© Bannière de mon BLOG APPAIRAGES ART Isabelle DALBE

© Bannière de mon BLOG APPAIRAGES ART Isabelle DALBE
CLIC SUR PHOTO → POUR ACCES à GALERIE APPAIRAGES

La carte du JE

Ma photo
BLOG ART et POESIE : OÙ VA ÉCRIRE ? — POETE — © APPAIRAGES ART

lundi 22 octobre 2012

Georges-Henri MORIN 'LIBERTÉ D'ASSOCIATION' - texte ; Georges-Henri MORIN 'CARNETS OUBLIÉS D'UN VOYAGE DANS LE TEMPS, ALBANIE 1987, AB IRATO, Compte rendu par Christian PETR ; et SOMMAIRE de la REVUE ÇA PRESSE, URDLA éditions, septembre 2012




  Friederich Schröder-Sonnenstern, Dr. Juckelche & Spuckeleche, 1950, dessin



ÇA PRESSE : cette exigeante et dense revue trimestrielle de 32 pages, paraissant les 11 mars, 11 juin, 11 septembre, 11 décembre, publie des textes littéraires, poèmes, nouvelles, articles réflexifs, philosophiques. Elle est illustrée de toiles, dessins, gravures, photographies, etc . . . conduisant souvent le lecteur à d'originales découvertes.


« [. . .] un seul cap, faire de la vie même une oeuvre sui generis [. . .]  »

Max Schoendorff, extrait de son éditorial 'Gonds et charnières'Revue N° 54, septembre 2012



■  ÉCRITURE

AU SOMMAIRE . . .  ■



~ GEORGES-HENRI MORIN

'LIBERTÉ D'ASSOCIATION' ~




Dessin, Revue Ca presse N° 54


Un récit habilement construit en quatre emboîtements articulés, au suspens efficace, qui sur fond de la « culpabilité auto-affirmée » du narrateur, brouille, embrouille, débrouille peut-être enfin ( ? ) par le fil de la mémorisation de précédentes rencontres insolites et d'un indice inattendu, l'identité de la victime d'une exécution barbare ; ce supplicié renvoyant à un peintre énigmatique et à un écrivain déroutant lequel est porteur d'une caractéristique patronymique ajoutant au drame (réel ou tout droit sorti d'un cauchemar ?) une composante troublante et une véritable interrogation


« 1• De la terrasse de cette maison en surplomb de la vallée, maintenant je distingue nettement la file d'hommes qui s'extirpe de la forêt, noire muraille. Des hommes en costumes sombres, des hommes en uniformes. Celui qui marche en tête tient sur ses avant-bras comme un drapeau replié après la descente des couleurs. Je sais bien que cette étoffe c'est le corps d'un homme. « Ils ont déterré le peintre ! » dis-je à ma compagne. Déplacement de justice ; le peintre a été enlevé, certainement exécuté par ses ravisseurs, enfoui au fond de ces bois oubliés, si proches de notre lieu de séjour.
C'est ce que remarque incidemment un des magistrats instructeurs lorsque le cortège s'arrête devant nous. L'homme de tête dépose précautionneusement le cadavre, rompu net au niveau du bassin, afin que les jambes soient repliées sous le tronc, à plat. La tête, cou brisé, repose sur la poitrine ; elle présente le profil gauche, intact, d'un homme qui dort. Nul ne me requiert, mais je l'identifie : le peintre ! Qui en doute encore ? Un policier la retourne lentement : le profil droit est celui d'un écorché. Muscles, tendons, nerfs, yeux, dents, os et même les cheveux, rien ne manque à la planche anatomique aux couleurs caractéristiques, rose, rouge sang, jaune et brun, filaments de blanc. Les dents sont serrées, très fort ; quel cri retiennent-elles ?
A l'instant même où l'officier fait pivoter cette tête, sans que rien ne bouge dans cette mécanique exposée à découvert, le cadavre inspire, le torse se soulève et se fige, suspendu. La mort agit, c'est le premier souffle de la mort ! Puis tout aussi brutalement, après un temps que je ne mesure pas, il expire et le visage reconstitué s'aplatit sur la poitrine, moins épais qu'une feuille.
Dans le demi-réveil immédiat, une seule inquiétude que je me murmure : «  Ils n'admettront jamais que je n'y suis pour rien. » Mon innocence est inavouable. [...] »

