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jeudi 11 avril 2019

Laurent ALBARRACIN, RES RERVM, Éditions Arfuyen, 2018 ◘ - ◘ Notes de Lecture : Isabelle Dalbe ; Jean-Pascal Dubost ; Pierre Campion ; Julien Starck ; Alain Roussel


Couverture Jorge Camacho, Clan du feu,
© Margarita Camacho


Laurent Albarracin, RES RERVM, Éditions Arfuyen, 2018

CORRESPONDANCES : contact[at]arfuyen.com

14 € en Librairie
(via Diffusion par Sofedis)


«  Avec Res rerum, Laurent Albarracin prête à son écriture l’allure d’un petit traité d’alchimie, où se retrouvent à la fois le part pris matérialiste et un regard ésotérique, l’un et l’autre étroitement liés.

L’écriture d’Albarracin, par sa grande souplesse et sa discrète ironie, réussit comme sans effort à conjuguer les contraires et à transmette au lecteur un sentiment tout à la fois de profondeur et de légèreté. Ce faisant, Albarracin, avec une déconcertante radicalité, redonne à la poésie sa plus haute ambition d’interroger et de célébrer le réel.

[...]

Dans cette écriture, pas de facilités lyriques ni de procédés formalistes, mais simplement l’effort de rester au plus près des choses. Discipline féconde si l’on en juge par le nombre de livres qui constituent l’œuvre d’un poète publié chez de petits éditeurs, mais aussi bien chez Flammarion ou Rougerie.

Avec Res rerum, Albarracin pousse au plus loin sa quête paradoxale en la faisant entrer dans le champ de l’alchimie. Ce texte, émanant d’un prétendu « Collège de Réisophie », aurait, nous dit-on, été trouvé chez un bouquiniste spécialisé en ésotérisme : « Nous livrons simplement ce texte brut à la perplexité de tous. »

Vertigineuse méditation que celle-ci […]
Mais tout aussi bien méditation loufoque [… ]

Entre vertige et rire, l’étonnante poésie d’Albarracin.  »

Éditions Arfuyen, extrait
Texte complet → ici



◘ Isabelle DALBE ◘


LECTURE

RES RERVM

Au clair de terre

Le spectacle des broussailles basaltiques, où l'odyssée du regard a besoin d'eau, habite avec quelque chose plus intérieur au loin.

I

Si l'air rassemble au paraphe laissé dans l'air
Par le cheval de l'air fouettant l'air de sa queue d'air,
Si l'eau est bue aussitôt dans l'eau
Où elle disparaît comme épongée,
Si le feu flambe ses flammes
D'un feu flambant et embrasé,
[...]
Si le bois repousse comme une foie végétal,
Ce n'est pas pour rien
Et ce n'est pas le fruit du hasard,
De même que le fruit du hasard n'est pas fruit par hasard
Mais au contraire par événement et fructification.
[...]


Exciter ce fil conducteur et ondoyant libère le grand poème sur la rencontre. Sa pierre d'attache s'en donne à cœur joie, son fond se multipliant à tâtons sensibles :
'' S'agite/terre/de/l'antiquité/philosophique/philosophale '' pour faire voir un éclair épinglé de concrétions vertes, et être à l'heure.

Mares aux cheminées, regardées piments des tables tournantes, où la main s'amuse goguenarde.

XXIV

On confond chose
Et poursuite de la chose.
Mais c'est que la chose est bien l'hybridation
De la chose et de sa fuite éperdue
Très loin dans la chose.
La chose est un complot
De la chose et de la chose
Visant à nous camoufler la chose
Et que déjoue la chose.
Un cheval est une cabale
Lancée contre le vent.

L'esprit, pareillement squelette du survenant sans corps, dans le dérèglement de tous les sens, est de toutes marges :
Libellule de méditation sur le mouvement des lèvres aux exclamations.

Os de passe des hologrammes et voici, plusieurs fois, l'immensité élastique des histoires ''êtrâtrales'' maniées aux fourches de palmes.

