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jeudi 10 janvier 2013

Joël GAYRAUD 'PASSAGE PUBLIC', L'OIE DE CRAVAN ÉDITEUR, 2012 : recueil de nouvelles présenté par Jean-Claude LEROY





Joël GAYRAUD 'PASSAGE PUBLIC', L'oie de Cravan
Dessin de couverture par Benoît Chaput
56 pages, Format 12,7 X 18,7cm



~ FRANCE : en librairie, rayon NOUVELLES, 11euros
Distribution par Les Belles Lettres.

~ Présentation sur le site de l'éditeur → ici

~ COMMANDE ET TOUTE CORRESPONDANCE VERS LE CANADA :

L'OIE DE CRAVAN 
5460, rue Waverly
Montréal, Québec
H2T 2X9 Canada



COURRIEL / e-mail : lentement // oiedecravan.com 

(A NOTER : afin de rendre l'e-mail actif,
le signe @ doit remplacer les signes / / )





Après avoir déjà circulé dans les horizons de deux comptes rendus, dont l'un à l'initiative du poète Jacques Josse (→ ici), ce beau recueil de nouvelles paru en septembre 2012, déploie encore le monde éclairé et sensible de ses mondes dans le récent article, bien senti, de Jean-Claude Leroy, écrivain.



Joël Gayraud, de '' Passage public ''

par Jean-Claude Leroy


« À lire Passage public on n’a pas vraiment l’impression que Joël Gayraud ait grand-chose à voir avec la société clinquante, l’économie rentable, le devenir social, et c’est heureux bien sûr ; on l’imagine plutôt de ces têtes nomades, faussement paresseuses, s’appliquant à vivre in petto le temps qui passe, et relevant ça et là les signes apparents d’un ordre invisible qui saille parfois à travers le rire de flâneurs surpris, comblés. Errant de par le monde, dans une ville ou dans une autre, dans un quartier ou dans un autre, il s’amuse d’un rien qui n’est pas un rien, d’un souvenir qui se pointe, d’un hasard ironique. Il s’amuse ou se souvient, réfléchit en observant, et même se fait grave à l’occasion. Une souple érudition le transporte à souhait, sans jamais le diriger, et son errance savourée nous sert de guide.

Régal que ces sorties sur terre, qui sont parfois des « sorties de route », comme quand la chose est avalée à côté de la raison, par le conduit de la fantaisie questionnante, de quoi faire écrire à Gayraud : « si j’étais moi, je me méfierais. » Le plus souvent, toutefois, on se retrouve véritablement témoin dans un coin de zone urbaine, au Pirée, à Uzerche, Naples ou Paris (Paris qu’il décrit en « puits profond de deux millénaires, dont la margelle est le boulevard périphérique »). Ou encore au cimetière des Capucins, à Rome, où est présenté au visiteur, « avec ses accumulations de crânes, ses frises de clavicules et de spondyles, ses lampadaires en dentelle de tibias et de côtes, ses longs envols tout battants de pelvis au flanc des voûtes, le plus vibrant hommage de l’art baroque à l’idée de la mort. L’emploi des ossements comme simples éléments d’ornementation, sans la moindre considération pour leur origine, est là pour nous rappeler cruellement la perte définitive d’individuation qui suit la fin de la vie. » 