Extraits, 'LIBERTÉ D'ASSOCIATION'
Revue : Suite des emboîtements 2•  3•  4• 




~ Christian PETR


Compte rendu du livre
Georges-Henri MORIN
Carnets oubliés d'un voyage
dans le temps, Albanie 1987
Éd. Ab irato, 2012 ~


Un excellent commentaire de Christian Petrécrivain, visitant avec bonheur et un regard aiguisé, ces carnets oubliés d'un temps perdu et retrouvé.

«  [...]

« Ici Tirana . . .  » Ce pays, c'était celui d'Enver Hoxha, le pays d'Enver. Un pays à l'envers dont il fallait, nous le sentions bien, désigner l'endroit. Ce qui fut fait par Georges-Henri Morin dans un récit écrit lors d'une visite en Albanie effectuée avec son épouse, en 1987, à l'invitation d'un couple d'amis, diplomates français, demeurant à Tirana [...] ces carnets oubliés d'un voyage dans le temps [...] en ce début de XXIe siècle, ils rappellent pour nous l'être du néant et, à la disparition, ils opposent le travail de la conservation. Ce petit livre nous conduit à nous réapproprier une époque qui n'est plus, celle où la capitale du Monténégro voisin s'appelait Titograd et pas encore Podgorica. Ses notations font venir au lecteur une Albanie d'antan pour en révéler la nature et montrer comment le discours officiel des autorités faisait alors valser ses vides dans la lumière trompeuse d'un supposé réel. Et les photos de Dominique et Georges-Henri qui y sont insérées, jamais redondantes, contribuent à éclairer, du fait des jours qui entre elles et le texte sont créés, les croûtes que recouvraient les paillettes des slogans du régime.

Mais, et c'est ce qui en fait aussi le prix, ces carnets nous retiennent, au-delà même de l'événement qui les a suscités et dont ils permettent la saisie, en ce qu'ils nous révèlent un bon usage du voyage et de sa relation, valable pour aujourd'hui et pour demain. Au fil des pages et des kilomètres parcourus, nous voyons à l'oeuvre un Georges-Henri Morin pour qui l'ailleurs, s'il est bon à visiter, est toujours nécessaire à penser ; nous découvrons un promeneur exigeant, perspicace, à l'humour philosophique, ne jamais foncer dans le leurre qui lui est tendu mais s'essayer toujours à fouiller le corps qui le tient et l'agite ; nous suivons un écrivain-voyageur en train de traverser la fiction pour retrouver le désordre en lequel elle s'évanouit. Georges-Henri Morin est un passeur exemplaire d'exactitudes. Dans les épaisses ténèbres des non-dits, il refuse de donner sa langue au chat ; il manifeste tout au contraire un souci et une volonté, que le succès sanctionne, de la reprendre. Et cette langue est un acide bon pour nettoyer tous les bois des langages totalitaires.

[...] »

Extraits du compte rendu


▒ Autre article avec photos de D. & G-H Morin, à propos de 'Carnets oubliés d'un voyage dans le temps, Albanie 1987' → ici

▒ ACTUALITÉ de Georges-Henri Morin, écrivain, poète et dessinateur : parution de son ouvrage 'LES LITS CLOS', poèmes et dessins de l'auteur, Collection de l'umbo, série Passage du Sud-Ouest, septembre 2012 → compte rendu ici



~  Patrick LAUPIN

RAVINS   ~



Un texte fin et sensible où l'auteur, retournant à l'enfant qui perd le contact, nous délivre à quel moment, pourquoi et comment « l'effroi repousse le langage » et nous parle de nécessités consécutives : « J'ai inventé d'écrire pour que nous ne mourions pas à nouveau ensemble au creux muet du même événement », dont celle vitale de créer : « [. . .] une porte de passage mystérieuse du petit mot en autre ». Puis, avant de s'attacher à peut-être devoir « recréer quelque chose dont on pressent l'harmonie dès l'origine » Patrick Laupin s'interroge précautionneusement : «  Sans penser à rien, sur la table ou par terre, il ramasse des miettes et des légendes, des pauvretés pour rien. Il se crée une parenthèse, un suspens, quelque chose de séparé ne cesse de tomber. C'est la venue des mots et de leurs inquisiteurs fantômes. Que faire ? Rester silencieux ? Mais jusqu'où, jusqu'à quand ? L'aigle des fougères gagne en profondeur ».