XXXI

Nous entendons l'être
Comme un écartèlement.
Comme un gouffre soudain et calme
Au milieu des choses où les choses s'engouffrent.
L'être est un foyer au cœur de ce qui est.
Où brûlent les branchages de l'être.
L'être est un creuset, une cornue
Où s'accomplit en latence ce qui s'accomplit.
Nous entendons l'être comme un âtre de lait


« Tout est possible » est sûr à la nidation par le sentier de la hanche à sphères vers la Lune.

LXII

Chaque étoile est l'impact de la nuit dans la nuit.
Chaque étoile est la fronce de la nuit perforant la nuit.
Le « chaque » de chaque étoile est le bruit de la voile
De la nuit faseyant dans la nuit.
Nous entendons « chaque » étoile comme un chance
qui claque
Et chaque île comme une hiloire pour s'embarquer
Dans la nuit.

Tailleur-calque des accolades tapies dans l'espace voyant, le poète Albarracin perce le langage des signes de ce Grand Pendule Communicant. L'engrangeant, l'auteur fait craquer les barreaux des robes, rostres, rôles des choses, par retouches transmigrées, pour l'Advenu arpenteur.


XXXII

La fleur est ce vase tout en col
Parce qu'elle est toute son offrande.
Ce qui dresse la fleur est un don pur.
Elle est le recueillement du geste de s'offrir.
Elle explose le cueillir, fait bouquet
De sa seule tige préhensible.
[...]
C'est dans les fleurs qu'on fait les meilleures pierres,
Les pierres les plus subtiles et volatiles,
Les pierres qui s'élaborent
Au vase du don absolu
De la chose.

La Langue albarracienne, interminablement étincelle, répète une image à giorno.  

© Isabelle Dalbe


◘  Jean-Pascal Dubost  ◘



Le poète ne vient pas d’ex nihilo, et avec cet opus de faux alchimiste, Laurent Albarracin inscrit le titre dans la pierre ancienne, dans le temps et en droite lignée de la poésie didactique du De Natura Rerum de Lucrèce, mais ironiquement, et invite à une lecture d’un contr’ars poetica des plus spirituels. « Car c’est un système qui comprend et le ciel et les dieux que je prétends t’exposer ; ce sont les principes des choses que je vais te découvrir ; je te dirai de quoi la nature les crée, les entretient, les nourrit ; à quoi, après leur dissolution, la nature les ramène ; et je désignerai ces éléments par les noms de matière, de corps générateurs, de semences des choses, les appelant aussi corps premiers, parce qu’en eux tout a son origine », écrivait le poète latin : RES RERVM est un contr’ars poetica parce qu’en contraste avec la fureur divine exposée dans la plupart des traités de poétique antiques. […]

La chose, au contraire de Francis Ponge, matérialiste aussi pourtant, de qui il faut cependant se garder de rapprocher Laurent Albarracin, la chose n’est pas disséquée de l’extérieur, mais pénétrée grammaticalement en son cœur comme Gertrud Stein (dont le tournevis syntaxique a enfoncé sa vis dans la pensée du poète) le faisait savamment, car une chose est une chose est une chose… vrillant la signification pour aller au cœur du sens ; et tout le ci-livre ne dit que cela. C’est ainsi que le génitif latin du titre suggère à regarder la chose des choses, assavoir, par un des plus subtils effets paronomastiques, la cause des choses, et de cette manière, à regarder la phrase et comment la phrase s’emboîtant dans la phrase, ou un membre de phrase dans un autre membre de phrase, comment la phrase pénètre la chose jusqu’à sa cause, qui est le sens, c’est-à-dire son origine […]

Laurent Albarracin use en effet d’un ingénieux système rhétorique pour nous convaincre que la chose nous échappe constamment. Un bel oxymore en zeugme dès le premier poème éveille un soupçon baroque, « Les choses se reflètent exactement/Par baroquisme plat et fiévreuse austérité » ; nous voici devant un art baroque qui file en frise tout le long de l’ouvrage et sous-entend que tout cela n’est que fumée sans feu :

