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BLOG ART et POESIE : OÙ VA ÉCRIRE ? — POETE — © APPAIRAGES ART

lundi 18 décembre 2017

Joël GAYRAUD, L'HOMME SANS HORIZON, éditions LIBERTALIA, PARUTION 24 OCTOBRE 2019 ► LECTURE-SIGNATURE  par Joël Gayraud : 1/ librairie Libertalia, MONTREUIL, vendredi 15 novembre 2/ librairie Michèle Ignazi, PARIS IVe, mercredi 20 novembre 3/ Halle Saint-Pierre, PARIS XVIIIe, samedi 14 décembre 2019 4/ Paris, Radio Libertaire, Émission '' ONDES DE CHOC '', lundi 16 décembre 2019 5/ librairie Publico, Paris XI, jeudi 19 décembre 2019 6/ librairie Le Bonheur, Montrouge (92), jeudi 13 février 2020 ◘-◘-◘ NOTE DE LECTURE de L'HOMME SANS HORIZON par Jean-Claude Leroy = ◘ = ◘ Joël GAYRAUD, LA PAUPIÈRE AURICULAIRE, Éditions José CORTI, 2018 ◘ - ◘ Lecture d'extraits de LA PAUPIÈRE AURICULAIRE par Bruno LALONDE, libraire à Montréal (VIDÉO YOU TUBE) ; NOTES LECTURE de Frédéric Pagès ; Richard Blin ; Michael Löwy ; Alain Roussel ◘ - ◘ PRÉSENTATION PUBLIQUE par Joël GAYRAUD : 5 mai 2018, 17 heures, Maison André Breton, place du Carol, 46330 Saint-Cirq Lapopie et 12 mai 2018, 12h30, Halle Saint-Pierre, 2 rue Ronsard, 75018 Paris




Joël Gayraud, L’Homme sans horizon (Matériaux sur l'utopie), éditions Libertalia, 304 pages – 18 € → site ici


En ce début de millénaire, après l’effondrement du bloc de l’Est, l’horizon de l’humanité s’est brutalement fermé. Sur une planète surexploitée et mutilée, où nul ne croit plus au progrès, le capitalisme apparaît comme une frontière indépassable. Agitée comme un leurre, la démocratie s’est vue ruinée par ses promoteurs mêmes. L’histoire semble close et pourtant les contradictions du système n’ont jamais été plus manifestes. Dans ces conditions, qu’attendre de l’avenir si toute révolte paraît condamnée d’avance à l’échec ou à la reconduction de la tyrannie ? Le manque d’un nouvel horizon d’espérance se fait de plus en plus criant.

Questionnant les grandes théories critiques (Marx, Ernst Bloch, Guy Debord), s’appuyant sur l’anthropologie, poussant des incursions du côté de la philosophie (Aristote, Agamben, Simondon), invoquant après les romantiques et les surréalistes la fonction vitale de l’imagination créatrice, L’Homme sans horizon dessine les lignes de fuite qui permettent de rouvrir un horizon utopique.

Au-delà de l’utopie libérale, aujourd’hui épuisée, de l’utopie sociale qui a été défigurée par les régimes totalitaires, la seule issue possible est de reprendre et faire triompher le rêve ancestral de société sans classe ni État, constituée d’individus égaux, librement associés, jouant enfin leur propre histoire. Aujourd’hui où la survie de l’espèce est en jeu, c’est cette espérance qu’il s’agit de réaliser sous peine de voir l’humanité s’effondrer dans la barbarie. L’Homme sans horizon se propose de montrer l’urgence de ce qui est désormais la seule utopie humaine, et de lui apporter les fondements de sa légitimité historique.

◘► Philosophe de l'utopie, traducteur du latin (Ovide, Érasme) et de l'italien (Leopardi, Pavese, Agamben), Joël Gayraud a notamment publié La Peau de l'ombre (Corti, 2004) et La Paupière auriculaire (Corti, 2018) *

Source éditeur

* Cf article La Paupière auriculaire ci-dessous



PRÉSENTATION
L'HOMME SANS HORIZON

par Joël GAYRAUD



~ Soirée de lancement ~


vendredi 15 novembre à 19h30

Librairie Libertalia
12 rue Marcelin Berthelot
93100 Montreuil




*



~ Signature ~



mercredi 20 novembre à 19h

Librairie Michèle Ignazi
17 rue de Jouy
PARIS IVe







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~ Signature ~



samedi 14 décembre de 13h à 18h

Halle Saint-Pierre
2 rue Ronsard
Paris XVIIIe








Halle Saint-Pierre : source Facebook Halle St-Pierre → ici


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~ Présentation ~

L'HOMME SANS HORIZON

lundi 16 décembre 2019 de 14h30 à 16h

Paris, Radio Libertaire
Émission ''ONDES DE CHOC''