Extraits, Ravins (à paraître)




~ Annie SALAGER

LIENS PRINTANIERS – Poème ~


[. . .]

et ce bout apparent de lune est-ce juste
un peu de nuage là-haut qui nous étonne
à peine, même s'il nous remet à l'inquiétude
d'être, au trouble et au mirage de nos pas ?

Extrait

RYTHMES EMPRESSÉS → Autre Poème d'Annie Salager publié dans la revue




~ Jacques GERBER

BEAU TEMPS VARIABLE SUR LA BAIE DE SOMME

(Toponymie picarde, amour et petite fiction) ~


1• Marie

En suite de l'auteur à l'affût des moindres faits, gestes et pensées de Marie, qui vont nous être minutieusement rapportés, nous restons en alerte, tout aussi curieux et intéressés, progressant dans les pas assurés de cette belle femme de quarante-cinq ans, laquelle nous ouvrant les sentes des jours de sa vie et des saisons de la vie, dit que « c'est beau la langueur » parce qu'elle aime que Charles-Hubert Millevoye soit mort de ce mal, et qui, dans son contexte professionnel, dit que les vers du roman d'Aucassin et Nicoletteécrit dans la première partie du XIIIsiècle, par un auteur inconnu mais probablement picard, sont des «  hepta-syllabes assonancés », et par ailleurs recommande à Paul : « Approche ta tête, ici l'oreiller est plus frais ». 
S'agissant de ce dernier : « Elle l'aime bien, Paul. Et elle est heureuse qu'il plaise aussi à Muriel ».

Ici, Marie, le premier personnage invité dans cette toponymie picarde, annonce du même coup, le regard intéressé de l'auteur pour les suivants.

(à suivre : 2• Paul – 3• Muriel)

Extrait



~ Bernard CHARDÈRE

TÊTE PENSANTE POUR PRÉS CARRÉS


Pour déjouer, ici et là, les jeux d'ajouts de terres successifs des décideurs ayant eu autorité : « [...] Ceux qui en mille ans ont fait la France, et les autres, partout, qui ont aussi tenté d'agrandir à toute force leurs pays respectifs, ces compradors, ces conquistadors, ces faiseurs de guerres inutiles [...] », l'auteur armé d'exemples explosifs, et muni de l'enjeu de son aspiration pour une « redistribution générale des postes de douane » ne désarme pas pour nous exposer, outre les avantages et schémas de cette mise en place, sa proposition proprement enjouée : « Citoyens du monde, issus de partout et d'ailleurs pour former ces nouveaux états unis, sur moi, parole, vous pouvez compter ».

Extrait



~ François MICHEL

LA QUÊTEUSE ~


Une nouvelle déroulant, tout du long, sa qualité inventive, et nous surprenant par l'irruption d'un cas de figure, insoupçonné, chez la quêteuse.

«  [. . .] Entouré de sa cour d'assistants et d'élèves, le professeur se livre à un examen minutieux, puis commente . . .
- Ce n'est pas que le biceps qui souffre, c'est le brachial antérieur . . . On l'oublie souvent, caché qu'il est derrière le biceps. Et sans doute le long supinateur, car ce qui est fatigant, c'est aussi la supination, bien sûr... Le long supinateur, celui qu'on voit saillir chez les champions de tennis ... [. . .] ».

Extrait



~ JOËL ROUSSIEZ

RUJINDIRI ~


Un agréable récit instructif en regard du roi, grand guerrier, Kingeri IV, dit Rwabugiri qui, tout en convoitant l'île d'Idjwi, « invita le musicien Rujindiri (accompagné du chanteur Semahe et de la chanteuse Nyirashirambe) car il aimait sa plainte ».