« Il n’y a pas de fumée sans
Que cuise sous elle le feu de ce qui n’est pas. »

Le sourire suscité par l’enjambement de ce distique au-dessus de l’image de la fumée est l’indice d’un humour qu’on pourrait qualifier de baroque en ce sens où l’abondance discrète (oxymore !) des figures de style constitue un réseau de pirouettes guillerettes destiné à alléger le didactisme du propos, qui part ainsi en fumée (la fumée est un grand topos de l’image baroque, et lire De l’image sera fort instructif de l’art poétique de Laurent Albarracin, quand bien même il ne revendique l’héritage baroque). […]
Mais citons :

Tautologique, l’œuvre d’Albarracin ? Il s’en réclame (« La tautologie est selon moi le sommet caché, impossible, de la poésie. Par elle, on voit que « les choses sont ce qu’elles sont » et que cela n’est pas rien. Par elle, on voit que les choses sont valables aussi pour elles-mêmes »). La tautologie répétitive, telle que la pratique Laurent Albarracin, est démonstrative, de l’ordre de la captatio, pas forcément bénévolente. Mais si le verbe « être » est générateur et porteur de tautologie, il n’empêche que le poète, toujours en mouvement autocritique (« Mais questionner la question n’est-ce pas mieux encore la poser ? »), s’amuse de sa propre entreprise rhétorique : « Parce qu’elle et même, soi et s’étant,/La chose et cette chose qui fait la chose », transformant le verbe « être », par homonymie, en coordonnant recherchant une meilleure alliance des choses incertaines entre elles.

Et si les choses sont ce qu’elles sont, tout n’est qu’apparence, car dans le schéma rhétorique que construit le poète, qui repose sur le tout et son contraire, l’argument et l’épuisement de l’argument C’est parce qu’il y a une faille en elle /Qu’elle est soudée à elle /Parce qu’il y a du vide dans la chose /Que la chose tombe dans son plein »), le livre, en déconstruisant poème après poème l’idée commune et fataliste que les choses sont ce qu’elles sont, conduit néanmoins vers celle que les choses ne sont pas ce qu’elles sont ; voyons-y aussi une pseudo-tautologie destinée à consolider l’activité d’ironie facétieuse du poète, mais aussi à exprimer son doute, et la vastitude de son inconnaissance. Ça fonctionne ici comme « une arabesque littérale et vivante et un obscur ornement ».

Il y a, dans le travail de Laurent Albarracin, un vaste mouvement critique et savant, discret et humble, qui démarre de la philosophie scientifique d’Aristote et du didactisme lucrécien, est relayé par un encyclopédisme didascalique trempé dans la poésie cosmologique (mais sceptique) de la Renaissance (Maurice Scève, Microcosme, ou de Du Bartas, La Sepmaine), et par toute une pensée philosophique de la connaissance, et du doute (Montaigne), ainsi que par une critique contre-pongienne ; il y a un embrassement littéraire d’une grande largeur (en effet, au fondement de sa poésie, est une immense bibliothèque, dans chaque vers bouge une étagère de livres).

Mais le contr’ars poetica du poète est par retournement de situation, évidemment, un art poétique moderne, qui puise dans la notion de mésocosme sa « quête réisophale » :

La chose est un mésocosme.
Un être intermédiaire entre l’homme et le monde.
La chose est faite à l’image de l’imagination.
La chose est au confluent des deux sources
Que sont l’homme et le monde.
Car l’imagination s’écoule aussi bien
De l’homme vers le monde que du monde vers l’homme.
C’est la chose qui est réceptacle de ce double mouvement. […]

© Jean-Pascal Dubost, 
extraits d’un article sur Res rerum → ici 
paru dans Poezibao en juillet 2018