«  La voix sur ONDES DE CHOC / directs des lundis de 14.30 à 16.OO ... c'est la voix politique. La voix poétique / indissociables de la voix Théâtrale et Historique.  »






*


~ Présentation ~

L'HOMME SANS HORIZON


jeudi 19 décembre 2019 à 19h30

Librairie Publico
145 rue Amelot
Paris XI








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~ Présentation ~

L'HOMME SANS HORIZON


jeudi 13 février 2020 à 19h

Librairie Le Bonheur
99 avenue de la République
92120 Montrouge




♦ = ♦ =♦



NOTES DE LECTURE


L'HOMME SANS HORIZON



~ Jean-Claude LEROY ~



Joël Gayraud, de l’utopie à l’imagination créatrice, redessine un horizon


« Tout ce qui est fort et révolutionnaire, tout ce qui, jusqu’à présent, a éveillé des semences nouvelles et fait surgir de la pierre le feu du soleil, ne cherchait point à utiliser, mais à créer quelque chose, et ne pensait point à l’utilité de l’œuvre, mais à sa beauté » Martin Buber, Communauté.

Joël Gayraud multiplie les casquettes et va pourtant tête nue, et l’esprit affûté. On le connaît comme poète et prosateur, flâneur psycho-géographe, traducteur d’Ovide, de Léopardi, d’Agamben, de Pavese, critique des temps modernes et des mondes anciens, initiateur de revues, d’agitations sévères. Il publia jadis un livre regroupant quelques-unes de ses savantes et oniriques errances, le plus souvent urbaines [cf. ici], l’an passé, après La peau de l’ombre, un deuxième volume de réflexions paraissait aux éditions Corti [cf.ici].

C’est aujourd’hui un autre type de livre qu’il nous apporte, un maître-essai sur les temps finissant que nous vivons, observés à travers la large loupe de l’analyste résolu. Nourri d’anthropologie, de philosophie, d'histoire, son ouvrage est là pour questionner de grandes œuvres critiques, essentiellement celles de Karl Marx, de Ernst Bloch, de Guy Debord et chercher avec elles « de possibles lignes de fuite qui permettent de rouvrir un horizon utopique ». Joël Gayraud pose les éléments sur la table et déroule l’histoire des idées et des événements tels qu’il les voit. Qu’on soit d’accord ou pas avec lui, qu’on perçoive à sa manière ou pas une perspective qui doit remplir son rôle, on ne lui chicanera pas son effort de vulgarisation et de mise à plat. J’ajoute que les qualités littéraires de L’homme sans horizon en font aussi bien son prix que sa force.

*

Parler de suture pour désigner ce dit horizon, c’est bien dire la limite entre deux mondes et l’endroit exact où il peut s’en présenter un autre. Mais c’est justement afin de réveiller cette possibilité toute matérielle que Joël Gayraud explore, là où l’avenir s’est effacé pour n’être plus qu’un présent qui fait du sur-place. Possibilité qui nous reste, au terme de ratages passés, utopies gaspillées, mal pensées. Les vieilles lunes rationalisantes n’ont fait qu’obérer, au nom d’un futur infaillible, la simple idée du bonheur. Une idée qui n’est pourtant rien moins que tangible puisque nous l’avons tous expérimentée, à certains moments, certains instants, éprouvant, même fugace, le bonheur ou l’entrevoyant.

Certains voudraient que l’histoire soit terminée, elle n’exercerait plus que des rattrapages et nous arriverions peu à peu à une société homogène qui ne serait autre que la société consumériste à son apogée, le confort matériel étant alors devenu l’image même du bonheur. Cependant Joël Gayraud ne craint pas d’intenter un procès à cette vision comme à tout un pan de la raison post-hégelienne. À l’aune des « situations vécues », on se dispense difficilement de souscrire à ses arguments. Selon lui « contrairement à ce qu’une vision téléologique de l’histoire diffusée par certains épigones de Marx a pu faire accroire, le marché n’était en rien nécessaire à l’évolution de l’humanité, qui aurait pu développer ses échanges par de tout autres voies 1 ».

De même l’œil trop habitué à la nuit ne devine pas le paysage par la fenêtre qui l’éblouit tout d’abord, « l’homme sans horizon », c’est l’homme privé d’imagination. Il n’ose apercevoir, il n’ose s’éveiller, il n’ose envisager, deviner.

« L’horizon, en tant que phénomène, en tant qu’apparaître, participe certes de l’illusion, mais d’une illusion positive, de cette sorte d’illusion qui est le moteur de l’action dans les périodes historiques, c’est-à-dire précisément les périodes donnant sur un horizon. 2 »

Un ouvrage sous-titré Matériaux sur l’utopie fait assez naturellement une belle part à Ernst Bloch, penseur marxiste hétérodoxe attaché comme peu dans son siècle, et avec scrupule, à l’idée d’utopie.