Une belle occasion pour le lecteur, tout en prenant la mesure des états d'âmes successifs du roi, du public et de Rujindiri, de partir à la découverte de la musique de l'ancienne cour du Rwanda par le fil des chants de Rujindiri, ce dernier également maître de la cithare inanga.
Chants glorifiant les victoires guerrières ; chants d’apaisement igihozo retraçant les événements de la vie des rois ; chants d'éloges des personnages importants ; etc. 




~ Jean-Claude SILBERMANN

L'AUTRE LANGUE ~


« [. . .] La propriété des mots d'être distincts de ce qu'ils désignent nous permet d'en changer l'objet à loisir [. . .] ».

L'auteur explore le vaste espace qu'ouvre le tout premier écrit, en français, du 8 octobre 1935, de Picasso : '' Si je pense dans une langue et que j'écris « le chien court derrière le lièvre dans le bois » et veux le traduire dans une autre, je dois dire « la table en bois blanc enfonce ses pattes dans le sable et meurt presque de peur de se savoir si sotte » ''.

Nous découvrons une vingtaine de traductions fort intéressantes, sorties des explorations, en ce sens, de J-C Silbermann. 
Parmi l'une d'elles :  

« La bouteille de verre dévala l'escalier sans se casser.

Traduction :
Le chapeau de toile blanche de la petite promeneuse, emporté par le vent, disparut un moment dans un rouleau, mais la vague le rejeta trempé sur le sable. « Même pas mouillé ! » dit la petite en se l'enfonçant sur la tête. »

Extrait



~ PASCAL REBETEZ

LA FIGUE ~



Vous saurez tout ou presque tout sur la figue, figurez-vous !
Jeux de mots, références poétiques, précisions étymologiques et polysémiques, gesticulations du langage enfantin, expériences goûteuses enserrent la figue que Pascal Rebetez, disert, sert et ressert avec fougue.

« [. . .] On n'écrit pas sur les figues à moins d'être un peu cochon.  

Ponge l'a fait parce qu'il les trouvait bonnes les figues, mais il préférait encore les mots qui rendent meilleur ce qu'ils nomment. [. . .]
Ponge aurait été un subtil publicitaire pour restaurants gastronomiques.
Mais passons les Ponge et les matérialistes [. . .]

La figue, du latin ficus, ce fruit dont les fleurs sont à l'intérieur . . . on dirait de la poésie . . . [. . .]

[. . .] La figue, c'est l'organe du matin, celui de l'Origine du Monde. [. . .] ».

Extrait



~ CHRISTIAN PETR

DE PLAINE EN AIGUILLE ~



Un brillant dialogue cruel, mais riche d'enseignements sur les versants de la personnalité de l'homme.
La rencontre inopinée d'un brave homme, doté d'un sens aigu de la modestie, et d'un gentleman, ému par «  la plaine et ses platitudes », va être le théâtre d'une surprenante conversation à bâtons rompus qui en dit long sur l'image du « chien que la trique émoustille » !

A l'irruption, sur leur chemin, d'une figure féminine tentatrice, déclenchant un pari hasardeux lancé par l'un des deux compères, qui des trois personnages va finalement passer sous la coupe de l'autre ?

«  [. . .]
- Si la femme passe son chemin sans me demander quoi que ce soit, ou si c'est à vous qu'elle parle, vous avez gagné.
[. . .]  »

Extrait



~  FABRICE PATAUT

BRÉSIL AMER  ~


Fabrice Pataut commente, avec un enthousiasme communicatif, la biographie de Clarice Lispector établie par Benjamin MOSER :
'Clarice Lispector, une biographie – Pourquoi ce monde, Éditions Des femmes-Antoinette Fouque, 2012, 440p. 25€

«  Voilà une biographie comme on les rêve : complète sans être inutilement détaillée, livrant un portrait géographique, politique, moral, religieux et finalement très intime des circonstances qui ont malmené de l'extérieur et de l'intérieur Clarice Lispector, auteure née deux fois à quelques mois d'intervalle : en Ukraine sous le nom de Chaya Pinkhasovna l'année 1920, puis au Brésil dont elle adoptera la nationalité », les manières et la langue [...]. La biographie de Bejamin Moser se lit elle-même à la manière d'un roman lispectorien, comme si Clarice se regardait dans un miroir et laissait Moser retenir sa main au moment où elle passe le chiffon pour nous confondre. [...] Moser tisse chaque thème avec précision : pogrom, exil, passions sororales, mariage, maternité, célébrité, chien qui fume, solitude. [...] la solitude guette depuis le début et la haine violente n'est jamais loin.