 ◘  Pierre Campion  ◘



Un moment décisif dans une œuvre

[…] L’audace du titre place le recueil sous l’invocation de Lucrèce, mais pour contredire le De natura rerum : oui à une poésie résolument philosophique, mais qui se refuserait à pénétrer les choses dans l’intimité de quelque constitution atomistique et à supposer l’idée d’une nature qui serait la loi du monde et la nôtre. Non : ici, à travers le paradigme grammatical du mot latin, il est question de la chose des choses ou bien des choses (nominatif pluriel) des choses (génitif pluriel), c’est-à-dire de la chose de chaque chose, à l’exclusion de toute notion générale. Ici, la chose n’est pas l’objet d’un discours (de re rerum) mais le sujet provocant, le héros épars, d’une épopée lyrique.

Au point où nous en sommes, il vaut mieux citer l’un des poèmes, où éclate le caractère ensemble philosophique et poétique de la recherche, dans un vertige de tautologies métaphysiques, le poème LXIII (sur soixante-quatre) :

La vérité que nous cherchons dans la chose
N’est rien d’autre que la vérité de la chose.
La vérité de la chose n’est pas à extraire de la chose.
Elle est le domaine de la chose
Et elle est la chose de la chose.
La chose de la chose est sa vérité
Comme le vrai est la vérité du vrai.
La Réisophie ne dit pas la vérité de la chose,
Elle dit la vérité du vrai
Et elle sait que seule la chose sait
La chose de la chose.
C’est parce que nous abandonnons
Les choses à leur chose
Que nous disons la vérité.

Si la philosophie se définit bien, depuis les Grecs et la romanité, comme la recherche de la vérité, il lui faut formuler la vérité de la vérité. Ne nous y trompons pas. Sous les apparences d’un jeu sur les mots, Albarracin soutient une expérience originelle et constamment méditée par lui, en de nombreux recueils : les choses nous présentent et nous opposent — présentent et opposent à toute pensée — leur évidence et leur caractère irréductible, leur obscurité et leur défi, leur vérité, à laquelle nous ne cessons d’opposer un désir de compréhension, une volonté de discours, un désir de maîtrise, les uns et les autres immédiatement et définitivement déçus.

Les choses ne s’analysent pas, elles ne se déduisent pas ; elles ne se décrivent pas, elles ne s’évoquent pas ; elles ne se représentent pas, elles ne se contemplent pas, elles ne se pensent pas. Malgré l’attention passionnée qu’ils ont tous portée aux choses elles-mêmes, on n’est ni dans Descartes, ni dans les phénoménologues, ni dans Hegel (malgré « Il y a une question au sein de la réponse/ Et une réponse au sein de la question », LXIV), ni dans Clément Rosset, ni dans Lucrèce, ni même dans Ponge… Des échos, des signaux venus de partout, mais diffractés et réfractés par une source puissante. En quelque sorte, Albarracin rend hommage à tous, mais il trace son chemin à lui, depuis longtemps, audacieusement. Lequel ?

En vérité, les choses ne supportent que la redite, inépuisable et variée. Entendons : elles en appellent à l’une des figures de la poétique, nommée, répertoriée, et quelque peu méprisée, bannie dès nos jeunes études, la tautologie. Redire, en tournant autour, tel est le mouvement perpétuel de la poétique selon Albarracin : ainsi sera rendue et justifiée, chantée et louée, la dynamique qui, dans la chose elle-même, porte la chose à n’être qu’elle-même, par force, tension, épreuve de soi-même (IV) :

L’être étant l’acte par lequel la chose se décrète,
Il lui est certes assez facile de se correspondre
Et d’être harmonieusement couplée à la chose.
Il n’empêche
Que la génération spontanée de cette correspondance
Est une réussite qui tient du miracle sans cesse renouvelé
Et de la gageure absolue […].

