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BLOG ART et POESIE : OÙ VA ÉCRIRE ? — POETE — © APPAIRAGES ART

lundi 29 avril 2019

PIERRE PEUCHMAURD (1948-2009) en AVRIL 2019 : toujours immanquablement présent sur la scène de la poésie française depuis 1968

~ ILLUSTRATIONS DE CET ARTICLE :
source internet ~


« Le présent de l'éternité, voilà un joli temps à conjuguer »
Pierre Peuchmaurd, in Le Moineau par les cornes
Pierre Mainard Éditeur



Anthologie Pierre PEUCHMAURD
par Laurent Albarracin, Éditions des Vanneaux,
Collection "Présence de la poésie", 2011.
Couverture : Pierre Peuchmaurd 
 © Photo Antoine Peuchmaurd

*

« J'ai deux profils de songe, ne me regardez pas » 
P. Peuchmaurd,
in Fatigues, aphorismes complets, illustré par Jean Terrossian,
L'Oie de Cravan, Montréal, 2014.




PETIT APERÇU

DU PAYSAGE ÉDITORIAL

de Pierre PEUCHMAURD

depuis 1968...

© Paul Octavious


Pierre Peuchmaurd dont l'écriture « déploie avec concision, grâce, sensualité et violence », est présent sur la scène de la poésie française depuis 1968.
Marc Blanchet – Le Matricule des Anges, juin 2004

Et depuis 2009, ses écrits, dont des inédits, continuent d'être régulièrement publiés & attendus par ses lecteurs et un lectorat de plus en plus étoffé et conquis. I. Dalbe


⋐   L'Oie de Cravan  ⋑


Soirée en hommage
à Pierre Peuchmaurd
(26 juillet 1948 – 12 avril 2009)



Pierre Peuchmaurd et Zig, 2006.  
Source photo © L'Oie de Cravan

Le 12 avril 2019, l'éditeur L'Oie de Cravan a organisé à Montréal, une soirée en hommage à Pierre Peuchmaurd avec le lancement de :
Les cordes de patience, recueil inédit du poète, écrit en 2006.
◈ Voyant-la-vue, livre de Anne-Marie Beeckman qui fut sa compagne.



Pierre Peuchmaurd, Les cordes de patience
L'Oie de Cravan, avril 2019

« Belles éclaircies sur la mer Noire, beaux égorgés, poissons sans tête. Cheval doré de boue, le printemps va de pierre en pierre jusqu’à la corde au bout du monde. »
 in Les Cordes de patience


« Le 12 avril 2019, il y aura dix ans que Pierre Peuchmaurd sera mort. C'était un ami, un père en poésie ; il demeure de bien des façons au cœur du projet éditorial de L'Oie de Cravan. » 
L'Oie de Cravan, 08/04/2019
Hommage → ici

*

Hommage le 12 avril 2019 (20h à 23h) à Pierre Peuchmaurd et lecture de sa poésie à la librairie Le Port de tête, 269 avenue du Mont-Royal Est, Montréal, Canada. 


Source photo : cravenex
Livres de Pierre Peuchmaurd
Parfaits dommages & autres achèvements, 2007
L'année dernière à Cazillac, 2010  ;
Fatigues, 2014 ;  
Les cordes de patience, 2019. 
~ ~
Livres de Anne-Marie Beeckman :
Serviteurs, les princesses !, 2014 ;
Voyant-la-vue2019. 

L'Oie de Cravan éditeur → ici




A   N O T E R 

☛ PRÉSENTATION des livres Les Cordes de patience de P. Peuchmaurd et Voyant-la-vue de A-M Beeckman, avec d'autres ouvrages du fonds,  AU 37E MARCHÉ POÉSIE PARIS, PLACE SAINT SULPICE, du 5 au 9 JUIN 2019, où L'OIE de CRAVAN ÉDITEUR sera présent ⇛ STAND 608.



⋐  Pierre Mainard Éditeur  ⋑


12 AVRIL 2019 PIERRE PEUCHMAURD DEMEURE…

P A R U T I O N   A U T O M N E    2 0 1 9

Pierre PEUCHMAURD, 
LE SECRET DE MA JEUNESSE
suivi de LES JOURS DE RANGEMENT

Poème extrait de Le Secret de ma Jeunesse 
suivi de Les Jours de rangement,
collage de Jean-Pierre Paraggio
© Pierre Mainard  ici


A   N O T E R

☛ PRÉSENTATION des livres dont GIROFLÉES (2018) de Pierre Peuchmaurd, avec d'autres ouvrages du fonds, AU 37E MARCHÉ POÉSIE PARIS, PLACE SAINT SULPICE, du 5 au 9 JUIN 2019, où PIERRE MAINARD ÉDITEUR sera présent ⇛ STAND 608.