« L’attente, l’espérance, l’intention dirigée vers la possibilité non-encore advenue constituent non seulement une propriété fondamentale de la conscience humaine, mais aussi, à condition d’être rectifiées et saisies dans leur aspect concret, une détermination fondamentale au sein même de la réalité objective tout entière. 3 »

Il y a dans chaque fait historique comme dans chaque production personnelle quelque chose qui dépasse sa portée initiale. L’intention reste en deçà de l’effet produit. « Il n’est pas jusqu’à certaines œuvres faites pour être détruites qui, lorsqu’un hasard les a sauvées, ne figurent parmi les plus chargées d’un tel excédent imaginal…4 » Cet « excédent utopique » défini par Bloch, un autre philosophe, placé sur de tout autres rails, Gilbert Simondon, le voit aussi, à sa façon : « … il existe dans l’objet créé une universalité et une éternité virtuelle […]. Cette virtualité consiste en une possibilité permanente de réincorporation à des œuvres ou à des créations ultérieures sous forme de schème ou d’élément, même si l’individualité de l’objet créé n’est pas conservée au cours des inventions successives. 5 »

Le futur est inscrit dans le présent. Chaque instant ne survient pleinement que par une tension possible vers l’avenir, une interrogation dont la réponse est constituée de ce qui est en train d’être.

La philosophie n’a guère osé envisager l’avenir, laissant les spéculations concernant le monde futur aux théologiens, aux rêveurs sociaux et politiques. Joël Gayraud cite une lettre de Hegel qui montre le désarroi dans lequel il se trouve après l’effondrement de l’empire napoléonien qu’il voyait comme le stade historique final et indépassable. Chez beaucoup de ses suivants, le débouché à terme des périodes imminentes et futures est envisagé comme la résolution d’une sorte de compte à rebours. Nostalgie de l’avenir quand elle ne connaît rien mieux que son passé, si possible lointain et invérifiable.

Pour ce qui est de notre époque, Joël Gayraud fait le constat d’une perte de valeurs et de l’homme devenu « anaxiologique » «… ni moral ni amoral. Incapable de se forger un système d’évaluation, abdiquant délibérément sa faculté de juger, dépouillé de toute valeur lui-même, le sens axiologique […] lui fait totalement défaut. [...] Il recevra le vrai et le faux, le beau et le laid, l’indigne et le sublime avec le même enthousiasme tiède, la même candeur dans l’universelle acceptation. 6 »

Dans une société où les liens traditionnels ont été brisés, l’individualisme ne fait qu’affaiblir le moi, si bien que chacun éprouve des difficultés à trouver du sens à son existence, tout y paraissant irrémédiablement dénué de substance. On a pu voir déjà par le passé que des situations révolutionnaires apportaient à l’individu un regain d’énergie et d’avenir nourri par cet « excédent utopique légué par les siècles ». Un excédent que les poètes ont su mettre à jour, qu’on pense aux surréalistes, mais aussi à Baudelaire, fouriériste en son jeune âge et auteur de L’invitation au voyage, poème dans lequel l’auteur de L’homme sans horizon voit l’exemple même de « l’unité indéfectible de l’utopie et de la volupté 7», et il note au passage une commune source étymologique pour les termes volupté et volonté, décelant au sein même du plaisir le plus océanique une dynamique positive et propre à affronter les limites. Ainsi, « Par la médiation secrète de la volonté, volupté et liberté sont indissociables. C’est d’avoir ignoré cela que les révolutionnaires puritains ont toujours échoué dans leurs tentatives d’instaurer un nouveau monde. […] Les meilleurs esprits subversifs ont toujours été des libertins et des voluptueux, les puritains n’apportant que dictature et terreur. 8 »

Le philosophe libertaire Gustav Landauer nommait topie une situation stable à un moment donné, que seul un progrès pourrait faire évoluer. Pour autant, nous dit Joël Gayraud, le changement lui-même ne saurait être facteur d’amélioration systématique, le progrès n’est pas forcément le changement pour un mieux. « … il y a beau temps que l’opposition entre l’immobilisme et le changement, entre l’ancien et le nouveau a perdu toute pertinence historique essentielle : il ne s’agit pas de savoir si le changement est préférable au statu quo, mais constamment, dans la vie même de tous les jours, de s’interroger sur le sens et la valeur des changements. L’utopie ne se présente pas comme une alternative progressiste à la topie, mais comme un au-delà de la notion de progrès elle-même et par conséquent comme une émancipation par rapport aux prétendues obligations engendrées par le progrès. 9 »

Il est vrai que le renouvellement perpétuel des marchandises n’a d’autre usage que d’épuiser toute délibération et d’assurer à la production d’insatiables débouchés. Élément encore noble d’un imaginaire dorénavant lui-même compulsif, la notion d’utopie a été intégrée au système marchand. Le capitalisme peut apparaître dès lors comme une sorte de « vaste laboratoire d’utopies » s’arrangeant fort bien entre elles.

