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mardi 16 décembre 2014

HOMMAGE à Catherine MAS, Consultante RH- Psychologue-psychothérapeute, Fondatrice de CRESCENDO ; Auteur de «  PREMIÈRES PHRASES », Éditions Al Dante ; Épouse de Jean MAS artiste de l'ÉCOLE de NICE




Catherine Mas (25/12/1959 – 11/10/2014)


Depuis plus de vingt-cinq ans Catherine Courtadon-Mas était une professionnelle des Ressources Humaines intervenant dans l'accompagnement du changement (Hommes/Organisations), très appréciée et reconnue pour l'excellence de son efficacité.

Ses missions RH au service de salariés et d'entreprises de divers secteurs d'activités en qualité de consultante RH, coach et formatrice en cabinets conseils en Ressources Humaines et Organisation (Groupe Courtaud-PCM Europe, Sudève, BPI Group) l'avaient ensuite conduite à créer, il y a une dizaine d'années, le cabinet CRESCENDO.

Elle y accompagnait au quotidien des demandes émanant d'étudiants d'École de Commerce et d'universités, de salariés et de managers d'entreprises des secteurs d'activités Hi Tech, Banque, Santé, BTP, Recherche, ... dans un large champ de domaines : coachings centrés sur la personne, la relation, le management ; coaching de dirigeants – Relations d'aide – Formations en Management, Ressources Humaines, Communication et efficacité professionnelle – Aide à la décision dans des processus de recrutement, etc.

Plus récemment, elle avait rejoint « Options Avenir » groupe de professionnels seniors du management et des RH issus du monde de l'entreprise, psychologues et coachs certifiés au service de tous les acteurs de l'orientation. Considérant que « toute action est un empiétement sur l'avenir » elle s'apprêtait à s'engager dans une activité d'orientation, d'accompagnement et d'insertion, auprès de jeunes adultes, aux côtés de Pascale Marmara, co-fondatrice d'Options Avenir, qui lui a rendu un très bel hommage :

«  J’ai rencontré Catherine il y a une dizaine d’années autour d’un projet de parrainage emploi qu’elle animait avec un grand talent pour la fondation Sophia Antipolis. J’ai été immédiatement touchée, inspirée par la clarté et la vivacité qu’elle communiquait naturellement. Elle facilitait ce jour-là une réunion de partage entre consultants psychologues. Ces échanges sont importants pour nous, ils nous ressourcent. Catherine avait une manière simple et ouverte d’accueillir, et de faire participer les personnes, sans effort, et sans intrusion, comme si elle les comprenait immédiatement et qu’elle se concentrait sur l’essentiel. Ce jour-là, je me suis dit que j’avais rencontré quelqu’un de vraiment “ à part”.
C’est ce sentiment de pouvoir partager et aborder si facilement avec elle tous les sujets qui nous réunissaient qui a ensuite fondé notre amitié. Elle était tour à tour pétillante et incisive, puis profonde et intuitive. Je crois qu’elle avait appris plus vite que les autres les leçons de vie. Je crois qu’elle comprenait plus vite que nous tous, et qu’elle ne s’attardait que sur ce qui a du sens.
J’avais été émue par le récit de la construction de son livre : se saisir des phrases essentielles des auteurs, et recréer une trame nouvelle. N’était-ce pas un peu aussi sa façon de travailler, d’aider les autres à se construire ou se reconstruire, à se recréer ?
Je me dis aussi que ce tempo rythmé dont elle était imprégnée lui aura permis de réaliser pleinement sa vie en un temps court, beaucoup trop court mais tellement utile pour tous ceux qui ont eu la chance de la connaître.
Catherine s’apprêtait à me rejoindre pour prendre part à un beau projet d’orientation des jeunes lecteurs du magazine Phosphore. Cela va être difficile de le poursuivre sans son bel éclairage.
Je me joins par la pensée et l’affection à vous, ses sœurs et son compagnon qui lui avez apporté tant de bonheur, et à tous ceux qui l’ont comme moi beaucoup aimée sans avoir eu besoin de le lui dire, parce qu’elle savait décrypter cela aussi. »

Pascale Marmara









Catherine Mas, « PREMIÈRES PHRASES », 
Collection sauvage, Éditions Al Dante


Publiant sous le nom de Catherine MAS, Catherine était un auteur talentueux, révélé par un bel et original ouvrage « PREMIÈRES PHRASES », Éditions AL DANTE, 2005, conçu sur la base d'une contrainte : l'emploi exclusif de la première phrase d'un livre d'un auteur (écrivain, poète), celui-ci étant strictement référencé dans ledit ouvrage.