⋐  Soapbox  ⋑


Des poèmes, textes, aphorismes de Pierre Peuchmaurd, notes sur l'œuvre de ce poète sont régulièrement présentés dans SOAPBOX, au fil de la diffusion, sur le site « LES MINUTES DE L'UMBO », de ce feuillet électronique de l'umbo (à télécharger), animé par Jean-Pierre Paraggio. ici


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L'oeuvre dense de Pierre Peuchmaurd a été publiée par de nombreux éditeurs : Robert Laffont ; Seghers ; Pierre Bordas et Fils ; Éditions Maintenant ; Commune mesure ; Collection 13 ; Toril ; Le Melog ; Collection Inactualité de l'orage ; Bibliothèque de l'amateur ; Périscope ; Le Castor astral / Même et Autre ; Privat ; Camouflage ; Arabie-sur-Seine ; Le dé bleu ; Ironie Shakespeare Éditeur ; L'Allée simple ; Encres vives ; Myrddin ; Haldernablou ; Éditions du Rewidiage ; Fata Morgana ; L'embellie roturière ; L'Éther vague / Patrice Thierry ; Wigwam ; Éditions du Laquet ; La maison de verre ; Atelier de l'Agneau ; L'Air de l'eau ; Collection Risques et périls ; Cadex ; La Morale Merveilleuse ; Panorama ; L'Escampette ; Les éditions de surcroît ; Simili Sky ; Les Loups sont fâchés ; Le Cadran ligné ; Collection de l'umbo ; Libertalia ; L'Oie de Cravan ; Pierre Mainard.

Tous les Ouvrages référencés (et biographie) → ici


■  ♦  ■ 


▓ DOSSIER Pierre PEUCHMAURD par Isabelle Dalbe : son Actualité éditoriale, Février 2018 [Pierre Peuchmaurd : source photo © blog Anne Marbrun]. 
«  Je ne me suis jamais connu autrement que séduit, épris, aimant, ou dans le vide, l'effondrement de ça, mais c'est pareil. Le résultat est qu'à cinquante ans, ma poésie toujours aussi peu soucieuse des grandes questions existentielles ou métaphysiques (à la notable exception de la mort, mais ça...) est toujours une poésie amoureuse. Érotisée plus qu'érotique, puisque c'est le monde entier qu'érotise le regard amoureux. Et parfaitement mélancolique, mais ça va sans dire, puisque si le temps est matière de la poésie, la chair est matière du temps. [...] »
Pierre Peuchmaurd,
Entretien avec Olivier Hobé, Quimper et Poésie, N°24,
Octobre 2000 

D O S S I E R → ici

*
L'Année dernière à Cazillac / Last Year in Cazillac traduit en anglais par Benoît Chaput, L'Oie de Cravan, Collection Le fer & sa rouille, Montréal, 2010. → ici
Un récit en prose, autoportrait unique en son genre chez Pierre Peuchmaurd.
« [...] Dans un vieil abreuvoir empli d'eau, il a placé un canard en plastique, un leurre. Cet hiver, le canard est pris par la glace. Il éprouve physiquement la pression de la glace sur le canard. Physiquement et moralement. D'une manière générale, il éprouve beaucoup. Un leurre lui semble une bonne chose pour éprouver. » p. 8/9

*
Pierre Peuchmaurd et l'ombre de son chien Zig © Photographie Antoine Peuchmaurd, 2008 pour la couverture de :
Fatigues, aphorismes complets (rassemble À l'usage de Delphine, 1999 ; L'Immaculée déception, 2002 ; Le Moineau par les cornes, 2007 et un inédit : La Position du pissenlit), illustré par Jean Terrossian, L'Oie de Cravan, Montréal, 2014.  ici
« Leurs égo me sont égal » p. 104  
« Le ciel entre les bois du cerf » p.196
« Ce qu'on écrit, si on nous le payait, ce serait du travail et alors on nous foutrait la paix. » p. 189

*
▓ Pierre Peuchmaurd, [source photo © : Blog Anne Marbrun].

« et sur l'horizon espaces des définitions / se pose le grand oiseau avec un cri. » 
Philippe Soupault, HORIZON p.75, 
Phrase citée par P. Peuchmaurd 
in Encyclopédie Cyclothymique, Cadex éditions, 2000.

A l'origine de cette encyclopédie, est un projet du groupe surréaliste au début des années 1970, que Pierre Peuchmaurd a mené seul, trente années durant. Vingt-six mots choisis (dont celui d'horizon) ont abouti à réunir 1.000 citations de 450 auteurs.