La force inventive du capitalisme lui permet d’accéder formellement aux exigences d’un socialisme radical sans jamais changer le fond de l’affaire, et même au contraire en accentuant sa main-mise sur l’individu massifié, réduit à un élément quantitatif dont ni l’expression ni l’action n’ont de prise sur ce qui fait système. Ainsi, pour citer deux exemples, la disparition progressive de l’argent sous sa forme numéraire et celle du salariat qui fait place à l’auto-exploitation que constitue l’auto-entreprise.

*

Au XIXe siècle, aussi bien pour Auguste Blanqui que pour Charles Baudelaire, le progrès est méprisable, il ne correspond en aucun cas à un changement véritable, à une novation. Pour Blanqui, l’urgence est d’abolir les conditions actuelles d’existence, d’abattre la cause des injustices pour éviter la catastrophe, mais il se refuse à toute spéculation programmatique 10. L’époque où il vit est celle des utopies où chacun a l’occasion de rêver un monde meilleur, de voir un horizon apparaître, tangible et ouvert. Et c’est en étant reclus que Blanqui, surnommé à bon escient « l’enfermé 11 », va écrire L’éternité par les astres.

« Comme le souligne Walter Benjamin, cet acte de soumission sans réserve devant le triomphe de la réaction bourgeoise constitue en même temps ‘‘le réquisitoire le plus terrible qui puisse être prononcé à l’encontre d’une société qui projette dans le ciel cette image cosmique d’elle-même’’ (12). Mais Blanqui ne se borne pas à postuler, tel un précurseur de Nietzsche, que tout, dans les moindres détails, reviendra sans altération un nombre incalculable de fois. Cette conception classique de l’éternel retour implique une spatialisation et une réification du temps à laquelle l’infatigable conspirateur ne saurait se résoudre : comment, lorsqu’on a maintes fois tenté d’intervenir dans l’histoire et de lui imprimer un cours radicalement nouveau, pourrait-on se plier à un déterminisme absolu ? […]

Dans l’ampleur de sa vision, l’éternel combattant conçoit l’infinité des possibles, et ouvre soudainement, au milieu de la dystopie effroyable dont il est en train de nous prophétiser la pérennité, une fenêtre sur l’horizon utopique :

‘‘Seul le chapitre des bifurcations reste ouvert à l’espérance. N’oublions pas que tout ce qu’on aurait pu être ici-bas, on l’est quelque part ailleurs. [...]’’ 13 »

*

Une chose sûre, aujourd’hui comme hier, le capitalisme est l’ennemi, et Joël Gayraud en expose ce qui pour lui en constitue les quatre instances essentielles : la marchandise ; le spectacle ; l’économie ; l’État. La marchandise a fait subir au monde tous ses attraits, elle y est répandue plus que jamais ; le développement du capitalisme et l’aliénation du travail (ou encore de tout autre activité purement occupationnelle) lui doivent beaucoup. Le spectacle fait que, partout, « l’être est remplacé par le paraître des choses, qui refoule l’apparence vraie, et du même coup fait rentrer dans l’obscurité l’apparaître du possible. » 14 L’économie est aujourd’hui le prétexte à tout réduire à une objectivation à outrance, et il suffit de l’invoquer pour annuler toute revendication du corps social ; elle est résolument la signalétique du désastre. L’État garantit la propriété privée des moyens de production, et il garantit l’argent. Et là où il a semblé céder sa place, sous la poussée d’un certain libertarisme, c’est à terme pour mieux raffermir ses prérogatives ou les remettre à une gouvernance à échelle mondiale.

« Toute analyse théorique des crises politiques ou des mouvements sociaux doit tenir compte de l’articulation de ces quatre instances sous peine de ne jamais parvenir à en décrypter les enjeux et le sens. Et de même, dans l’ordre de la praxis, toute entreprise de dépassement du capitalisme qui ne commencerait pas par neutraliser en même temps, telles les quatre têtes d’une même hydre, la marchandise, le spectacle, l’économie et l’État serait vouée à l’échec. Le système ne manquerait pas de réapparaître très vite sous une forme subreptice, dans le cas où l’échange marchand continuerait à être pratiqué, ou sous une forme brutalement autoritaire si l’État était maintenu…15 »

On sait bien par ailleurs que les luttes sociales n’ont pas pour véritable objet l’acquisition de nouveaux biens, mais plutôt d’une nouvelle condition, elles relèvent davantage et plus profondément de l’être que de l’avoir. On ne se bat pas pour avoir plus, mais pour être autre ou autrement.