♥ « PREMIÈRES PHRASES » a fait l'objet d'une signature par l'auteur, le 22 septembre 2006, à la Librairie Mazarine 78, rue Mazarine, PARIS 6ème et le 28 octobre 2006 à la Librairie Galerie Laure Matarasso 2, rue Longchamp, NICE.


*

« Ici, l'auteur de Premières Phrases s'inscrit dans la lignée de grands aimants de la littérature, ceux qui triturent, excavent, embrassent, embrasent le texte pour, dans leur jouissance, nous livrer un possible commencement. »
                                                                   Jean MAS, postface


«  ''PREMIÈRES PHRASES'' de Catherine Mas, . . . un petit bijou ! »
France Delville (1942- 14/11/2014), écrivain, critique d'art, psychanalyste.


Une profonde pensée pour France Delville partie, elle aussi, trop tôt, des suites d'une maladie fulgurante.
France Delville avait fait la lecture des déclarations d'artistes, lors de la mise à feu de « La Crèche de l'École de Nice » par Jean Mas, au Musée Rétif de Vence (4 décembre 2010).
Catherine Mas, ouvrant le livre d'où s'échappe de la poudre bleue klein, était une des figurines de cette Crèche. 

*

 Le dernier projet littéraire de Catherine MAS  : « ACHILLE » était achevé.
Durant sa courte maladie, Catherine avait entrepris l'ébauche d'un nouveau récit.

 Catherine MAS dirigeait la Collection « Des Dialogues Décalés » aux Éditions Ovadia, 16 rue Pastorelli, Nice.











Catherine était l'épouse de Jean MAS, artiste de l'École de Nice.


À Catherine

Tu es là dans mes mains et je te cherche.
Je te cherche et tu es là dans mes mains.

Marque les pages
De ce livre
Du bout des doigts
Tu me glisses.
Pages à feuilles, feuilles à pages
Tourne et cherche les mots
Chemins qui égarent
Promenades à lire
Je tiens et ça respire
J'ouvre l'ouvrage
Le manège s'éclaire
S'emballe, m'étire.

Tu es là …

Flèches, marques,
Annotation, ici je te perds
Ici je te trouve.
Couverture, pages,
Je serre les lettres
Traque les majuscules
Royaume des rois
Où le temps s'écoute
Attrape l'air qui passe
Dans la danse
D'une phrase là soulignée
Qui interroge ?
Il existe pour nous
Ce lieu des traces
Qui donne aux lèvres
Le souvenir des baisers.

Tu es là...

Du bout des lèvres
Je lis,
Le mot qui s'échappe
M'échappe en se coulant
Si près qu'il disparaît
Dans le mouvement
Du corps que je devine
Lorsqu'un encart
Marque l'insistance
Femme toujours voilée,
Toujours nue dans le passage
Où le son m'accroche
Par une ivresse qui m'emporte
Là où tout disparaît,
Près de la feuille blanche
Tisse la peau.

Tu es là...


Jean Mas


L'intérêt et l'investissement de Catherine, des plus constants et attentifs, pour l’œuvre de Jean Mas, sont demeurés ancrés jusqu'à son ultime départ. En hommage à sa précieuse épouse, Jean Mas a réalisé sa performance prévue à l'ouverture de l'exposition dédiée à l'artiste américaine Elaine Sturtevant, le samedi 11 octobre 2014, 18H00, à la Galerie Ferrero, Nice.


 Catherine Mas était Directrice de la publication et Directrice éditoriale du riche et documenté site internet de Jean Mas. 