₪ Laurent Albarracin, Pierre Peuchmaurd, collection "Présence de la poésie", Éditions des Vanneaux, 2011. → ici
«  […] magnifique ouvrage pour qui veut découvrir l'univers poétique de Pierre Peuchmaurd. La présentation, le choix des textes, les entretiens et les témoignages, soulignent à juste titre l'importance de ce poète prématurément disparu en avril 2009. Les poèmes sont donnés dans l'ordre chronologique de leur parution en livres ou plaquettes. Cela permet de suivre une trajectoire ou des traces d'incendie – lui qui n'a jamais compté l'or et le temps – où sera privilégiée la foudre plutôt que le lendemain de foudre. […] »
Christian Viguié ici, (18/06/11)
*
Le Jeudi de l'Ascension, Série Passage du Sud-Ouest, Collection de l'umbo, 2014. → ici
« [...] Dans tes yeux savanes passent des mers étonnées et tu ouvres la porte et il n'entre personne. [...] / [...] Je regardais tes yeux roses, devant la mer d'Oman. »

*
▓ Pierre Peuchmaurd devant le panneau signalétique ''RUE ANDRÉ BRETON''. 
© photo Antoine Peuchmaurd → site Antoine Peuchmaurd
Pierre Peuchmaurd découvre la poésie très tôt et écrit ses premiers poèmes dès l'âge de treize ans. Il lit d'abord Lorca, Cendrars, puis Nerval, la grammaire de Port-Royal, mais surtout Breton, Kafka, Lewis Carroll, et est profondément marqué par deux textes, Nadja et Les Filles du feu.

« Contrairement à beaucoup de mes amis, je n'ai jamais été ébloui par les baisemains de Breton. J'aurais aimé que l'on me garantisse la part d'ironie qui y entrait, et cela, personne ne l'a jamais pu. » 
Le pied à l'encrier, p. 80, 
Les loups sont fâchés Éditeur, 2009. (cf ci-après)




Loin de Lisbonne, illustré par Georges-Henri Morin, Collection de l'Umbo, 2013. → ici
« [...] Le poivre le sel sont des sentiments / Et même écrire en t'attendant […] Les nuits claires / on va voir les chevaux à l'aéroport / On leur caresse le visage / et on attend qu'ils brillent […] Les rêves par grappes / Un fort claquement de cuisses dans la chambre du fond [...] ».

*
▓ VITRINE TROPIQUE, Saint-Etienne (Loire), présentant en mars 2009, Scintillants squelettes de rosée, Éditions Simili Sky (cf ci-après). [Toile « Opercule » d'Agnès Mariller ] → ici

« Je me soucie peu de la diffusion de mes livres, mais j'ai du plaisir à savoir qu'ils sont dans telle maison, dans telle ville. »
in Le Moineau par les cornes, p. 62, Aphorismes, 
illustré par Jean Terrossian, Pierre Mainard, 2007.

*
Le pied à l'encrier, Les loups sont fâchés Éditeur, 2009. (Un des quarante exemplaires tirés sur Arches enrichis d'une photographie -vue partielle- d'Antoine Peuchmaurd, signée et numérotée). → ici
Ce recueil inédit regroupe les notes prises par l'auteur pendant quatre ans à la lecture de tel classique, de tel poète, mais aussi des articles de presse, des caquetages médiatiques, du temps qu'il fait et du temps qui passe. Avec une hyper-subjectivité parfaitement à rebours des modes actuelles, il nous enseigne comment parler des livres qu'on a lus.

« Non seulement les Français ne lisent pas leur poésie, mais encore ils s'imaginent que leur poésie est la seule au monde. Il faudrait être fou pour dépenser plus. »




Scintillants squelettes de rosée, couverture : © photo Antoine Peuchmaurd, Simili Sky, 2007. → ici
« Poussière du livre de jeunesse / poussière des mares et des juments / Un os d'or brille encore entres les longues lunes d'herbe / un os d'or dans le vent cogne aux vitres sanglantes / Un os d'or dans son oeuf » p. 17
*

▓ Pierre Peuchmaurd © photo Antoine Peuchmaurd.

« Ce n'est pas tout que de pouvoir ouvrir des livres : il faut qu'un livre vous ouvre. » 
P. Peuchmaurd lors d'un entretien avec Olivier Hobé, 
 Quimper est poésie, été 2000, 
cité par Laurent Albarracin, 
Pierre Peuchmaurd, 
Éditions des Vanneaux, 2011, p. 224.