De même, puisque nous en sommes aux précisions tels qu’elles sont soulignées dans L’homme sans horizon, ce n’est en aucun cas, et contrairement à une idée courante, d’une société parfaite que rêve l’utopiste, il rêve et construit un monde tout simplement tourné vers le bonheur, toujours lui. Ce même bonheur qui, non content d’avoir été un jour une idée neuve, n’en garde pas moins, quand il se développe dans le champ politique, sa charge productrice d’imaginaire et de futur. Et de justice.

*

Nous n’avons fait dans ces lignes que survoler quelques pans d’un essai fertile qui ne concède rien aux idées faciles, et fait sa part belle à la sensibilité dans un domaine où elle est souvent peu présente. D’une confiance en la beauté comme en la force de l’imaginaire, non pas figé mais actif, il nous reste à trouver l’ouverture. Le mot révolution, pas plus que le mot bonheur ne saurait faire peur. Quand tout paraît bouché, c’est la suture elle-même qui peut-être donne la ligne non pas à suivre, mais à conduire, à tracer.

***

NOTES :
1) Joël Gayraud, L’homme sans horizon, éditions Libertalia, 2019, p.26.
2) Op. cit, p. 95.
3) Ernst Bloch, Le principe espérance, in Joël Gayraud, L’homme sans horizon, éditions Libertalia, 2019, p. 111.
4) Joël Gayraud, L’homme sans horizon, éditions Libertalia, 2019, p. 111.
5) Gilbert Simondon, Imagination et invention, in L’homme sans horizon, éditions Libertalia, 2019, p. 114.
6) Joël Gayraud, L’homme sans horizon, éditions Libertalia, 2019, p. 124.
7) Op. cit,, p. 132.
8) Op. cit,, p. 135.
9) Op. cit,, p. 145.
10) Cf. Walter Benjamin, Zentralpark, cité p. 153.
11) Rappelons qu’Auguste Blanqui passa 36 années de sa vie en prison.
12) Cf. Walter Benjamin, Paris, capitale du XIXe siècle.
13) Joël Gayraud, L’homme sans horizon, éditions Libertalia, 2019, p. 154-155.
14) Op. cit,, p. 168.
15) Op. cit,, p. 172.

Jean-Claude LEROY, 26/11/2019. BLOG : OUTRE L'ÉCRAN → ici



= ◘ = ◘ = ◘ = 




Joël Gayraud, La Paupière Auriculaire,
Collection Domaine français

Éditions José Corti, 2018
54 pages, 19,50 €

LIEN → ICI



Éditions Corti
60, rue Monsieur-Le-Prince
75006 Paris

corti46[at]orange.fr


COMMANDE : les livres des éditions José Corti sont diffusés dans toute bonne librairie via CDE-Sodis.



◘ 



 LECTURE d'extraits de

LA PAUPIÈRE AURICULAIRE

de Joël GAYRAUD 



par Bruno LALONDE, libraire à Montréal



Librairie le Livre voyageur
Prop. Bruno Lalonde
3547 Swail, Montréal, Québec. H3T 1P5
Tél. : (514) 736-0999
Courriel : blalonde@aei.ca
Siteweb : www.bibliopolis.net/livrevoyageur



Bruno Lalonde présentant le livre 

LA PAUPIÈRE AURICULAIRE de Joël Gayraud, 
éditions José Corti






Bruno Lalonde lisant un fragment du livre :

L'exosquelette de Joël Gayraud, sa bibliothèque.


SOURCE VIDÉO : YOU TUBE → ici

DURÉE : 15mn10s

https://www.youtube.com/watch?v=SY-7HZyIYMM



Lecture captivante d'un superbe fragment de l'ouvrage de Joël Gayraud.  
I. Dalbe


◘ 


PRÉSENTATION PUBLIQUE

de l'ouvrage

par Joël GAYRAUD



5 mai 2018, 17 heures, à la Maison André Breton, place du Carol, 46330 Saint-Cirq Lapopie



Maison André Breton, Saint-Cirq-Lapopie, 5 mai 2018
© Crédit photo, Joël Gayraud


Dans ce haut lieu émouvant et exaltant du surréalisme, Joël Gayraud a présenté avec brio, à un auditoire ravi et séduit, son livre « La Paupière Auriculaire », éditions José Corti (janvier 2018).



A noter que Joël Gayraud, poète, membre du Groupe surréaliste de Paris, essayiste, a également présenté, le 5 mai en ce lieu, l'ouvrage de Pierre PEUCHMAURD Plus vivants que jamais. Journal des barricades. Préface de Joël Gayraud. Éditions Libertalia → ici




Source visuel → ici



Source : Revue américaine Peculiar mormyrid (N°6) 

Article complet → lien ici


* - *


12 mai 2018, à partir de 12 h 30, à la Halle Saint-Pierre, 2 rue Ronsard, 75018 Paris.