♥ 






L'indéniable fibre artistique de Catherine lui avait permis de s'exprimer, assez tôt, dans une pluralité de directions :
~ le dessin : encres, dont « L'homme à la rose ».
~ la sculpture, concrétisée dans le matériau noble du bronze tel « Le psychanalyste », et surtout dans des assemblages de grandes pièces mécaniques, notamment d'automobiles, faisant surgir des personnages à l'énergique et troublante force énigmatique.
~ Pour ce qui concerne les réalisations d’œuvres murales, ses recherches personnelles l'avaient inspirée en matière d'emploi de techniques mixtes et médium spécifique : peinture industrielle, fils de fer souples ajustés sur toile. Travaillant la peinture pour lui faire rendre des « peaux » ensuite employées au jugé, Catherine disposant, là, d'une matière issue d'un sur-mesure  parfaitement exploitable, donnait vie à ses thèmes d'élection en les arrimant, pour partie, en relief sur la toile et, pour partie, aux fils de fer flexibles, ces derniers étoffés par des torsions et directions judicieusement orchestrées. Ces compositions, partiellement affranchies de leur support, bouillonnaient dans des circuits d'air et d'aise comme pour affirmer et afficher leurs propositions ou revendications
Il en est ainsi des pièces : « Le tournesol » et « La France ».
Ces dernières, connues du renommé critique d'art Jacques Lepage (1909-2002) -également critique littéraire et poète-, avaient valu à Catherine des commentaires élogieux encourageant la poursuite de son travail.
Cet intéressant potentiel artistique n'a pas été exploité par Catherine, alors déjà très investie dans son métier, et dans son lumineux regard en direction de l'art massien.

~ Douée pour le théâtre, et excellant dans le registre de l'imitation, celle-ci nourrie par l'acuité de son sens de l'observation et la finesse de son humour, Catherine improvisait de savoureuses et hilarantes mises en scène de one-woman-show, très prisées par son cercle relationnel amical, et familial.





Catherine MAS, une Muse immortelle.




Jean Mas, Ombres /  peinture sur bois
Triptyque : La Baigneuse, Plage de Cannes, 1995

Modèle : Catherine Mas
Collection du MAMAC de Nice


«  […] Après la photographie d'une ombre, celle-ci est reportée sur un support pour traduire « l'absence » de la personne. La mise à la verticale de la silhouette modifie la perception habituelle que nous avons de l'ombre, et sa présence se manifeste par sa prégnance. »





« […] Ces trois captures d'ombres constituent une œuvre unique qui pourrait se lire comme un triptyque. Les silhouettes simplifiées et peintes par aplats évoquent des formes humaines en mouvement dans un lieu précis car certains éléments identifiables comme la serviette de bain ou des vêtements font penser à la plage. […] Ces trois personnages renvoient […] à la simplicité des formes épurées comme le pratiquait Matisse […]. 

« […] La composition générale des trois peintures montre une évolution dans l'inclinaison des corps avec un basculement des attitudes. Les phases successives du mouvement évoquent […] les recherches de Marey et Muybridge sur la chronophotographie. La décomposition du mouvement est accentuée par le cadrage tronqué qui donne un effet de hors champ ; le dynamisme de la composition dépend des diagonales, des lignes obliques de plus en plus inclinées qui créent un effet cinétique comme les lances de la Bataille de San Romano de Paolo Ucello […].

[…] Les couleurs volontairement simplifiées des ombres mettent en valeur les silhouettes et accentuent le mystère. Nous imaginons des séquences d'habillage ou de déshabillage, et le fond blanc détoure les pleins et les vides pour réaliser un découpage presque parfait de la femme  […] ».

Alain Biancheri, André Giordan et Rébecca François (2007), L'école de Nice, Ovadia Éditeur, Nice








Catherine Mas était également Directrice éditoriale du site : m-institut.com.
A ce titre, elle se faisait une joie d'annoncer l'ouverture à Nice, en novembre 2014, du nouvel espace de sa nièce Marion Ravel, dédié à la beauté et au bien-être.







Appairage Isabelle DALBE, 2012 – Portrait de Catherine MAS / TOULOUSE-LAUTREC ''Jane Avril'' / Photographie « Défilé de mode » - Thème : la Musique, Robe au clavier de piano.