☛ Pierre Peuchmaurd, témoin élégant, L'Oie de Cravan, Montréal, 2007.
Une lecture des poèmes de Pierre Peuchmaurd par Laurent Albarracin, poète. 

ici  et  ici

«  […] il faut noter combien la poésie de Peuchmaurd est une poésie de l'évidence, du moment de grâce où le monde apparaît en son éclat douloureux et joyeux, avide. Il faut dire aussi combien elle est une poésie facile, accessible d'emblée (comme ce qui est vu est donné d'emblée et violemment au poète) ; c'est assez rare dans le paysage de la poésie contemporaine pour être apprécié. Par facile j'entends qu'elle est simple (ce qui ne veut pas dire qu'elle ne soit pas profonde), qu'elle n'est pas obscure et surtout qu'elle n'est pas une poésie de l'astreinte, de l'effort, de la volonté, mais une poésie du moment d'inspiration. Elle ne rend pas compte d'une démarche — mot d'artiste — elle dit ce qui se donne immédiatement. Elle ne construit pas, il lui suffit de voir. Loin du cramponnement à un vouloir dire, on a affaire à une poétique du lâcher prise, de la présence soudaine du monde, une poétique débarrassée de l'injonction et de l'illusion de la maîtrise. […] » 
Laurent Albarracin



Revue L'Or aux 13 îles, N° 2, couverture : Jan Kohout, avec un dossier réuni par Jean-Christophe Belotti « Pierre Peuchmaurd, POÈMES, dessin (ci-dessus) de Guylaine Bourbon », 2011. → ici

Le riche bestiaire de Pierre Peuchmaurd, 

illustré de dessins (Guylaine Bourbon), gravures interprétées (Jean-Pierre Paraggio)
et photographies (Nicole Espagnol).

« La merveille, l'innocence, le désir, la cruauté, la mort sont des propriétés de la matière, du monde. L'évidence et la mélancolie règnent sur la poésie de Pierre Peuchmaurd et de nombreux animaux y circulent à la lisière des mondes. » 
Jean-Yves Bériou

L'ENFANCE : « [...] La guerre commence / dans le sang de nos sept ans / genoux fixes / châteaux d'étoiles, sables tremblants / et l’œil noir sur la mer /  Et puis c'est la panthère / son mufle entre nos cuisses __ Le règne de la panthère / dure tout le temps du sang / puis il n'y a plus de règne / Le bond de la panthère / dure tout l'espace du monde. »
in Revue L'Or aux 13 îles, p. 47
*


 Les derniers poèmes des 8, 9, 10 et 11 mars 2009 de Pierre Peuchmaurd in Revue Catastrophes N°10, été 2018. → ici
LE RIZ  : « Le riz revient avec le vent / la poussière avec les balcons / les mariés s’en vont dans le vent / les mariés s’en vont en nuages / de poussière rose dans la poussière / Les huîtres aux ailes d’argent / restent seules sur les balcons plats / avec la robe des sangliers / Les mariés luttent dans la poussière ». 8 mars 2009

➳ Un septième poème de la même série, Le papier, a paru aux éditions Le Cadran ligné, 2009. 
Le titre du N° 10 de la revue Catastrophes : « L’oisiveté, mère de tous les oiseaux » est inspiré d’une phrase de Marcelle Delpastre citée par Pierre Peuchmaurd dans son Encyclopédie Cyclothymique, illustrée par Jean-Pierre Paraggio, éditions Cadex, 2000.

*

Larme N° 12 - Pièce unique, Agnès Mariller, acquise 1e 17 avril 2009, en hommage à Pierre Peuchmaurd, (26 juillet 1948 - 12 avril 2009). 

HOMMAGE AVRIL 2009 ici

« Pierre Peuchmaurd [...] Sa discrétion ne l'empêchait pas d'être tenu par quelques-uns pour l'un des plus grands poètes français actuels ». 
Laurent Albarracin

*
▓ Erwin Blumenfeld, « Color » (1897–1969), photo choisie par I. Dalbe pour accompagner le somptueux poème « EST-CE QUE ? » de Pierre Peuchmaurd, in Parfaits Dommages et autres achèvements, avec dix photographies de Nicole Espagnol, L'Oie de Cravan, Montréal, 2007. → ici