Au Pirée, en bordure de la rue Argyrokastro, la rue du Château d’argent, une masure dont le mur de façade a en partie disparu, un homme semble l’habiter, il punaise sur une des poutres une photo de magazine. Des chiens suivent l’homme jusqu’à une vieille Fiat 1300 immobilisée, maculée d’inscriptions et de dessins d’animaux ; le toit est soigné de peinture verte, dominé par un téléviseur peint de la même couleur. Notre guide-narrateur parle de cet ensemble comme d’un chef-d’œuvre de l’art brut tandis que l’homme prend un pinceau, de la peinture, et recouvre de nouvelles marques le « palimpseste perpétuel ». Les chiens signalent soudain par leur excitation l’arrivée d’un lent cortège de voitures décorées de couronnes de roses pourpres, et dont les passagers et chauffeurs sont expressément hilares. La fête rampante est pour le moins étrange. Il faut le dernier véhicule, une spacieuse limousine dont l’arrière est encombré d’un long cercueil, pour deviner qu’il s’agit là, à coup sûr, d’un cortège funèbre. C’est ailleurs, quelque part dans Paris, du côté de la station Maison blanche, que notre cicérone réalisa que « le souvenir d’un rêve [venait de prendre] pour quelques instants la place de toute la réalité », alors qu’à ce moment, au Pirée, rue du Château d’argent, en présence d’un fou éclairant escorté de quelques bâtards sereins, entre le geste de créer et un regard infini porté au passant égaré, sur fond de passage d’un enterrement carnavalesque, c’était la réalité attrapée qui faisait concurrence à l’espièglerie des rêves.

Poète et traducteur de l’italien (Léopardi, Agamben, etc.), Joël Gayraud avait notamment publié il y a quelques années aux éditions José Corti un remarquable ensemble de notes et réflexions, La peau de l’ombre, révélant la patte d’un lecteur implacable en même temps qu’analyste sensible. Le voici aujourd’hui maître d’un petit ouvrage que le bonheur ne jettera qu’entre les mains de rêveurs des plus avisés. Dix-sept proses brèves, comme autant de cartes postales rédigées d’une main précise et d’un œil embarqué par l’esprit. »

Jean-Claude Leroy, écrivain et critique → ici source de l'article (09/01/2013)


■ ■


~  AUTRES ARTICLES  ~ 


■ Article de Bruno Montpied « Un nouvel écrivain nous est né » ( 22/01/2013) 

« [...] excellent recueil de petites proses ou notations poétiques, Passage Public [...].

[...] Joël s'est affirmé comme un brillant styliste et un écrivain poétique de toute première force.

Une courte nouvelle parue dans la revue québécoise Le Bathyscaphe n°2 ( juin 2008 [...] ) intitulée Le Centaure de Santorin m'avait [...] révélé à quel point il peut se montrer à l'aise dans des textes qui hésitent entre littérature et documentaire poétique sur les misères de notre monde. Les courts textes de Passage public sont de cette eau. Divers et variés, ils évoquent parfois Léon-Paul Fargue (la Couleur des rues), s'intéressent au fantastique social (Un Inspiré à sa demeure), retranscrivent des dérives flâneuses dans Paris (Matériaux pour une cartographie révolutionnaire de Paris, Sans feu ni lieu, ou Après le virage, [...] ), critiquent "la définitive imbécillité de la compétition sportive" (Vive le catch!) ou campent la hantise de l'énergie atomique (Le Nez du monstre), font l'éloge des chiens grecs et leur bienheureuse paresse.
[...]

[...] avec Passage public, le lecteur raffiné aura en main une lecture délectable. »
 
B. Montpied - extraits -ici article complet 



°

■ Article de Jacques Josse « Dans les pas de l’insatiable promeneur Joël Gayraud » (19/09/2012 ) 

« Mettre ses pas dans ceux de Joël Gayraud et se laisser guider par lui, au fil de ses dérives en ville ou en bordure de mer, c’est s’initier à la nonchalance et à la curiosité en associant l’art du bref à celui de la fugue. Ce promeneur, naturellement calme et attentif, souvent enclin à la douceur, sait se montrer critique dès qu'urbanistes et promoteurs réunis lui en donnent l’occasion. Ses coups de griffes sont alors rapides et efficaces. Il poursuit ensuite sa route et incite le lecteur à l’accompagner en donnant vie et corps à ce qu’il découvre.

[...]