MAIS LA TÊTE NE MEURT PAS


                                                            pour ma sœur Catherine,


La voix est tellement neuve.
Je broie son velours
jusqu'au bout du voile
sans couleurs.

Je me couche plus petit
sur mes cheveux,
ma chair en forme d'objet.

Un peu aveugles nos vies
nos amours,
les deux maintenues ouvertes
quand la lumière s'est éteinte.

Un volume de nuit intense
dans le cri éparpillé.
Le cœur dans les ronces,
altéré à craquer
moins par l'évidence
que par l'impuissance.

Dans nos yeux,
la main des illusions bouge
comme un drapeau entrouvert.

Sourire à petits éclairs,
sans doute de glace,
noués à la fureur qui tue.

Mais la tête ne meurt pas.
Les bêtes du trottoir
doublent le théâtre
à voix haute
et originelle.
J'ai été amplifiée
dans leur corps de douceur.

Solitaire
aux quatre coins des toits,
je cargue sur moi
les soupapes du voyage.
La longue marche nocturne
est jaune, mécaniquement.

Courant avec la poussière,
les flocons du pétrissement
me déchirent à vif.

Un nom vêt qui je fus.
Je vois mon Autre
au milieu du cœur.

Derrière, un fauve dans le loin
est la source de la grâce sombre.
Sa tache endiablée
en est brûlante.
Cette sorcellerie muette
avance insufflée
par son doigté net.

Mon noyau pluriel
met en ordre
une entaille à gorge claire,
lance dans l'Espèce
la quille
de mes veines réunies.

Isabelle Dalbe




De chaleureux remerciements
à
~ Pascale Marmara, Co-fondatrice du Groupe Options Avenir, pour son bel hommage rendu à Catherine.
~ Frédéric Altmann, photographe, critique et historien d’art, pour son vibrant hommage public à Catherine, le 24/11/2014, après celui destiné à France Delville.

à
~ ses fidèles Amies de longue date : Catherine, Agnès, Marie-Hélène,
~ ses Amis du Groupe des « Avec ou Sans », et Amis du cours de la vie,
~ ses Pairs de son milieu professionnel, et Collègues de travail,
~ ses Amis Éditeurs, Auteurs, et Libraires,
~ ses Amis Artistes de l'École de Nice & Artistes apparentés, et Artistes d'autres mouvements et autres disciplines,
~ aux Acteurs du monde de l'art à Nice : Galeristes, Photographes, Vidéastes, Journalistes,
~ à Jean-Marie Audoli, Maire de Bonson, Alpes-Maritimes, et aux Organisateurs du Festival du PEU,
~ aux Amis du réseau social Facebook,

pour leurs témoignages d'affection et marques de sympathie portés à la mémoire de Catherine, lors de son départ en toute discrétion, et de ses obsèques dans l'intimité familiale, à l'athanée de Monaco, le 16 octobre 2014.


Isabelle Dalbe


Catherine MAS, Artiste et Auteur de PREMIÈRES PHRASES, Editions Al Dante [ouvrage répertorié et cité par BiblioSésame - Bpi (Bibliothèque publique d'information)] → article 19/10/2015 → ICI 




3 commentaires:

  1. C'est un superbe hommage Isabelle. Catherine était une grande artiste, une grande amie, une magnifique personne. Elle nous manque tant, elle me manque tant. Merci pour cette belle et sensible évocation.
    Catherine B.

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  2. Depuis ces 2mois passés que notre Cathy nous a quitté, à force, je croyais les larmes taries, mais à la lecture de ton hommage bouleversant, à la hauteur de ce qu' elle était, la douleur est toujours bien vivace. Elle nous a tant donné depuis toujours; son chemin de vie jusqu'au bout est notre référence. Sa force, sa générosité, sa beauté d' Etre Humain est le plus beau cadeau qu'elle nous offre à nous ses soeurs, sa nièce, ses parents, ses ami(e)s pour avancer du mieux possible, comme elle l'aurait souhaité. Comme le dit Catherine B que je remercie, elle nous manque tant, elle va tant nous manquer toujours. Mille merci Isabelle, Cathy nous aimait tant aussi. Je t'embrasse fort. Brig

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  3. Magnifique ton poème pour Catherine.
    Brig

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