«  […] Est-ce que tu as les lèvres rouges / Est-ce que tu as les lèvres rouges quand tu m'aimes / Est-ce que tu as les lèvres noires / Est-ce que tu as des lèvres […] Est-ce que c'est beau comme tes lèvres quand tu m'aimes / Est-ce que tu m'aimes / Est-ce que je me vois dans ta glace / Est-ce que tu as une glace / Pourquoi est-ce que je n'en ai pas / Qu'est-ce que tu fais avec tes lèvres […] ».
14/08/2004
*
▓ « […] Oui, dans les nuances subtiles et essentielles de cet automatisme dirigé, Peuchmaurd ouvrait une voie. Il entreprenait une synthèse poétique, assimilant l'esprit surréaliste et une écriture menuisée, créant un nouveau lieu de parole dans lequel la dictée de la pensée s'exerce sous le contrôle d'une préoccupation esthétique. Il y a chez Peuchmaurd (il s'en explique dans l'interview réalisée pour le compte du Grand Hors-Jeu..., '' une condition philosophique, ou esthétique ou éthique de ma poésie''. Une veine par laquelle il instillait dans le sang de son poème, outre une phénomènale hospitalité à l'égard de la métaphore inédite, sa patiente culture du vers, sa belle technique de respiration, sa sensualité, son lyrisme à sourdine (beau comme le son d'un ruissellement de source), son toucher de soie, la vigilance précieuse de ses cinq sens, une superbe dimension picturale (il y a un coloriste en lui), un art de l'orchestration et un incomparable délié du vers. La coulée, apparemment simple et limpide, du vers peuchmaurdien est à mes yeux l'un des prodiges de son oeuvre. Peuchmaurd alchimise, en l'effleurant, en le caressant, le matériau brut. » 
Denys-Louis Colaux, 
extrait d'un article paru sur son blog en 2009, 
repris in Soapbox 89 → ici



© Nathan Wirth 

Au chien sédentaire, 111 haïkus, Pierre Mainard, 2004.  ici

© Photo Nathan Wirth ''Symétrie II'', 
choix photo par I. Dalbe pour accompagner ce haïku :
« Le vol du héron / élargit / le ruisseau » p. 10

« Les animaux de l'homme . . .
Quiconque a lu un recueil de poèmes de Pierre Peuchmaurd aura été frappé par l'abondance de son bestiaire. Une fois encore, les animaux sont des représentants de cet alliage du commun et de l'extraordinaire qui est le matériau des poèmes. Ils sont toujours des apparitions de l'apparition, de la survenue, de la soudaineté de l'outre-monde. [...]. Il n'est pas vrai que les mots des animaux n'ont pas d'ailes ni de pattes. En poésie les mots sont vivants et d'autant plus vivants que la chose signifiée l'est, vivante. Rien de plus réel, de plus mobile et de plus chaud, de plus libre et de plus élémentaire, rien de plus indubitable qu'un animal, et la poésie de Pierre Peuchmaurd prend un malin plaisir à s'abreuver à cette réserve de vie et de merveille que sont les noms qui désignent les animaux. Ils sont proprement des êtres du surréel, à la fois féeriques et particulièrement concrets. [...] » 
Laurent Albarracin, in SOAPBOX 122 → ici



Le lion, Nicole Espagnol 
in Revue L'Or aux 13 îles, N° 2, p. 70 
(cf revue plus haut)

Le Lion lunaire, 1982.
Une recherche captivante de Pierre Peuchmaurd, à propos du rapport et sens du Lion avec la lune, menée par le poète du 4 au 17 décembre 1982.
4 décembre 1982, soir.
Qu'est-ce qu'il y a avec le lion et la lune ? Lisant, ce soir, ces vers de E.L.T Mesens,

Lion
Lunaire jouant de
La lyre au bord d'un
lac [...]

je me rappelle avoir écrit : Griffure dans un passage, ta trace de lion lunaire. C'est dans L'Entretien des haies, un texte qui remonte à une dizaine d'années. Comme je ne me sais pas par cœur, il faut que j'aie de bonnes « raisons » de m'en souvenir. Une heure plus tard, j'ouvre L'Auteur de Borges et, page 17, voici [...] la lune d'où était tombé un lion. Je fais part de mon étonnement à Anne-Marie (Anne Marbrun, ndr) - (*), qui me répond seulement, mais tout de suite : La Bohémienne endormie (titre d'un tableau du Douanier Rousseau, ndr).

[...]

6 décembre
[...]
J'oubliais ceci (de moi) dans Reverdies, un poème pourtant plus récent que le premier cité :
Où sont les lions et leurs solfèges
Les hauts lions verts les astres lourds
Ou les lunes vierges de ta mémoire
Ma grande petite aux yeux cassés
(Mon sommeil dans ta nuit est tout ce qui m'éveille – et le
rêve, ce remugle.)

Remugle, c'est exactement ce que fait le lion à La Bohémienne endormie.

[...]
P. Peuchmaurd, 
extraits in Revue L'Or aux 13 îles, N° 2 → ici

(*) Anne Marbrun, poète et artiste → son site ici




La Nature chez elle, sur des images de Jean-Pierre Paraggio, Collection de l'umbo, 2008. → ici
« Toute la nuit, ce fut enjeux aviaires, combat de chouettes dans un lieu-dit, passage d'oies entre les clous et le grand air, massacre à l'aile, carnage au bec. Et quand le jour se leva, ce fut, comme on s'y attendait, des milliers de milliers de cadavres d'oiseaux rouges et d'enfants dans les ronces ».