Passage public regroupe dix-sept déambulations à travers lesquelles l’auteur de La Peau de l’ombre (José Corti, 2004) parvient, grâce à l’avancée légèrement sinueuse et à la respiration très posée de sa phrase, à suggérer autant d’incitations au voyage avec clins d’œil décochés à son double et saluts aux ombres dissimulées dans les angles morts. Les notations précises qu’il prend en chemin touchent aux scènes de vie, aux souvenirs, aux détails, aux inscriptions, aux plaques de rues et aux anomalies ou aux contrastes qu’il repère ici ou là. Il aime d’ailleurs les retourner, créant instantanément des promenades plus intérieures et tout aussi captivantes. »

J. Josse - extraits - ici article complet 



■ ■


~ JOËL GAYRAUD

POÈTE ; ESSAYISTE ;

TRADUCTEUR ; CRITIQUE D'ART ~



Joël Gayraud est présenté comme membre du groupe surréaliste depuis 1996, et comme poète, essayiste et créateur d'objets, dans l'ouvrage de référence : Kaléidoscope surréaliste, une vision du surréalisme international*, de Miguel Perez Corrales (professeur de philologie espagnole à l'université La Laguna de Ténériffe ; critique et essayiste).

* Caleidoscopio surrealista, una visión del surrealismo internacional (1919-2011), La Página ediciones





◘  BIBLIOGRAPHIE  ◘


Mise à jour octobre 2013

• Prose au lit, La petite chambre rouge, 1985

• Si je t'attrape, tu meurs, Syros, 1995

• La Peau de l'ombre, José Corti, 2004 → compte-rendu ici et ici

     ►« La Peau de l'ombre » est citée dans l'ouvrage, Kaléidoscope surréaliste, de Miguel Perez Corrales.
                ► Des extraits «  La Peau de l'ombre » ont paru en traduction dans le numéro 15-16 de Salamandra, la revue du groupe surréaliste madrilène.
                                 ► Des extraits «  La Peau de l'ombre » ont aussi paru dans les n° 18, mai-juin 2004, n° 19-20, juillet octobre 2004, n° 21, novembre décembre 2004 de la revue romaine Il caffè illustrato.

                          ■ Joël Gayraud sur le site de José Corti → ici

• Ordonnance, Le Cadran ligné, 2010 → ici

• Clairière du rêve, Collection de l'Umbo, 2010 → ici

• Passage public, L'Oie de Cravan Éditeur, 2012 → ici



◘ Il collabore régulièrement à des revues : Le Bathyscaphe ; Les Cahiers de L'Umbo ; L'Impromptu ; L'or aux treize îles ; Nomades ; Recoins ; Empreintes ; Mirabilia ; L'œuf sauvage.

• Un de ses poèmes 'ÉCLUSE', paru dans la revue L'Impromptu : → ici

• Une de ses nouvelles 'L'ERRE', parue dans la revue Le Bathyscaphe : → ici






◘  TRADUCTEUR  ◘

~  Principales Traductions  ~


~ Giacomo LEOPARDI (1798 – 1837)
moraliste, poète et philosophe italien ~


Joël Gayraud, grâce à ses traductions de nombreux ouvrages importants de G. Leopardi, a grandement contribué à rendre accessible, en France, à un large public, l'oeuvre de cet immense auteur, demeurée très longtemps confidentielle et connue, surtout, d'une élite intellectuelle.

► Aux Editions José CORTI, Paris :
Mémoires de ma vie, 1999

► Aux Editions ALLIA, Paris :
• Les Petites œuvres morales, 1992
• Le Massacre des illusions, 1993
• Pensées, 1994
• Journal du premier amour,1994
• La Théorie du plaisir, 1994
• Lettre inédite de Giacomo Leopardi à Charlotte Bonaparte, 1996
• Théorie des arts et des lettres,1996

► Mille et une nuits, Paris
Éloge des oiseaux,1995

■ Traduction inédite du poème 'L'infini' ici




~ Cesare PAVESE (1908-1950)
l'un des écrivains italiens
les plus marquants de l'après-guerre ~