Si la métaphore est proscrite telle qu’elle serait laissée à la liberté de ses distractions, excursions et errances — de ses équivalences arbitraires —, eh bien pourtant elle peut proliférer du moment qu’elle est solidement tenue dans et par la tautologie[1] (XLII) :

En vérité, contrairement à ce que l’on pourrait croire,
L’opération réisophique que nous menons sur les choses
Ne vise pas à les resymboliser mais bien à les dé-symboliser.
Car le monde fut brisé le jour où l’on rompit les choses en deux
Tessons conjoignables pour en faire des signes d’appartenance […]

Perdu les signes d’appartenance entre les choses et entre elles et nous… Alors, les métaphores peuvent s’ébrouer, sous la surveillance de la tautologie (XVIII) […] Elles peuvent aussi foisonner pour dire, à leur manière d’impuissance éloquente, l’impossibilité de cerner la chose des choses autrement que par variations sur les expressions (XLI, sur un cygne non mallarméen) […]

L’ironie met à distance telle méditation métaphysique célèbre, mais sans faire à Descartes l’injure d’une leçon, simplement en déplaçant l’attention de l’expérimentateur, du morceau de cire vers la flamme dont on le chauffe (XXXVII) […] Mais surtout l’ironie s’exerce à l’égard des choses mêmes par la distance qu’elle porte à leur égard dans les images, par l’air de ne pas y toucher, mais aussi par la critique qu’elle porte à l’égard de la tentative poétique (XLIII)…

Le rire borde les choses d’une toute petite rivière
Où s’en va l’écorce des reflets, le tain des écorchures.
Au bord des choses cette toute petite rivière
Mélange allègrement les poissons et les hameçons.

Mais justement, et comme partout où il y a ironie, une profonde parenté — une ambiguïté constitutive, une complicité cachée et périlleuse — se déclare au sein d’elle-même, entre la parole de la critique et la parole critiquée, ici entre le mouvement des choses à être et l’effort de la poésie à le mimer, entre les choses et la tautologie des choses (XIV) :

Qu’est-ce qui dans la chose est à l’image de l’imagination humaine ?
C’est son être,
Son être qui est chez elle la faculté qu’elle a de s’imaginer,
Et de s’imaginer précisément telle qu’elle est, de s’imaginer telle qu’elle est !
[…]
Comme si chaque chose s’éveillait dans la peau d’elle-même en étant,
Toujours et sans cesse elle-même et sans cesser de s’éveiller,
D’ouvrir des yeux ronds sur le monde intact et perpétuel.
L’être de la chose est comme l’imagination de l’homme.

On l’a bien lu : le mouvement de la chose à être la chose est un effort d’invention de soi-même et non pas de conformation à quelque nature. Aussi l’ordre institué par ce décret-là confère-t-il le gouvernement des choses muettes à la parole poétique, un ordre à réitérer sans cesse contre la précarité essentielle de ce pouvoir, mais aussi au prix évidemment d’une coupure, reconnue dans l’homme cette fois, laquelle fait qu’il a à être lui aussi, à grand effort : par le travail à s’accomplir poétiquement et humainement, en tant que lui-même appartient au monde des choses — et c’est la dimension morale de cette philosophie.

Telle est la grandeur de la poésie, d’avoir à décréter et ce qui est et ce qu’elle est, en tant que l’un et l’autre s’inventent. Dès lors, aussi secret à lui-même et aux autres humains, l’homme, aussi étranger à lui-même et à tous, et sans doute aussi dangereux que fascinant, aussi bête que toute chose : mais, au point où nous voilà, c’est à Flaubert qu’il faudrait peut-être penser, qui nous fait entrer dans l’ordre de la tragédie — laquelle demande à se raconter, dans l’étendue temporelle d’un devenir d’anéantissement et de réalisation […]

© Pierre Campion, 
extraits d’un article sur Res rerum 
paru dans À la littérature en juin 2018.
Article complet → ici

◘  Julien STARCK  ◘



Julien Starck a proposé à Poezibao une véritable petite étude sur le travail de Laurent Albarracin et en particulier sur son livre Res Rerum, dont il fait une lecture croisée avec les textes de poétique de l’auteur, intitulés De l’image.
           