*
₪ « …qu'elle tienne sur ses arêtes et de la métaphore qu'elle provoque la métamorphose ». 
Pierre Peuchmaurd, in SOAPBOX 85feuillet de l'Umbo, 
Couverture : Gogotte, concrétion naturelle, 
Forêt de Fontainebleau → ici

« Vous dites "densité", "sobriété", je dirais refus de l'approximation. Je soutiens parfois, par boutade, que la poésie est une science exacte, ou que l'exactitude est l'intelligence des poètes. Mais je le crois. Il s'agit de "se faire voir" à soi-même et de ''se donner à voir'' (...). Une image doit tenir sur ses arêtes. Une pensée aussi. Le désir aussi. » 
P. Peuchmaurd in Soapbox 116




Alices, illustré par Georges-Henri Morin, Les éditions de surcroît, 2008. → ici
«  […] pour commencer, il y a ces fonds / C'est cela qui la trouble / qu'elle agite. / Alice agite ce qui la trouble. __ Pour commencer / elle met des os dans le feuillage de son / ventre. Appelez ça l'anatomie du désespoir. Cela reste à voir.  »

*
 Fragments du Feu, illustré par Marcel Lecourt, Camouflage, 1983, présentation par Soapbox 62 → ici
« Mur de mûres dans le vert / un feu est passé par là / a laissé sa trace bleue  __ Dans l'herbe / il sait se faire / oiseau  __  Inflexible / il rougit jusqu'à / l'ombre des fleurs  ___  Dans ton feu du temps brûle / Tu le sais - / tu regardes […] ».

*
▓ © Photo Antoine Peuchmaurd in Revue Catastrophes N°10, été 2018, en regard des derniers poèmes (mars 2009) de Pierre Peuchmaurd. → ici
Les oiseaux, les fourneaux « Les oiseaux vont et viennent / ils viennent et vont comme les amis / distincts et indistincts / Les amis ont de longues provinces / Ils se demandent ce qu'ils vont faire / des fourragères, des étagères. Les amis gèrent le sang [...] ». 08/03/2009




BÛCHER DE SCÈVE, L'Escampette, 2002 - Couverture : Lucrèce de Heilig Bloed (1520) reprise par SOAPBOX 6, feuillet de l'Umbo, dédié à Pierre Peuchmaurd. → ici
☛ « Quatre cent quarante-neuf fois, dix vers par dix vers, Maurice Scève s'est heurté à Délie (plus qu'à Pernette du Guillet), l'a heurtée. L'a hantée, lui hanté.
Quarante-neuf fois m'ont paru suffisantes […]. Les horreurs, les honneurs, les hauteurs de l'amour tentent de se dire ici. Délier Scève : je crois qu'on comprend ce que j'ai voulu faire. Mais pourquoi ? » P. Peuchmaurd, in Bûcher de Scève, p. 9

«  Toi l'oultrepasse, la / Personne que rien n'égale /  Toi la robe noire que / Tout ton corps déchire / Si dur aux soies, si dur aux chances / Toi dans septembre & dans tes membres / Menteuse & bleue / Qui serres mon cœur entre tes seins / Toi, qu'ils t'abattent aux premières chasses / Les transparents jours de septembre. » p. 25

*
VITRINE TROPIQUE, Saint-Etienne (Loire), présentant en 2009, Histoire du Moyen Âge, illustré par Georges-Henri Morin, Les éditions de surcroît, 2009. → ici
«  […] Nous obéissons aux saisons - / serviteurs, les saisons ! / L'automne revient avec ses cerfs / Serviteurs, les princesses ! / Nous vous verrons passer dessus vos / juments roses / Montez à cru, princesses / montez dessus vos culs / nos femmes à nous n'ont que des / fesses / et encore, en juillet, quand les soirs les / façonnent, / nos femmes ont les yeux gris, n'ont pas / de juments roses […] ».





Vent des lanternes, Haïku, Pierre Mainard, 2014. → ici
«  Champs de chanvre / les jeunes filles s'y couchent / blanche sur blanche » p. 32 

*

Le Moineau par les cornes, illustré par Jean Terrossian, Pierre Mainard, 2007. ici
« Ne lâche jamais des yeux l'oiseau, soutiens son vol, il règle ton pas » p. 14

*

Le Bureau des épaves, Pierre Mainard, 2010. → ici
«  Poupées de granit et de sels d'or / pastille des près, chevaux de trace / les choses des mots passent dans l'air lourd / avec leurs ailes, avec leurs chaînes / Poupées des prés, pupille du puits […] ».