• Son poème le plus célèbre 'La mort viendra et elle aura tes yeux' avec traduction inédite de Joël Gayraud → ici

La trilogie des machines, est un inédit retrouvé en 1992, qui a été traduit par Joël Gayraud aux éditions Mille et une nuits → ici



~ Giorgio AGAMBEN (1942)
philosophe italien ~



• L'Ouvert : de l'homme et de l'animal, Paris, Payot & Rivages, 2002
• Homo Sacer. II, 1, État d'exception, traduit par Joël Gayraud, Paris, Seuil, 2003
• avec Valeria Piazza, L'Ombre de l'amour : le concept d'amour chez Heidegger, traduit par Joël Gayraud et Charles Alunni, Payot & Rivages, Paris, 2003
• La Puissance de la pensée : essais et conférences, traduit par Joël Gayraud et Martin Rueff, Paris, Payot & Rivages, 2006
• Signatura rerum : sur la méthode,Vrin, Paris, 2008
• Homo Sacer. II, 2, Le Règne et la gloire, traduit par Joël Gayraud et Martin Rueff, Le Seuil, Paris, 2008
• Le Sacrement du langage : archéologie du serment, traduit par Joël Gayraud, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques – Poche », 2009
• Homo Sacer. IV, De la très haute pauvreté : règles et forme de vie, traduit par Joël Gayraud, Payot & Rivages, Paris, 2011
• Qu'est-ce que le commandement ?, traduit par Joël Gayraud, Payot & Rivages, Paris, 2013




~ OVIDE ~
(43 av. J.-C. - 17 ou 18 ap. J.-C.)
poète latin


• L'art d'aimer, Mille et une Nuits, Paris, 1998



~ SAPPHO de Mytilène
(VIIe - VIe siècle av. J.-C)
poète grecque ~


Joël Gayraud nous offre une traduction, sans doute, du plus beau poème lyrique de toute l'Antiquité.

• ODE (I, 2), Le Cadran ligné, 2012 → ici



◘  CRITIQUE D'ART  ◘


~ Quelques articles sur ce blog ~


◘ Son approche de l'œuvre de P. Cadiou 'L'art magique de Patrice Cadiou' parue dans la revue L'œuf sauvage, N°10.
A l'appui de surprenantes sculptures : « [. . .] totems sans tribus, fétiches sans officiants ni adorateurs [. . .] », Joël Gayraud nous parle avec brio de ces belles et saisissantes oeuvres de cet artiste, nous captivant par là sans réserve. Article et photos → ici


◘ Son approche des oeuvres des ''bâtisseurs de l'imaginaire'', ''inspirés du bord des routes'', ''révoltés du merveilleux'', ''habitants de l'éphémère'', ''bricoleurs de paradis'', ces enchanteurs présents dans le livre de Bruno Montpied 'L'Éloge des jardins anarchiques', accompagné du CD de Rémy Ricordeau 'bricoleurs de paradis'( éditions L'insomniaque).

L'article de J. Gayraud ' Tous les jeux sont permis dans le labyrinthe ' a paru dans la revue Le Bathyscaphe, N°7. Article et photos → ici


◘ Son approche de l'intrigant fait des mains coupées (cassures propres et franches évocatrices d'une mutilation intentionnelle) de statuettes en porcelaine ou en biscuit représentant la Vierge Marie.
MATER DOLOROSA, donc mère de douleur, est le titre choisi pour coiffer cette curieuse histoire de mains mariales coupées que Joël Gayraud nous narre de manière autant érudite qu'éminemment attractive.

L'article de J. Gayraud a paru dans la revue L'œuf sauvage, N°11. Article et photos → ici


◘ Son hommage à Jean BENOÎT ( 27 août 1922 – 20 août 2010 ) l'un des derniers grands artistes surréalistes → ici








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