           [...]

           [...]
© Julien Starck, extrait

Illustration : Figure des Gémeaux, 
Bréviaire de Châteauroux, Xvè Siècle

(Faire un clic sur le texte pour lecture plus aisée)

Texte complet (en téléchargement) dans Poezibao
Site animé par Florence Trocmé → ici



◘ Alain Roussel ◘



Laurent ALBARRACIN : Res rerum




Note de lecture d'Alain Roussel à propos de 
Res rerum de Laurent Albarracin

in REVUE EUROPE 
(Revue littéraire mensuelle à diffusion internationale)

N° 1077-1078 / Janvier-Février 2019 → lien ici



₪   ₪ 


   Laurent ALBARRACIN  


↓ Poète  ↓


« Laurent Albarracin n'en a jamais fini avec la chose des choses : avec l'épaisseur de leur épaisseur, avec l'évidence de leur évidence, avec l'immanence de leur mouvement. Il tourne autour d'elle, il la provoque et il la pique, il la promène en la tenant court à la longe, jusqu'à ce que, après un bref tour de piste, il la reprenne sous d'autres espèces et pour peu de temps. Deux figures principales dans son manège, en apparence incompatibles : la métaphore qui déporte telle chose vers autre chose et la tautologie qui boucle la chose sur elle-même à simple, double ou même triple tour (. . . ) »
Pierre Campion

*

L'œuvre de ce grand poète s'étoffe régulièrement depuis sa première publication en 1998 (Les jardins nucléaires, L’Air de l’eau) suivie de parutions chez : Atelier de l’Agneau, Le feu brûle → ici ; L’Attente, De l’image → ici ; Simili Sky, Cartes sur l’eau → ici ; le Corridor bleu, Le Verre de l'eau et autres poèmes, 2008 → ici  et Le Grand Chosier, 2015 → ici ; Dernier Télégramme, Explication de la lumière, 2010 → ici  et  Herbe pour herbe, 2014 → ici ; Flammarion, Le Secret secret → iciici ; L’Oie de Cravan, Résolutions → ici) ; Rougerie, Le Ruisseau, l'éclair, 2013 → ici  et  Cela, 2016 → ici ; Le Grand Os, Le Citron métabolique → ici  &  ici ; Éditions des Deux Corps, Les Oiseaux avec photomontages de Maëlle de Coux → ici ; Éditions Al Manar, Fabulaux, avec des dessins de Diane de Bournazel → ici ; Pierre Mainard éditeur, Le Déluge ambigu, frontispice de Jean-Pierre Paraggio, 2014 → ici  &  ici   et  Plein vent -111 haïkus-, 2017 → ici ; Circa, Mon étoile terreuse, avec des dessins de Jean-Gilles Badaire → ici ; Recoins, La Revanche des possibles, avec des dessins d'Emmanuel Boussuge → ici ; Le Réalgar, À, avec des images de Jean-Pierre Paraggio → ici ; L'Herbe qui tremble, Broussailles, avec des peintures d'Aaron Clarke → ici ; Arfuyen, RES RERVUM.

Le 13 octobre 2012, à Saint-Malo, Laurent Albarracin a reçu le prix Georges Perros des Rencontres poétiques internationales de Bretagne, pour son livre Le Secret secret (Flammarion).

Il est l'auteur de deux anthologies, parus aux Éditions des Vanneaux - Collection Présence de la poésie -, concernant deux poètes majeurs :
• Louis-François Delisse (parution 2009) → article ici

• Pierre Peuchmaurd (parution 2011), l'un de nos plus grands poètes français actuels → article ici



↓ Critique poétique ↓


Laurent Albarracin collabore au site Poezibao (dédié à l'actualité éditoriale de la poésie, animé par Florence Trocmé) et tient l'excellente chronique « IMAGES DE LA POÉSIE » sur le site de Pierre Campion → ici


↓ Animateur
de la Revue CATASTROPHES ↓


Revue mensuelle d’écritures sérielles : de création et de traduction, créée en 2017, qu'il anime avec Guillaume Condello et Pierre Vinclair.