Chansons, illustré par Véronique Gentil, La Morale Merveilleuse, 2013, hors commerce. → ici
«  […] Le daim sur l'eau / Comme un baiser / Rouge et de feuilles / Le daim sur l'eau  __  Le daim sur l'eau / Et le ciel peint / Cent corbeaux piquent / Le daim sur l'eau ».




Giroflées, Frontispice Jean-Pierre Parragio, Pierre Mainard éditeur, 2017.
Source photo : Pierre Mainard. Citation de Gaston Chaissac à l'ouverture du recueil de poèmes : ''Je suis bien content que l'A m'a demandé que je lui parle de ma vie vu que ça me permet de dire sur les giroflées'' → ici

« Bruissements, éclaboussements, évanouissements, la chasse blonde est passée – son arroi de velours, son sang, sa boue, sa brume.  __ Les cornes d'or, les bois de sucre, les bois comme de hauts mâts, la mer, la fin des terres, la mer, le cochon d'or. […]  » LA CHASSE p. 49

*
L'Œil tourné, illustré par Hervé Simon, Cadex, 2003.
«  L'air pâlit au rappel de leurs noms. Ceux-là sont déjà venus : Mort, Ennui, Amour et Marées, on les connaît. Mort, sur son cheval terne. Ennui qui tourne les pages, Amour qui les déchire. Marées : leurs tigres, leurs boiteuses. Faut-il les retrouver chaque printemps dans chaque vie, les toucher dans chaque corps ? […]  » 
Extraits, Dans la criminelle beauté du monde, 
in Soapbox 82 → ici

*
L'Ivre mort de lierre, Pierre Mainard, 2010. → ici
« Mes premières poésies / sortent du mur / où j'appuyais / enfant / le dos de mon enfance --- Mon premier fusil / était en bois blanc / il aboyait comme un lapin » HIBOUX, p. 18

*
L'Année poétique 2009, Anthologie Seghers, 2009.
 Comme un heureux retour à une source pour Pierre Peuchmaurd qui, en 1984, a publié chez cet éditeur L'oiseau nul, puis en 1988, dans la Collection 'Poètes d'aujourd'hui' de ces éditions, le livre Maurice Blanchard qui reste une référence.
~  ~  ~
   ☛ Pierre Peuchmaurd, Maurice Blanchard, à paraître, réédition Pierre Mainard, 2019.



~  ~  ~

➳ Pierre Peuchmaurd figure parmi les cent-vingt-cinq poètes que rassemble l'Année poétique 2009, Seghers : vaste panorama de la production poétique de langue française parue au cours de l'année écoulée.

   ☛ Y est présent Aimé Césaire (poème p. 50) auquel Pierre Peuchmaurd, qui écrivait in Le Pied à l'encrier, Les loups sont fâchés Éditeur, 2009 :

« 17 avril 2008. Mort d'Aimé Césaire, le seul homme vivant 

dont j'aurais baisé les mains. » p. 124,

a dédié le magnifique poème :

Après Nous, l'aile, La Morale Merveilleuse, avril 2014, H.C → ici






Image I. Dalbe : Les Ors cardinaux 

Le Tigre et la chose signifiée, L'Escampette, 2006. → ici
~ L'été 93 : «  […] Carreaux d'or, carreaux d'ombre – le soleil casse les soirs, casse les tempes et les jeunes fauves au sang de verre. » p. 29
~ Lueurs : « Lueurs la peur : c'est un collier entre tes seins, la nuit l'arrache d'un sanglot sec. » p. 47




Robert Lagarde, frontispice (intégral et détail)

Issa : J'ai soixante ans, je n'ai pas dansé une seule nuit, translation de Pierre Peuchmaurd, Frontispice de Robert Lagarde, La Morale Merveilleuse, 2010, Hors commerce → ici
«  […] Et pour l'amour / nuit après nuit / j'ai ma bouillotte  __  Est-ce que les fleurs de cerisier / vont encore penser / que je suis quelqu'un qui ne sait pas mourir ? ».

« La poésie d'Issa (ses haïku), la plus surbaissée et la plus accablante, et de ce fait la plus survolante et la plus survoltante. »
P. Peuchmaurd, in Le pied à l'encrierp. 78  
Les loups sont fâchés, Paris, 2009.





THE NOTHING BIRD, SELECTED POEMS BY PIERRE PEUCHMAURD TRANSLATED BY E.C. BELLI (sélection de poèmes de Pierre Peuchmaurd traduits par E.C. Belli), couverture : Photo Robert et Shana Parke Harrisson, Oberlin College Press, 2013 → ici

« La langue anglaise lèche la chair »  
P. Peuchmaurd in À l'usage de Delphine, p. 59, 
frontispice de Jean Terrossian, L'Oie de Cravan, 1999.


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RÉCITS FICTIFS

par Isabelle Dalbe

◈  RÉCIT  I  ◈ 


↓ ↓  L'histoire merveilleuse de Pierre Peuchmaurd 
& de la grande coureuse contemplative  ↓ ↓

« La poésie . . . cette grande coureuse contemplative. » 
Pierre Peuchmaurd



Ce récit est constitué de

☛ Propos et citations de Pierre Peuchmaurd in :
Colibris & PrincessesChapitre : André Pieyre de Mandiargues, p. 89/90, L'Escampette, 2004.
Le tigre et la chose signifiée, L'Escampette, 2006.
L'Immaculée déception, Fatigues II, illustré par Jean Terrossian, Atelier de l'Agneau, 2002.
Scintillants squelettes de rosée, couverture illustrée par Antoine Peuchmaurd, Simili Sky, 2007.
Le pied à l'encrier, Les Loups sont fâchés, 2009.
Parfaits dommages et autres achèvements, avec dix photographies de Nicole Espagnol, L'Oie de Cravan, Montréal, 2007.

☛ Propos croisés avec ceux d'André Pieyre de Mandiargues, extraits d'un entretien de ce dernier avec Yves de Bayser – Revue PLEXUS N°29 - Novembre 1969.

⇛ Récit I → ici


* * *


◈  RÉCIT II  


↓ ↓  Des êtres sur nos routes : 
Pierre Peuchmaurd 
parle de Valentine Penrose   ↓ ↓


Entretien fictif' Pierre Peuchmaurd 
et Isabelle Dalbe, s'appuyant sur :

• des extraits des propos du poète P. Peuchmaurd in Colibris et Princesses – Chapitre : Valentine Penrose, p. 85 à 90, L'Escampette, 2004.

• des fragments du poème 'La Voie Valentine' (poème dédié à Valentine Penrose) in Parfaits Dommages et autres achèvements, avec dix photographies de Nicole Espagnol, L'Oie de Cravan, Montréal, 2007.

Pierre Rojanski, collage (vue partielle)

La Voie Valentine, paru aux éd. Myrddin, 2001, était accompagné d'un collage (vue partielle ci-dessus) de Pierre Rojanski.

⇛ Récit II → ici


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╔  Bûcher de ScèveCouverture : Lucrèce de Heilig Bloed (1520)  
L'Escampette, 2002      
(☛ cf photo du livre, plus haut)

Par l'entremise de la poésie, cette grande coureuse contemplative : un hommage de Pierre Peuchmaurd à Maurice Scève, qui brille comme un joyau du XVIe siècle, enchâssé dans l’ivoire d’une chair de déesse. 

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© Lee Friedlander (choix photo I. Dalbe)

« [. . .] Ce qu'il aime surtout, c'est marcher dans la noiseraie qui entoure la maison, les yeux obstinément rivés au sol. La recherche du caillou spécial ou d'une plume de milan n'est qu'un prétexte : le jeu est de toujours fixer le sol. Lorsque, au bout d'un temps assez court (mettons un quart d'heure), il s'autorise à relever la tête, il ne sait plus où il est, il est perdu. Sans qu'à aucun moment il en ait eu conscience, cette déambulation aléatoire (et ici, il ne s'agit pas d'un pléonasme) l'a littéralement déporté. Il était devant la maison, il est derrière ; à droite, il est à gauche, et beaucoup plus loin (ou plus près) qu'il ne l'aurait imaginé. Le ciel a changé, il n'en avait rien su. Ce qu'il voit, ce qu'il sent, c'est que le monde a tourné en lui et que lui-même est en état – oui – de « dérèglement des sens », car c'est alors beaucoup plus que le seul sens de l'orientation qui se trouve affecté. L'expérience est facile à réaliser, et il la recommande : ça marche à tous les coups. [. . .] » 
P. Peuchmaurd in L'année dernière à Cazillac / Least Year in Cazillac → ici 
p. 20 Édition bilingue, L'Oie de Cravan, 2010 
(récit en prose, 
autoportrait unique en son genre chez P. Peuchmaurd).


☛ DOSSIER Pierre PEUCHMAURD, immense et indispensable poète : son regard sur la notion d'absolu, les sources de la poésie et son invitation à l'expérience du « dérèglement des sens » → ici



◈ ◈ ◈















             Pierre Peuchmaurd, photo source internet

« Le poète est un kaléidoscope. Il entre peu de choses dans l'infinie diversité de ses combinaisons ». 
Pierre Reverdy, KALÉIDOSCOPE p. 101, phrase citée par P. Peuchmaurd in Encyclopédie Cyclothymique, Cadex éditions, 2000.


                             

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