Moser tisse habilement les thèmes du meurtre, de la langue maternelle et de la judaïté. Clarice est conçue pour satisfaire la croyance ancestrale selon laquelle une grossesse guérit de la syphilis (contractée par sa mère à l'occasion d'un viol collectif). Elle insistera plus tard sur le fait qu'elle n'avait jamais foulé (littéralement) la terre ukrainienne puisque sa mère l'avait portée dans ses bras en fuyant à pied vers la Bessarabie.

[...] L'écriture de Lispector s'astreint à l'ascèse ou à la minimalité. Le lecteur n'est jamais loin du gouffre. Lispector le retient et lui prête son souffle pour contempler de drôles de choses littéraires comme du jus de citron qui coule sur une huître vivante, aveugle, inquiète, et qu'on regarde « se tordre toute ». Autant de mansuétude, nécessairement, effraie.

De Près du coeur sauvage (1944), son premier livre couronné par le prestigieux prix Graça Aranha, à La passion selon G. H. (1964), Lispector a écrit une oeuvre unique et majeure, non seulement pour la littérature brésilienne, mais pour la littérature tout court. [...] L'éditeur Des femmes – Antoinette Fouque a entrepris la publication exhaustive de l'oeuvre en langue française. En proposant aujourd'hui cette biographie excellemment servie par la traduction sans faute de Camille Chaplain, elle continue à rappeler l'importance de celle qu'on a pu juger « meilleure que Borges ».

Extraits du commentaire de Fabrice Pataut



~ Odile SCHOENDORFF

UN BAIN D'INTELLIGENCE : YVES VARGAS

RESSUSCITE ALTHUSSER LECTEUR DE

ROUSSEAU ~



A l'occasion du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, Odile Schoendorff se réjouit de la publication par Yves Vargas « des trois stimulants cours d'agrégation donnés sur Rousseau par Louis Althusser à l'École normale supérieure en 1972 . Vargas ressuscite un Althusser « chasseur de concepts » aux prises avec le magnifique texte-énigme qu'est le « Second Discours », c'est-à dire le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes ».

Odile Schoendorff apporte un éclairage précis et pointu en disséquant rigoureusement quelques questions, dont celle-ci : «  La question préalable est comment penser une origine, où la raison n'était pas présente, puisqu'elle est de nature sociale ? », et leurs développements.




~ Jean-Paul BADET

ROUSSEAU

NOUS PARLE ENCORE ~



Jean-Paul Badet nous parle chaleureusement, et avec des remarques    explicatives, de l'esprit du dernier ouvrage de Lionel BOURG : 
'La Croisée des errances, J.-J Rousseau entre fleuve et montagnes', Éd. La fosse aux ours, 2012, 224p. 16 €.

«  [...] Ni biographie, ni décorticage universitaire, ce livre est l'exploration d'une rencontre ancienne
[...]

Pour parler de Rousseau, Lionel Bourg doit parler de lui-même. Il s'en explique : '' Ce livre, comme ses annexes (des pages pour désigner une empathie, d'autres, fragmentaires, extraites d'un carnet de route) sera par conséquent on ne peut plus subjectif. [...] ce choix – cette inclination, sans doute, je ne peux ni ne sais faire autrement – incite au partage d'une universalité moins abstraite que physique, et sentimentale, charnelle '' . [...]  »

Jean-Paul Badet s'attache à mettre en relief «  l'intimité entre Lionel et Jean-Jacques », en suivant les routes empruntées, tour à tour, par les deux hommes, pour retrouver ceux-ci en empathie dans des « lieux emblématiques ».