© Source photo : FACEBOOK HALLE SAINT-PIERRE →  ici




LIEN → ici


Succès grandement renouvelé lors de la séance de dédicace par Joël Gayraud de son livre « LA PAUPIÈRE AURICULAIRE » à la Halle Saint-Pierre abritant un musée consacré à l'art brut, l'art singulier, l'art outsider.




* *





« Harcelé par le brouillage et la cacophonie médiatiques, l’homme contemporain est menacé de surdité mentale et émotionnelle. Il a le plus grand besoin d’interposer une paupière protectrice entre son oreille et le déluge d’informations qui l’assaille. C’est seulement ainsi qu’il pourra filtrer ce qui a du sens et mérite d’être pensé. Pratiquant cette écoute sélective, l’auteur interroge, sous forme de fragments allant de l’aphorisme au petit essai, tout ce qui, au fil des jours, sollicite sa vigilance ou sa rêverie : entre autres thèmes sont abordés ici le sens du mythe, la projection utopique, les passions de l’amour, notre rapport à l’animal et à la nature, le statut de l’objet, du langage et du livre, l’expression artistique, de Corot au Street art, de Kafka à Rimbaud, non sans quelques excursus philologiques et philosophiques du côté de Spinoza, Leopardi et Levinas. Une dérive ironique et critique qui cible les impostures toujours plus nombreuses sur le marché et exalte les occasions d’émerveillement qui se dévoilent dans les interstices d’une vie menée sous le signe de la poésie. » Note de l'éditeur



~ EXTRAITS ~



Extraits ouverts par une citation :

Que seraient nos yeux sans ce qui les protège – sans
les paupières ?
Elias Canetti, Le Collier de mouches, 27


1
Une prochaine mutation de l’espèce humaine pourrait se traduire par le développement continu du tragus de l’oreille, ce petit triangle de chair protégeant déjà partiellement notre conduit auditif, et qui se transformerait au bout de quelques générations en une véritable paupière auriculaire. Plus épaisse que celle qui couvre notre œil, cette paupière serait, comme elle, rétractable à volonté, et nous permettrait de soustraire notre oreille interne aux volumes sonores excessifs auxquels nous sommes aujourd’hui toujours plus exposés. Chez les animaux, de même que chez ceux qu’on appelait encore naguère les primitifs, le bruit joue le rôle d’un signal, d’un avertisseur, indiquant le plus souvent la présence d’un danger. Voilà pourquoi l’oreille doit être maintenue sans cesse en éveil, et l’on sait que la finesse de l’ouïe est un facteur important de survie dans la lutte entre les espèces. Ceci explique l’existence d’un pavillon, parfois mobile et très développé, comme chez les ânes, susceptible de recueillir les sons les plus ténus ou lointains et de les guider à travers le conduit auditif vers le tympan, où ils seront analysés comme autant de mises en garde potentielles. […]


*

2
Pour les Iroquois le monde est né d’un rêve, et c’est à préserver ce rêve afin que le monde ne se défasse pas que l’art est consacré. Or l’art majeur, chez eux, est celui du perlage. Peut-être le lointain voyant qui a inventé cet art avait-il eu, comme les Abdéritains, la profonde intuition que la matière n’est pas une étendue continue, mais est formée d’atomes, dont il a fait des perles le symbole. Et, bien entendu, cette structure atomique, c’est en rêve qu’il l’aura conçue.


*

5
C’est avec l’aide d’une bonne oreille que l’on peut voir l’avenir. Car la vision est d’abord une écoute du temps.

*

7
C’est à Étienne Eggis, un poète excentrique et bohème aujourd’hui bien oublié, petit-neveu de Senancour, que nous devons l’un des plus jolis mots de la langue française, l’adjectif «ensoleillé». Étant donné la faible audience des recueils d’Eggis, ce mot ne serait peut-être jamais entré dans le vocabulaire de tous les jours si Théophile Gautier ne l’avait repris et définitivement imposé. Cet exemple me semble lever un coin du voile sur la formation collective des mots ou des expressions dans la langue parlée: il y a d’abord une trouvaille, due à un poète, fût-il le plus illettré des paysans, puisque toute trouvaille en matière de langage a quelque chose de poétique; ensuite, il faut que cette trouvaille rencontre au moins une oreille, qui soit elle-même sensible à la poésie qu’elle recèle; et enfin, un transmetteur – qui peut, comme dans le cas de Gautier, être le possesseur de cette même oreille – apte à reprendre avec suffisamment de conviction et d’autorité le nouveau mot ou la nouvelle expression pour parvenir à les populariser.

