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mardi 28 mai 2019

Sylvain TANQUEREL et Katrin BACKES, Bleigießen, La vision par le plomb, Le Cadran ligné, avril 2019 ◘ - ◘ Notes de lecture de Christophe Stolowicki ; G. Contré 



Sylvain Tanquerel & Katrin Backes,
Bleigießen : la vision par le plomb
48 pages, cahier photos de 16 pages
14 €

SITE → ici

Le Cadran ligné, Le Mayne,
19700 Saint-Clément
Tél. 05 55 93 37 59

laurent.albarracin[at]gmail.com

Commande en librairie
(distributeur Comptoir du livre SPE)

ou en utilisant
le bon de commande/catalogue présent sur le site
LE CADRAN LIGNÉ → ici


À partir de la tradition divinatoire du Bleigießen (Bleigiessen), les auteurs ont conçu un objet qui se présente comme un livre de photographies, une réflexion sur la paréidolie, une enquête, un jeu collectif et un poème.

De la métallurgie visionnaire du Bleigießen, de ces sidérations sidérurgiques, on peut dire que l’esprit enclin au rêve s’y trouve porté à son point de fusion, nous donnant de mesurer le degré de température poétique atteint quand, littéralement, il fond un plomb.
Note Le Cadran ligné

♦ ■ ♦ 


╔  Le cahier de seize photographies   ╗



« […] Un soir de décembre, dans une optique de pure réjouissance, nous avons proposé à nos convives de verser le plomb. Il s'agissait […] de jouer et jouir collectivement de la surprise visuelle provoquée par les expressions immédiates du métal. Après les quelques minutes nécessaires à sa liquéfaction par le feu, et son figement grésillant dans le bain d'eau, chacun tour à tour s'est employé à détailler les aspects de sa trouvaille, à la faire toucher du regard, à mettre en évidence l'agencement de ses apparences spontanées. […]
Pour prolonger ces plaisirs révélateurs, nous avons voulu fixer ces vues par des moyens photographiques. […] les seize photographies sont des supports de rêverie et une invitation à jouer librement à l’œil, à former des images dans l'image des formes fixées par l'appareil. Le cliché mental obtenu vous sera propre autant qu'à nous. »



PHOTOGRAPHIES I à XVI


MATIÈRE AUX MILLE NOMS

« […] Une trentaine de personnes se sont prêtées, sans question piège ni arrière-pensées, et de la façon la plus naïve donc native possible, à dire ce qu'elles voyaient apparaître là. Il s'agissait de donner libre cours à l'imagination paréidolique stimulée par ces photographies, de former des figures, de s'y figurer des formes. Comme un jeu d'enfants au royaume d'on-dirait et de voir-à-la-fois. […] ».



Katrin Backes, PHOTOGRAPHIE V


V. « Une danseuse de flamenco tourne sur elle-même en jetant ses bras dans l'air. […] Ses volants vrillent. Flou cinétique. […] La Niké de Samothrace, aux bras d'élytres, sort d'une huître. […] Une danseuse gitane est enceinte d'un crâne grimaçant ou d'une gueule de chien ouverte. Tête de dieu cornu. […] Un clown prend sa tête pour un bouchon de champagne. […] La Madone en Loïe Fuller dans la danse des voiles. Comme une pâtisserie sophistiquée, déjà bien entamée et à moitié fondue, deux cuillères sont plantées dedans. […]. » p. 37

♦ ■ ♦ 


◘  Christophe Stolowicki  ◘


Bleigießen, La vision par le plomb, de Sylvain Tanquerel et Katrin Backes


Se greffant sur une tradition allemande et nordique, « le soir de la Saint-Sylvestre [de] verser dans l’eau un morceau de plomb fondu à la flamme d’une bougie. Au contact du liquide la goutte de métal en fusion se fige instantanément et donne à voir des formes […] dont on tire des présages […] pour l’année à venir. On trouve ainsi dans le commerce, pendant la période des fêtes de fin d’année, des kits de Bleigiessen (littéralement le ‘‘verser-du-plomb’’) », une photographe et un écrivain se livrent à l’expérience aux échos de test de Rorschach et de cadavre exquis sur « une trentaine » de volontaires invités à « donner libre cours à leur imagination paréidolique », par séances individuelles – sans l’échauffement collectif des publicitaires en quête d’idées ni des surréalistes historiques.

Le résultat est saisissant. Je n’ai pas résisté à la tentation de me prêter au jeu, sur ces seize photographies de fantasmes lumineux, étirés ou compacts, biomorphes, anthropomorphes, féériques, répulsifs, de suggestion invétérée. Bien d’accord avec Sylvain Tanquerel, sinon sur la visée « chaque fois dans le mille d’une vision unique », du moins sur les « convergences thématiques ou formelles [de chacun, et moi donc] avec celles des autres regardeurs ». De « poésie faite par tous », du « bestiaire fabuleux […] forêt de méta-métaux […] un dragon qui fait corps avec sa flamme, des homuncules s’extrayant avec fureur de leurs chrysalides, un oiseau aux aguets la tête crépitant d’aigrettes […] les faces ravinées du métal hurlant », des « sidérations sidérurgiques », il émerge comme le meneur de revue infernale à coulées d’éden. Cette pavane ocellée d’inconnus pour qui « se profile le faux ongle de l’horreur » là où je ne vois que performance gymnique de salamandre ; pour qui il est question de « lire dans les entrailles de l’eau » où je vois le portrait imaginaire de Sade par Man Ray ; mais pour qui « une danseuse de flamenco tourne sur elle même en jetant ses bras dans l’air » ou « une danseuse gitane est enceinte d’un crâne grimaçant » là où je note qu’une danseuse exulte aux mains coupées – serait plutôt pour moi une leçon d’humilité rejoignant le propos de la photographe.

Ces « sculptures automatiques qui déposent l’artiste de ses prestiges », systématisant l’aléatoire, résonnent de performances analogues, la plus puissante à ma connaissance la série de ceps de vigne de Pierre Troller, danseurs hallucinés dionysiaques, depuis le siècle dernier copiés sans vergogne. Ou les chimiogrammes de Fanny Béguély où l’artiste dessine sur des supports argentiques rares et anciens à l’aide de produits chimiques, suscitant des réactions qui se poursuivent parfois dans la durée. Ou pelotes que Katrin Backes a déjà commis, pelotes de réjection collectées en forêt, passées au scanner et vues « comme une restitution chimérique des proies digérées ».

Curieusement, parmi les figures suscitées par les coulées de plomb, on rencontre une « pelote de réjection ».

Un reproche, un seul. Cette trentaine de collaborateurs anonymes, tous ou presque de belle teneur fantasmatique, de lâcher prise fertile, méritaient que leurs noms, même groupés, soient cités au moins en épilogue, en remerciements.

Christophe Stolowicki, in site sitaudis, 21/05/2019 → ici



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◘    G. Contré  


LE SIGNE DANS LE PLOMB


Etonnant objet visuel et poétique que ce Bleigießen. Construit en deux mouvements autour d'un cahier central de 16 photographies qui sont autant de (belles) réalisations d'une pratique de «  molybdomancie » encore répandue en Allemagne à la Saint-Sylvestre, soit une forme de divination par le plomb fondu qui, au contact se l'eau froide, « se fige instantanément et donne à voir des formes qu'il s'agit d'interpréter selon une nomenclature déterminée », le livre propose de redonner à cette coutume une vigueur que le passage du temps et les rituels consuméristes avaient fini par émousser, et ce pour que « la pensée y grésille comme une étincelle psychique prompte à nourrir le feu de notre imagination ». Reniant les systèmes d'interprétations associés à ces survivances contempraines de fort anciennes pratiques, « platitude poétique » dont l'horizon dépasse rarement « la misère quotidienne des horoscopes de nos journaux », qu'il s'agisse d'y lire l'annonce d'un futur mariage ou gain à la loterie, les formes de paréidolie étant déterminées d'avance, les auteurs proposent au contraire de débrider nos perceptions en reconstrrusiant une poétique de la « révélation subite ». Après une brève réflexion sur la pratique de la mancie, la deuxième partie du livre propose de « sonder la plasticité » de ce plomb fondu en donnant pour chacune des photos, une série d'interprétations sous forme de litanies poétiques recomposées à partir d'une mosaïque de témoignages de personnes invitées à dire ce qu'elles y voyaient. « Une omoplate » ; « Le roi serpent se redresse en soufflant sur ses braises » ; « danseuse de bal des siècles passés » ; « le vagin perlé d'une fée » ; « son ventre ouvert rempli de sacs plastiques », mais aussi « la momie fossilisée d'Elephant man », les images s'enchaînent, se répondent, se télescopent, passant du lyrisme au morbide de l'humour à l'érotisme, du bestiaire au mythe. Le résultat, aussi beau que stimulant, est une incitation à inventer nos propres paréidolies, nos propres visions.

G. Contré, in Le Matricule des Anges, N°203, mai 2019 → ici



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R A P P E L


Bleigießen, La vision par le plomb


POÈME-PROJECTION


MONTREUIL

23 AVRIL 2019




Événement programmé le 23/04/2019 dans le cadre des lectures-projections organisées par Sylvain Tanquerel et Katrin Backes.


↓ ↓ ↓  


POÈME-PROJECTION


LECTURE & VERSER DU PLOMB

par Sylvain Tanquerel et Katrin Backes



SAMEDI 22 JUIN 2019

23H00

LE VIEUX-CHÂTEAU
VICQ-SUR BREUILH




☛ ARTICLE COMPLET

avec plan d'accès au site → ici




Sylvain Tanquerel est né à Paris en 1977, a vécu à Brno, Zagreb et Turku.
☛  Metteur en scène.
☛  Spécialiste d'Antonin Artaud, il a fait une thèse à son sujet et est auteur de plusieurs publications (cf son article « l’exécration du magicien inné », 2017 → ici).
☛  poète ; membre du groupe surréaliste de Paris : il participe à leurs jeux d'écriture donnant lieu à des publications : Les Pucerons de la Frontière, juin 2015 → ici ; « Il Croyait voir », Jeu de syllogisme poétique, 2016 → ici, etc.
Il a contribué à l'écriture de la pièce de théâtre de ce groupe : Les fondements de la mécanique céleste.
Il publie dans les revues surréalistes, notamment : Analogon (Prague) ; Alcheringa (Paris), avec dans le N°1 de janvier 2019 : l'« Onirocritique d'une exposition – au retour de la soirée de vernissage « Libre Moiseau » -peintures, dessins, collages et objets de Michel Zimbacca- », des brèves de rêve, un collage (avec Katrin Backes) → ici

Katrin Backes est née à Sarrebruck en 1980, a vécu à Londres et à Lyon, est photographe-plasticienne et férue de cryptozoologie.
☛  Elle est l’auteur de plaquettes et livres-objets.

Sylvain Tanquerel & Katrin Backes se livrent à des expériences optiques-poétiques. Certains de leurs travaux ont fait l’objet d’expositions collectives ou personnelles (Les Animaux du noir, catalogue édité aux Musées d’Angers en 2017).

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37E MARCHÉ DE LA POÉSIE – PARIS

PLACE SAINT-SULPICE

5 au 9 JUIN 2019

Stand 613


mercredi 5 juin : 14 h – 21 h 30

du jeudi 6 au samedi 8 juin : 11 h 30 – 21 h 30

dimanche 9 juin : 11 h 30 – 20 h


Éditions Le Cadran ligné

Le Mayne
19700 Saint-Clément

05 44 40 56 42

E-mail : laurent.albarracin[at]gmail.com


Le livre Bleigiessen : la vision par le plomb de Sylvain Tanquerel & Katrin Backes, Le Cadran ligné, 2019, sera présenté au 37E MARCHÉ DE LA POÉSIE.

Ainsi que les autres nouveautés 2019 : Plic ! Ploc ! de Christian Ducos ; Ode au Paillasson de Eugène Savitzkaya, et le fonds de ces éditions.

Le Cadran ligné sera, stand 613, en compagnie des éditions Dernier Télégramme et des revues Catastrophes, « Inter, art actuel » et Ouste.

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