« […] l’humour n’est pas absent, comme un clin d’œil aux sacro-saintes « séries » télévisées. [...] Alors série oblige, il y a bien sûr des « feuilletons » (Anne-Marie Beeckman, Ivar Ch'Vavar et Pierre Lenchepé, Olivier Domerg, Marie de Quatrebarbes et d’autres, [...] ) ; il y a aussi Les Célibataires, des poèmes et des proses, une anthologie de la poésie française inédite ; une belle section traductions, avec pour l’instant quatre langues traduites, anglais, chinois, espagnol, italien ; une section consacrée à la poésie contemporaine de Singapour ; une section Sonnets ; un espace critique ; et un espace théorique. Autrement dit une revue très complète, très bien éditée et mise en page (photos remarquables). […] »

Florence Trocmé, 31 octobre 2018
Site Poezibao → ici


► ACTUALITÉ : Revue CATASTROPHES N° 15, FÉVRIER 2019 ; N°16, MARS 2019 ; N°17, AVRIL 2019 → Article ici

► Le poème héroï-comique « Le Château qui flottait », de L. Albarracin, a paru en 14 feuilletons, soit dans les N° 3 (début du poème ''Le vestibule'' → ici) à N°16 (fin du poème ''La Fontaine'' → ici  et ici).

CONTACT : revuecatastrophe[at]gmail.com

SITE REVUE CATASTROPHES → ici



↓ Éditeur du Cadran ligné ↓


« En 2009, Laurent Albarracin avait choisi le terme de «collection de poésie» pour parler de son aventure éditoriale Le Cadran ligné située à Saint Clément en Corrèze. Aujourd’hui, la maison d’édition compte trois collections : Livres courants, Livres «d’un seul poème», Hors collection. […] La très grande sensibilité de Laurent Albarracin, lui‐même poète, nous offre à découvrir des écrivains merveilleux tels Boris Wolowiec, Ana Tot, Werner Lambersy, Éric Chevillard, Anne-Marie Beeckman, Jean-Paul Michel, Jacques Abeille, Pierre Bergounioux, Matthieu Messagier, pour ne citer qu’eux, et cela dans des formats bien imaginés. […] »

Laurine Rousselet, 15 janvier 2019,
entretien avec Laurent Albarracin
paru dans L’Actualité, la revue de la Nouvelle-Aquitaine 
entretien complet


~ AU CATALOGUE ~

◘ Livres «d’un seul poème». 75 poèmes de 75 auteurs différents.
Tous les titres sont encore disponibles → ici
◘ Livre «hors‐collection» : Trait fragile de Pierre Bergounioux (écrivain) et de Jean‐Pierre Bréchet (peintre). → ici
◘ Collection de livres courants → ici
Auteurs : Pierre BERGOUNIOUX et Pierre MICHON, Esthétique du machinisme agricole suivi de Petit danseur, avec un cahier photos de 16 pages ; Christian DUCOS, Dans l’indifférence de l’arbre ; François JACQMIN, Traité de la poussière ; Alain ROUSSEL, Un soupçon de présence ; Ana TOT, méca ; Boris WOLOWIEC, Nuages (2014)  et  Gestes (2017).


*

~ P A R U T I O N S ~

08 AVRIL 2019

DANS LA COLLECTION LIVRES COURANTS

ANNONCE → ici

☛ Plic ! Ploc ! de Christian DUCOS, recueil de haïkus, Préface et encres de l’auteur. 14 €

☛ Bleigiessen : la vision par le plomb de Sylvain TANQUEREL et Katrin BACKES. 14 €

☛ Ode au paillasson d’Eugène SAVITZKAYA. 14 €

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