*

8
La dénomination courante des végétaux traduit souvent leur apparence sous forme d’une image aux résonances lyriques ou mythologiques, et leur nom savant, qu’il soit d’origine latine, grecque ou orientale, est presque toujours poétique par sa sonorité même. Si nous prenons notre dictionnaire par la fin, et cueillons dans la dernière page le très méconnu zorumbeth, nous y apprendrons que cette plante commune du nord-est de l’Inde est proche du gingembre, faisant ainsi partie de la famille des zingibéracées; et qu’à ce titre, elle est classée comme l’amome ou le curcuma dans le genre des Zédoaires. Ne sommes-nous pas déjà en partance pour l’Orient des mythes et des contes, rien qu’à entendre la musique au timbre plutôt baroque et savant des six termes de botanique énoncés dans la phrase précédente ? Mais le zorumbeth a plus d’une manière de s’annoncer: en médecine, où sa racine fleurant le camphre et le laurier a de puissantes vertus sudorifiques, on lui donne le nom aux sonorités délicieusement spleenétiques de longose; et, dans la langue populaire, il dispose de toute une panoplie d’expressions imagées – fleur de mon âme, larmes de la vierge, fleur du paradis ou gingembre coquille – qui vont comme un gant à une plante portant des grappes de fleurs semblables à celles de la glycine, mais au calice blanc nacré couronnant un cœur strié d’incarnat.


► AUTRES EXTRAITS de LA PAUPIÈRE AURICULAIRE → LIRE ICI



° ◘ °



~  Frédéric PAGÈS  ~


LE CANARD ENCHAÎNÉ 


RUBRIQUE : LA VOIE AUX CHAPITRES


LA PAUPIÈRE AURICULAIRE

Ce serait une mutation bienvenue : que le tragus, cette excroissance de chair située à l'entrée du conduit auditif, se transforme en une paupière «  rétractable à volonté », comme celle de l’œil. Protection assurée ! En attendant cet heureux jour, Joël Gayraud cisèle aphorismes et réflexions variées comme autant de filtres contre le boucan extérieur. Il s'interroge sur ces nouveaux prénoms que des parents hypermodernes déposent pour leurs enfants : « Cyanure, Facebook, Anus, @, Anal, Rolling Stones, Ikea, Lady Di », etc.

En bon lecteur de Schopenhauer, il note qu'« une vraie volonté est inconsciente d'elle-même. On ne veut vraiment que sans le vouloir ». Nos petits hommes verts avec une épée sur le côté désolent Gayraud : « Comme le montre jusqu'à l’écœurement l'histoire de l'Académie française, l'immortalité littéraire est une longue maladie. «  Qu'il se méfie de ne pas l'attraper !

Frédéric Pagès, Le Canard enchaîné, 3 janvier 2018


◘ - ◘



~ Richard BLIN ~


R E P È R E S


La Paupière auriculaire de Joël Gayraud

Pour pouvoir se soustraire au déluge sonore qui ne cesse de nous assaillir, Joël Gayraud aimerait que le tragus, ce petit triangle de chair situé à l'entrée du conduit auditif, se transformât en une paupière « rétractable à volonté », une mutation qui permettrait à tout un chacun de n'entendre que ce qui l'intéresse, à l'exemple de ce qui le requiert, lui, dans les 336 fragments – de l'aphorisme à la note plus développée – de ce livre qui fait suite à La Peau de l'ombre.

Il y est question de tout : du statut des objets, de la langue – «  la demeure mouvante de l'être », du tabou du porc, de la « puissance émerveillante d'ébranlement » de la poésie, des raisons pour lesquelles la Vierge Marie apparaît souvent amputée des deux mains dans les statuettes la représentant...

A ces thèmes se mêlent des observations ironiques sur le « rabâchage colorié de l'existant » chez Andy Wharol, la complaisance que manifestait Cioran à son égard ou les euphémismes qui font plus de mal que de bien comme d'appeler l'aveugle « non voyant », le condamnant à une double cécité « en le privant de la vision divinatoire en surcroît de la vision sensible ».

Ces sujets s'entrelacent à des réflexions sur l'oubli, la représentation graphique de l'infini, le style de Céline. S'y mêlent aussi des appels à « la contamination généralisée des âmes » face à « l'hygiène mentale » et même des mises en garde : « la barbarie ne s'annonce pas toujours sous une forme barbare. Elle peut n'apparaître d'abord que comme une régression mineure de la civilisation.» Un roboratif bonheur de penser tant, pour Joël Gayraud, la poursuite de la vérité et celle de la volupté sont « inséparables ».