Il nous rappelle que Lionel Bourg, en décrivant les montagnes de sa région, notamment celles du Pilat, du Crêt de la Perdrix au Crêt de l'Oeillon, s'est depuis fort longtemps soucié de la venue sur 'ses' terres de Rousseau : «  '' Je n'avais pas douze ans quand on m'assura que ce Rousseau grognon, plus ou moins mal embouché mais prompt à l'éloquence, marginal, rétif à tout pouvoir, s'était risqué par les sommets dont l'approche m'étourdissait, qu'il y avait herborisé, passant une nuit dans la remise où je devais en vivre de très rêveuses, lorsque viendrait mon tour. '' »

J-P Badet nous signale que l'itinéraire de Lionel Bourg - celui-ci venu à son tour sur les terres de Rousseau -, nous ouvre «  Grenoble, peu après les récentes violences au quartier de Villeneuve », avec en regard de cette actualité «  l'occasion de citer une lettre de Rousseau à Monsieur de Beaumont [...] » ; puis défilent les étapes de Thônes, Annecy, où le lien de proximité entre les deux hommes s'affirme patent et, aux gorges de Chailles, débouche même sur une identification par appropriation d'acte « [...] mieux que mettre ses pas dans ceux de Jean-Jacques, Lionel accomplit son geste : '' [...] précipiter à mon aise des pierres dans le vide, le long de la paroi dégagée par la lame de rouille entrevue au sortir d'un virage. Le geste, qui fut celui de Jean-Jacques – de tout môme, avant et après lui - n'est pas qu'amusement grossier, impulsif : les cailloux projetés le sont à l'intérieur du gouffre guettant chacun, et contre le monde, sa dureté, son mutisme ou cette bouche informe qui, interrogée, ne répond pas. '' » 

Puis Jean-Paul Badet de préciser : « Après avoir recensé les multiples visages de Jean-Jacques, le philosophe, le botaniste, l'épistolier, le guide spirituel, le poète, Lionel revient au patronyme : plus que tous ces visages, '' il est Rousseau, l'accusé plus désemparé que vindicatif d'un procès kafkaïen ou l'élève que l'on punit injustement, qui ne l'admet pas, refuse de comprendre, proteste, se révolte soudain. 
Moi, en somme. 
Toutes proportions gardées, faut-il le préciser ? Le ridicule tue, quelquefois. ''.

Les choses sont claires : '' Chacun choisit son camp. On est pour ou contre Jean-Jacques. Côté révolte ou côté pouvoir. ''  [...] ».

Extraits du commentaire




ART

AU SOMMAIRE . . .  ■



~ Marie LEPETIT : linogravure, ' Sommerwind I '



Marie LEPETIT ' Sommerwind I '


▒ RUBRIQUE INFORMATIVE D'URDLA :
ÇA TIRE :  Lithographies de Daniel NADAUD (1942, Paris) et linogravures de Marie LEPETIT (1959, Amiens)


~ Friederich SCHRÖDER-SONNENSTERN : 2 dessins, de 1950 → présentation de l'un d'eux en début d'article

~ Julius SCHNORR Von CAROLSFELD (1794-1872) : gravure, 'Feuilles mortes (1817)'

~ Wolf VOSTELL : gravure, 'Autobus 24 (II), 1956'



Wolf VOSTEL, Autobus 24 (II)



~ Jean-Claude Silbermann : dessin

~ Robert ESTIENNE : gravure 'L'Arche de Noé (1538-1540)

~ August SANDER : photographie 'Colporteur, 1930'


■ ■



Dessin de couverture de René MAGRITTE, 
L'Impromptu de Versailles, 1933


Revue 'ça presse ' – N°54 – Septembre 2012, Editions URDLA
le numéro : 2€ - abonnement annuel 4 numéros : 6€



◘  TARIFS 2013  ◘ 

Le numéro : 5€ - Abonnement annuel 4 numéros : 10€

• Revue 'ça presse ' – N°56 – 11 Mars 2013 
• Revue 'ça presse ' – N°57 – 11 Juin 2013

Sommaire et Compte-rendu N°56 et N°57 ici
Sommaire et Compte-rendu N°55 → ici


COMMANDE ET TOUTE CORRESPONDANCE :

URDLA 
207, rue Francis-de-Pressensé
69100 Villeurbanne


SITE URDLA, SECTION REVUES ÇA PRESSE → ICI 


■ PRÉSENTATION DE L’URDLA (Utopie Raisonnée pour les Droits de la Liberté en Art), centre international de l’estampe et du livre ici








Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire