tout du poirier, en exprimait chaque parcelle, tirait de soi la dernière larme qui sera encore de l'eau apportée à son moulin pour actionner la meule capable [. . .] d'extraire la larme suivante. [. . .] La poire n'est pas pour rien fille des alambics et des eaux de vie. [. . .] ».

Émerge au jour le grand ruban écrit de son interminable oeuvre d'ivresse « Le poirier est un verbe à ses poires [. . .]. Partout où il est le poirier époirise. [. . .] Il a toujours l'air de tirer le poirier de son principe. Il marcotte dans son marc, pour le dire autrement. [. . .] ».

Cet arbre, scribe à son seuil, est une sphère déambulante « [. . .] Le poirier est un herbier exclusivement consacré au poirier, une encyclopédie monomaniaque et le plus court des labyrinthes (il égare dès le point). C'est une boussole qui n'indique que soi, un pendule voué à la gravitation graphique [. . .] ».

En son honneur, sa fleur lui fait signe dans un salut-polypier «  [. . .] plus émouvante que tout, elle qui couvre le poirier du sommet le plus passager qui soit [. . .] comme s'il s'agissait tout en haut d'atteindre à la subtilité de l'instant [. . .] ».

Isabelle Dalbe





Laurent ALBARRACIN
LE POIRIER

Illustrations de Pierre Bessompierre
(plusieurs images portant le titre
« Le Poirier Saint-Roche, 2012»)



Collection de l'umbo
5 euros, port inclus


COMMANDE ET TOUTE CORRESPONDANCE :

Jean-Pierre PARAGGIO
23 rue des Princes
31500 Toulouse


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 La poésie de Laurent ALBARRACIN → ici





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