Richard Blin

Source Article : Le Matricule des Anges (mensuel de la littérature contemporaine), N°191, Mars 2018 → ici



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~ MICHAEL LOWY ~


Écrire au fil de l'épée



Joël GAYRAUD, La paupière auriculaire

Ce remarquable livre est l'héritier d'une noble tradition de fragments poético-philosophiques, qui va des moralistes du Grand Siècle jusqu'aux Minima Moralia de Theodor W.Adorno, en passant par Novalis et Leopardi. Joël Gayraud (JG), poète et essayiste, est quelqu'un dont l'idéal est de "rêver au fil des jours, aimer au fil de la nuit, écrire au fil de l'épée et vivre au fil du rasoir". Un mode de vie qui nécessite sans doute cet instrument dont il est l'inventeur : l'onirolabe, un astrolabe capable de capter les rêves. Les aphorismes et fragments ici rassemblés relèvent à la fois de l'onirique, de la passion, de l'épée et du rasoir : ils constituent une dérive - au sens situationniste et surréaliste du mot - ironique et critique qui cible les impostures modernes sans renoncer à la quête du merveilleux.

Adversaire intraitable de la dictature diffuse de la marchandise et des illusions du spectacle - qui rendent "chaque jour l'air de moins en moins respirable" - JG constate que jamais la société n'a été aussi inégalitaire, mais jamais non plus on a connu un cynisme aussi outrageusement nivellateur : tout se vaut, la trahison comme la loyauté, la sottise comme l'intelligence. JG voudrait en finir avec l'oppression qui "comme l'antique Hécate, revêt trois visages qui s'appellent domination, exploitation, réification". Mais la plus grande menace pour le genre humain est celle qui résulte des ravages de la réification de la nature par le système marchand : le changement climatique, la destruction des derniers espaces vierges, l'extinction massive des espèces. Nous sommes déjà entrés dans les premières spires du labyrinthe où nous attend un Minotaure implacable, produit de la "dénaturalisation achevée de l'homme".

Partisan du matérialisme - au sens d'Epicure - Gayraud n'hésite pas à proclamer que "la poursuite de la vérité et celle de la volupté sont inséparables", puisque "l'activité spirituelle pratiquée ardemment est une activité voluptueuse". Cette volupté spirituelle est aussi, il me semble, au cœur de l'amour, qui constitue, selon notre auteur "un accroissement de l'être", un "excès ontologique" et un "débordement créateur", dont "la seule existence en actes suffit à ajouter de la beauté au monde".

L'auteur s'intéresse à Hugo, Baudelaire, Villiers de l'Isle Adam, Rimbaud, Kafka, mais aussi à Spinoza, Leopardi et Levinas. Mais il croit surtout à la poésie, comme "sens permettant de décrypter le monde" , comme "puissance émerveillante", et comme force émancipatrice : "les mains du poète libèrent les mots de la cage invisible où les emprisonne l’usage courant du langage". Une question lancinante l'angoisse toutefois: la poésie "peut-elle survivre longtemps sans promesse de révolution ?".

Voici un livre précieux, à savourer en silence, séparé par des "paupières auriculaires" de l'infernal vacarme du monde moderne...

Michael Löwy

Source Article : LE BLOG DE MICHAEL LOWY → ici


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~ ALAIN ROUSSEL  ~




Joël GAYRAUD



-Pour lecture aisée → clic sur l'article -

Alain Roussel, article in Revue Europe,
N° 1075-1076 novembre/décembre 2018 → ici

Article relayé par revue INFOSURR, N° 139, octobre-novembre 2018,
parution octobre-novembre 2019 → ici  



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Joël GAYRAUD est poète, membre du Groupe surréaliste de Paris et essayiste.

Traducteur de latin (Ovide, Érasme) et d’italien (Leopardi, Straparole, Pavese, Agamben), il publie aussi des articles critiques ou des textes poétiques dans de nombreuses revues françaises et étrangères (Europe, Critique, L’Œuf sauvage, Analogon etc.) → PLUS ICI


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R A P P E L


Chez Corti, Joël Gayraud a publié 
un autre ensemble de textes en 2004 :

La Peau de l’ombre → ARTICLE ICI


► Des extraits de «La Peau de l'ombre» ont été traduits en anglais sous le titre « The Shadow’s Skin », par S. D. Chrostowska. Article paru dans NUMERO CINQ MAGAZINE (mars 2016) → ici

► La publication de cet essai de Joël Gayraud est citée dans l'ouvrage, Kaléidoscope surréaliste, de Miguel Perez Corrales (professeur de philologie espagnole à l'université La Laguna de Ténériffe).
Des extraits de «La Peau de l'ombre» ont paru en traduction dans le numéro 15-16 de Salamandra, la revue du groupe surréaliste madrilène et dans les n°18, mai-juin 2004, n°19-20, juillet octobre 2004, n°21, novembre décembre 2004 de la revue romaine Il caffè illustrato.

►Elise Aru, artiste créant des poèmes-objets en réinvestissant et en détournant les pratiques surréalistes, a publié dans le supplément au n°37 d’En attendant Nadeau, (revue en ligne fondée par la plupart des anciens rédacteurs de la Quinzaine Littéraire) un article The Shadow’s Skin (2017) à propos de sa traduction créative et installation d’extraits en anglais de La peau de l’ombre de Joël Gayraud → ici



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